La SPA des Cantons outille les facteurs

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On voit ici le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard avec un pit-bull. Il est entouré de trois superviseurs de Postes Canada: Marie-Constance Rault, Stéphane Adam et le chef de la succursale de Granby, Stéphane Brisson.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) C'est bien connu, le meilleur ami de l'homme a souvent une dent contre les facteurs. En cette période où les attaques de chiens font la manchette, la SPA des Cantons a rencontré une quarantaine d'entre eux avec un pitbull dans les locaux de Postes Canada à Granby, mardi. La formation a notamment permis de déboulonner plusieurs mythes entourant ces houleuses relations.

En ce moment, il y a une crainte généralisée des chiens chez les facteurs. Avec raison, concède le directeur de la SPA des Cantons, Carl Girard. «Il ne faut pas se cacher la tête dans le sable. Les facteurs sont beaucoup plus à risque de se faire mordre par des chiens que le commun des mortels, indique-t-il. La population n'est pas toujours consciente des risques de ce métier. Ils entrent constamment dans la bulle des chiens et ça peut mener à des situations explosives».

Selon M. Girard, une formation sur les attaques de chiens était incontournable. «C'est la direction de Postes Canada qui m'a approché pour tenir une rencontre avec leur équipe. Je n'ai pas voulu leur dorer la pilule durant mon intervention. J'ai mis cartes sur table. J'ai voulu les rassurer en leur donnant des outils pour faire face à des attaques. Et, autant que possible, à les éviter. Ils avaient énormément de questions. On devait faire 15 minutes. Ça a finalement duré un peu moins d'une heure. Ça a été au-delà de mes espérances!»

Une partie de la solution pour éviter une morsure réside dans une bonne connaissance du langage corporel de la bête. «Le chien qui jappe ne mordra pas nécessairement. Il faut savoir détecter les signes qu'il est sur le point de le faire. Et surtout comprendre pourquoi il agit comme ça», fait valoir le spécialiste animalier.

Hystérie collective

Les molosses n'ont pas bonne presse ces temps-ci. Principalement les pitbulls. Carl Girard estime que cette tendance n'est pas justifiée. «On assiste en ce moment à une hystérie collective. Il n'y a pas plus de morsures de pitbulls. Elles sont seulement plus médiatisées», réitère-t-il.

Le directeur de la SPA des Cantons relate que «la même clientèle de propriétaires revient dans 100% des cas de morsures» de ce type de bête dans la région. «On parle de jeunes hommes de moins de 30 ans qui vivent dans des logements minuscules. Ils n'ont pas de constance dans leurs habitudes de vie de tous les jours. Et ils n'ont pas beaucoup de temps pour s'occuper de l'animal. Ce n'est pas du tout le genre de chien pour eux. Le pit-bull a besoin d'exercice et d'attention. Il n'est pas plus agressif que les autres, mais il est plus réactif et plus fort.»

Instinct

Selon Carl Girard, plusieurs facteurs tentent de dissuader le chien de les attaquer en lui parlant. Il s'agit d'une erreur, dit-il. «Un chien, ça ne raisonne pas. Ça agit par instinct. Même si tu lui expliques en long et en large que tu es facteur et que tu fais ton boulot, ça lui passe 10 pieds par-dessus la tête. Il voit un étranger sur son territoire, alors il réagit.»

«Ce n'est pas toujours facile d'agir rapidement, mais les facteurs ont plusieurs moyens d'éviter une morsure de chien, poursuit l'expert canin. Ils ont deux types de poivre de cayenne à leur disposition. Ils peuvent aussi se protéger avec leur sac à bandoulière. Il faut aussi savoir qu'en cas d'attaque, plus on frappe un chien, plus il voudra mordre.»

Selon Carl Girard, les propos voulant que la mâchoire de certains chiens se bloque en mordant sont des mythes parmi les plus enracinés. «Une gueule qui barre, ça n'existe pas. La seule différence entre les molosses et les autres types de chiens, c'est la babine qui leur permet de respirer en mordant. Le reste, c'est la volonté du chien de ne pas relâcher sa prise.»

Bénéfique

Stéphane Adam, superviseur à la succursale de Postes Canada à Granby, a participé à la formation de la SPA mardi. Selon lui, le personnel présent en est sorti «beaucoup mieux outillé» pour faire face à des attaques de chiens. «On ne regrette pas du tout notre rencontre avec Carl Girard. Il maîtrise son sujet à la perfection. Il avait une réponse à toutes nos questions. Je crois qu'il a su dissiper plusieurs craintes des facteurs.»

Sans pouvoir les chiffrer précisément, M. Adam soutient que les blessures infligées aux facteurs par des chiens sont «très fréquentes». «Avec les chiens, il faut éviter l'effet de surprise», mentionne-t-il.

Outre une meilleure connaissance de la psychologie canine par les facteurs, le superviseur estime qu'une partie de la solution pour diminuer le nombre d'attaques réside dans la conscientisation des propriétaires d'animaux. «Il y a encore trop de gens qui refusent d'attacher leur chien. Ou encore, leur laisse leur permet de se rendre jusqu'à la boîte postale. Dans certains cas, on doit carrément suspendre la livraison du courrier dans un secteur pour préserver notre sécurité. Ça prend de l'ouverture des deux côtés.»

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