Réflexion sur le corps

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Dominique Tremblay

collaboration spéciale

La Voix de l'Est

Beaucoup de professeurs «ajustent» les postures de leurs étudiants en les dirigeant vers un alignement qu'eux considèrent correct. D'autres n'interfèrent aucunement, laissant l'intelligence du corps faire son oeuvre. 

Lorsque l'on enseigne le yoga, on est confronté à une infinité de morphologies, ce qui est parfois troublant pour guider un groupe. D'un côté on donne des consignes pour éviter que certaines personnes aillent trop loin et de l'autre, on aimerait encourager les plus souples pour qu'elles aillent au bout de l'expérience dont elles sont capables. Tous les corps sont différents et les postures dépendent de quatre facteurs importants: la compression, la tension, les proportions et l'orientation. 

La compression: lorsque deux os se touchent, cela empêche l'amplification du mouvement. La pratique du yoga, même intensive, n'aura aucune prise sur cet état de fait. 

La tension: la tension a lieu lorsque les tissus sont insuffisamment élastiques pour que les os s'éloignent (étirement limité). La pratique du yoga peut diminuer ces tensions, tout au plus jusqu'au fameux point de compression, mentionné précédemment.

Les proportions: celles du corps et des os sont spécifiques à chacun. Or, les proportions du corps peuvent faciliter la prise d'une posture... ou la compliquer. 

L'orientation: la forme des os va changer l'orientation des articulations, donc l'orientation du mouvement lui-même, et son amplitude.

Une réflexion très pertinente de Leslie Kaminoff, professeur émérite et spécialiste d'anatomie, est relatée dans le Yoga journal d'avril. Il contredit la tendance qui consiste à standardiser les alignements de chaque posture. Il rappelle qu'il n'existe pas d'alignement correct de la posture qui soit universel: il n'existe que des alignements corrects pour un individu, dans une posture spécifique. Il fait aussi mention de quelque chose d'essentiel: «Le propre du yoga n'est pas de faire des asanas, mais de défaire ce qui entrave les asanas». Lorsqu'on assouplit les muscles, on assouplit aussi le mental. Lorsqu'on «ouvre» le corps, on ouvre aussi l'esprit. Le respect de ses propres limites demeure primordial, car l'intention derrière l'asana n'a rien à voir avec la perfection ou avec l'idée de sculpter un beau corps, mais plutôt de développer notre spiritualité. Selon Swami Sivananda, cela signifie de créer une vie digne d'être vécue et basée sur des qualités comme le courage et la conscience.

La posture n'est donc pas une finalité en soi, mais elle permet d'enclencher le processus intérieur. Ainsi, la pratique du yoga est un champ d'expérimentation et non une simple application de performance.

Aujourd'hui, les pratiquants du yoga se comptent par millions. Nombreux sont ceux qui trouvent le contentement dans le dépassement des possibilités de leur corps. 

C'est une étape. 

J'ose espérer que cela les conduira à autre chose, plus tard, peut-être... 

Cette chronique fera relâche jusqu'au 16 septembre. 

Ne manquez pas les inscriptions pour l'automne, le 2 septembre prochain. 

À très bientôt!

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