Des titres bizarres!

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France Arbour

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La Voix de l'Est

Les écrits et les slogans regorgent de phrases remplies de contrastes quelquefois étranges par rapport à notre langue. En voici quelques exemples.

«Ce n'est pas parce qu'on rit que c'est drôle.»

Un nombre important de gens trouvent l'humoriste ou les acteurs ou les jeux de mots assez drôles pour en rire. C'est le journaliste ou critique qui, n'ayant pas le même sens de l'humour, a désiré rester froid à la représentation. Tous ceux qui rient franchement ne comprendront pas cet écrit journalistique. Seront-ils blessés? Regretteront-ils d'avoir ri? On ne le saura jamais à moins qu'ils décident d'écrire à leur tour pour critiquer le critique.

«...le rapiéçage des rues» dans votre GVI local.

Le rapiéçage se fait des tissus avec du fil et une aiguille. Est-ce une métaphore? Non, car la métaphore est une figure de style qui consiste à employer un terme concret dans un contexte abstrait. Par exemple: une source de danger, un monument de bêtises. En résumé, il s'agit d'une image! Mais nos rues étant des objets tangibles, doivent être réparées, retapées, remblayées, égalisées, nivelées, restaurées ou remaniées .

Il y a déjà quelques années, j'avais remarqué qu'à Granby on «confectionnait» la liste électorale. Allez consulter un dictionnaire, et vous constaterez tout comme moi, que ce verbe appartient lui aussi à la couture. Notre couturier Jean Gamache confectionne avec maestria des habits et costumes. Mon ami M'Baye Fall, aussi couturier, enseigne le métier à des élèves qui confectionnent des tabliers, des sacs, etc. qui vous seront offerts lors des Journées de la Culture en septembre. On doit établir, dresser, répertorier une liste de noms et de votants.

Récemment, le mot «blanc», pour un quartier, a fait réagir des «noirs» et des «blancs». Le choix du mot en lui-même est inoffensif, mais la connotation peut éveiller des souvenirs pénibles. Le mot coupé «écolo» aurait été plus adéquat et pourrait remplacer le quartier «vert». 

Une dame a utilisé dans son commentaire le «blanc de mémoire». En français, on parle de «trou de mémoire». Le «blank» a été emprunté par les adeptes des anglicismes déguisés.

«Granby tellement» est aussi un slogan ne répondant pas aux normes de grammaire. Pourquoi? Tout simplement parce qu'un adverbe doit être relié à un verbe, un adjectif ou une autre proposition adverbiale. Suis-je trop tatillonne? Peut-être. 

Ne m'accusez pas d'être puriste. Je suis une amoureuse des langues et, plus particulièrement, de ma langue maternelle. D'ailleurs, je viens d'acquérir le Dictionnaire des amoureux de la langue française et je vous promets d'en partager quelques passages dans un avenir rapproché.

Quelqu'un m'a demandé si le mot «gloriette» peut s'appliquer à notre kiosque à musique du parc Victoria. Diminutif de l'ancien français «glorie» dérivé du latin «gloria», signifiant «gloire renommée», le mot a évoqué au XIIe siècle une petite pièce d'abord d'un bateau, puis une chambre située à l'étage le plus élevé d'une maison au

XVe siècle. C'est à la Renaissance que le terme «gloriette» prend le sens de pavillon de verdure dans un jardin. Souvent en fer forgé, en forme de cage à oiseau, elle sert de support à la végétation. Cette cachette ombragée et romantique a vu naître bien des histoires d'amour. Sont nés également la «pergola» espagnole, le kiosque et le mot pavillon est encore en vigueur. Puisque la gloriette est petite, elle ne convient pas à notre kiosque ou pavillon «Harmonie».

Vive les beaux mots!

En français de préférence!

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