Une marche pour prendre position

Julie Quinton, intervenante et animatrice au Centre Femmes... (photo Alain Dion)

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Julie Quinton, intervenante et animatrice au Centre Femmes des Cantons de Cowansville, et Sophie Labrie, intervenante au CALACS de Granby.

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Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) L'agression sexuelle serait l'un des actes criminels les moins rapportés. Une seule victime sur dix s'ouvre à la police, geste qui prend en moyenne 13 ans avant d'être posé. Pour soutenir toutes ces femmes qui souffrent en silence et celles qui réapprennent à vivre avec les cicatrices du passé, la Coalition des groupes de femmes de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi soulignera, ce vendredi 18 septembre, la Journée d'action contre la violence sexuelle faite aux femmes par une marche. Sur deux kilomètres, tout le monde est invité à prendre position et à dénoncer ce type d'agression.

Le CALACS, Entr'Elles et la Maison Alice-Desmarais, tous des organismes situés à Granby, et le Centre Femmes des Cantons, Avante Women's Center et Horizon pour Elles, qui viennent en aide aux femmes dans le secteur de Brome-Missisquoi, forment la Coalition des groupes de femmes. Depuis de nombreuses années, le 18 septembre, les femmes qui oeuvrent dans ces organismes unissent leur voix pour ne faire qu'une pour les victimes d'actes sexuels. Chaque année, en alternance, elles organisent une marche dans les rues de Cowansville et de Granby. L'an passé, l'événement a attiré 80 marcheurs à Cowansville.

«Derrière cette marche, il y a le message aux victimes qui dit: 'On est là pour toi.' On va dénoncer pour toi.' 'On va parler pour toi'», explique Julie Quinton, intervenante et animatrice au Centre Femmes des Cantons.

«Ce n'est pas normal, en 2015, qu'une femme ne puisse pas aller marcher sans avoir peur, ajoute-t-elle. C'est inconcevable. Même en plein jour.»

Est-ce qu'un jeune homme craint de sortir s'acheter quelque chose au dépanneur à 21h30? , illustre Sophie Labrie, intervenante au Centre d'aide et de luttes aux agressions à caractère sexuel (CALACS) de Granby. «Est-ce qu'un gars a peur de prendre une marche seul le soir? Non! Il y a vraiment une différence entre les gars et les filles. C'est ça la réalité.»

Les deux intervenantes se réjouissent toutefois de voir que le mouvement sans précédent #AgressionNonDénoncée, lancé en novembre dernier sur les réseaux sociaux, a permis de faire avancer la cause des agressions sexuelles. 

Le phénomène a permis «d'ouvrir le chemin», souligne Mme Quinton. «Des femmes ont ensuite brisé le silence», ajoute Sophie Labrie.

L'intervenante du CALACS de Granby insiste toutefois sur l'importance, pour l'entourage d'une femme qui décide de se libérer de son secret, d'adopter une attitude aidante. «C'est important que les gens croient la personne, qu'elles l'écoutent et respectent son rythme», indique-t-elle.

Courage

Comme une femme a besoin de courage pour briser le silence, Sophie Labrie ne cache pas que les gens qui prendront part à la marche contre les agressions sexuelles devront en avoir une bonne dose également. «Marcher fait en sorte que tu montres ton visage, fait-elle remarquer. C'est souvent ce à quoi nos organismes font face: les gens ne veulent pas s'afficher.»

«L'an dernier, on attendait 50 personnes et nous en avons accueilli

80, dit Mme Quinton. De voir tout ce beau monde, ça prouve à la victime d'actes sexuels qu'on la croit. C'est un collectif qui amène beaucoup d'appui.»

Cette année, la marche se fera sous le thème Les agressions sexuelles... brisent des vies. «Dans 85% des cas, la victime connaît son agresseur», marque Sophie Labrie pour illustrer à quel point une famille peut se voir heurtée par cette triste réalité. Les victimes peuvent vivre un choc post-traumatique semblable à ce que vivent les gens qui ont survécu à un écrasement d'avion ou à un holp-up, explique l'intervenante.

«C'est la peur de mourir», dit-elle.

«Mais il est possible de s'en sortir, ajoute-t-elle en connaissance de cause. Il y a une vie après. Tu as des cicatrices, mais tu apprends à vivre avec.»

Le point de rencontre pour la marche se fait à 18h30 au parc Victoria. À 19h, les gens s'engageront dans les rues Dufferin, Principale, Gill et avenue du Parc avant de revenir au parc où aura lieu la lecture du témoignage d'une victime d'inceste.

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