Les cadets de l'air à Bromont: gagner ses ailes

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) Une cinquantaine de cadets de l'air ont gagné leurs ailes récemment, au cours de leur cérémonie de graduation. La cerise sur le sundae après un été à survoler Bromont.

À l'arrivée de l'hebdo LePlus sur les pistes bromontoises, on voyait déjà des planeurs glisser dans le ciel, au loin. Un de ces appareils, qui malgré son allure légère peut peser plus de 1000 lbs avec un pilote et un passager à bord, descend tout doucement vers nous et atterrit sur l'herbe.

Une poignée de cadets accourt immédiatement pour immobiliser l'aéronef et le ramener sur la piste de décollage où l'un des leurs prendra la relève. Le tout sous le regard attentif d'instructeurs, qui évaluent chacune des envolées.

L'aéroport Roland-Désourdy a accueilli une trentaine de cadets de l'air au cours des deux derniers mois. Ces adolescents et jeunes adultes bénéficiaient de bourses leur permettant de suivre une formation en pilotage à bord d'un planeur ou d'un petit avion à moteur. Des camps qui durent respectivement six et sept semaines.

De la théorie à la pratique

Au cours de l'été, les cadets effectueront plus de 60 vols en planeur. Leurs collègues en pilotage d'avion passeront, pour leur part, tout près de 50 heures dans le ciel.

Avant de s'envoler, les cadets observent. Ils décollent également avec un instructeur, après quoi ils peuvent voler de leurs propres ailes. «Pour le cours de planeur, ça prend 24 vols avec l'instructeur avant de voler en solo. Et après quatre séries de cinq vols en solo, on procède au test de vol», indique le capitaine Mathieu Groulx.

Outre le fonctionnement de l'appareil, plusieurs notions doivent être apprises avant de passer à la pratique. «Les vents influencent beaucoup le planeur, illustre M. Groulx. Il faut savoir les gérer, mais aussi l'air qui provient du sol. Il comporte différentes couleurs et reliefs, ce qui fait que l'air se reflète différemment et crée des courants thermiques. Il faut donc être vigilent par rapport à l'air qui monte et celui qui descend.»

Avant le décollage, la communication est réglée au quart de tour entre les pilotes, les instructeurs et les cadets qui demeurent au sol. Un seul signe de la main de la part du pilote indique à tous qu'il est prêt à prendre son envol.

Le planeur est ensuite porté au ciel par un avion remorqueur piloté par un instructeur. Les deux appareils ne sont liés que par un câble attaché sous le nez du planeur, que le pilote peut relâcher au moment d'atteindre l'altitude voulue.

Le planeur peut monter jusqu'à 3000 pieds (1000 mètres) dans les airs. En avion, on s'en permet 10 000 de plus.

Ne vole pas qui le veut

Quatre autres aéroports québécois accueillent les boursiers. Les cours de pilotage sont offerts en partenariat avec les écoles d'aviation civile qui s'y trouvent.

Dans la région, on a choisiBromont en raison de sa proximité avec le quartier général des cadets, situé à la base de Saint-Jean-sur-Richelieu. Son trafic aérien modéré permet aussi aux cadets de s'entraîner et d'accumuler des heures de vol pratiquement toute l'année.

Mais ne vole pas qui le veut. Environ 400 cadets issus de tous les escadrons de la province tentent leur chance chaque année, mais moins d'une soixantaine sont élus. «Il y a un assez gros processus de sélection, explique le capitaine Louis-Philippe Valiquette, officier d'information du Centre d'entraînement de vol des cadets de la région de l'Est. Les cadets doivent suivre des cours toute l'année, passer un examen théorique et une entrevue. Leurs résultats et leurs notes à l'école font, entre autres partie des critères pour déterminer qui recevra la bourse de pilotage d'avion ou de planeur.»

Les cadets sont admissibles à la formation de pilotage de planeur dès l'âge de 16 ans. L'année suivante, ils peuvent poser leur candidature pour suivre la formation de pilotage d'avion à moteur. «C'est un peu la suite logique, même si certains cadets ne font qu'unedes deux formations», indique le capitaine Valiquette.

Au terme de leur formation, les cadets reçoivent une licence de pilote privée leur permettant de cumuler des heures de vol et de partir à la découverte de nouveaux horizons. Cette licence, jumelée à un peu d'expérience, leur permettra de devenir instructeur à leur tour. «Ils obtiennent une réelle qualification qu'ils peuvent utiliser pour louer un avion, note le militaire. C'est le premier pas vers une licence commerciale pour devenir pilote professionnel.»

Bref, ces jeunes ont accès à de nombreux outils pour prendre leur envol.

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