«Quand j'ai demandé au propriétaire si je pouvais mettre des fleurs, je ne pensais pas en mettre autant. J'avais juste l'instinct de créer», a lancé récemment Mme Leroux, que ses amis et voisins surnomment simplement «Jacky».
Son «oeuvre» a été remarquée par le comité d'embellissement de Granby. Elle était en nomination au concours des Maisons Fleuries dans la catégorie des «logements multiples 2 à 6 logements». «C'est une belle tape dans le dos à l'estime de soi. Ça me fait chaud au coeur», se réjouit Jacline Leroux. «Mais on ne fait pas ça (jardiner) pour être reconnu, plutôt parce qu'on se fait du bien à soi», ajoute-t-elle.
Pas mal pour une amante de la nature qui a commencé à tailler la tourbe pour aménager ses platebandes avec... «un couteau à pain»! Mais ceux qui travaillent la terre le savent: quand on commence à fleurir son environnement, il est parfois difficile de s'arrêter. C'est un peu ce qui s'est passé pour Mme Leroux.
Elle a acheté de la terre, des fleurs, du compost et... des outils convenables. Ses amis lui ont donné des plantes, des trucs. Elle a glané des idées d'aménagements ici et là dans les revues et ses déplacements. Et le terrain de l'immeuble, qui appartient à Daniel Lévesque, a pris vie.
Original
Parce qu'elle aime «les choses originales», elle a réalisé différents aménagements qui accrochent l'oeil, comme ce bain d'oiseaux posé sur des bâtons de jonc. Elle a aussi déniché de jolies cabanes d'oiseaux dans des ventes de garage.
Depuis un an, un autre locataire de l'immeuble où elle habite, Guy Jobin, lui donne un coup de main. À eux deux, ils ont «fleuri» l'entrée de l'édifice, question d'embellir les lieux. «Notre propriétaire est merveilleux de nous avoir laissé l'opportunité de faire autant de création», estime Jacline Leroux tout en précisant qu'il a fourni de la terre et du compost.
Il n'est pas rare que Jacky reçoive les félicitations des passants lorsqu'elle s'affaire dans ses fleurs. Elle est même devenue une consultante horticole officieuse. «Mes amis me demandent des conseils et certaines veulent me confier leur plate-bande pour que je fasse de la création avec eux», s'amuse celle qui a longtemps travaillé dans la restauration et, visiblement, a un fort penchant pour les arts.
Née sur une ferme à Saint-Damase, Jacline Leroux affirme avoir «un besoin vital d'être dehors». C'est pourquoi elle prend autant de plaisirs à travailler dans ses fleurs. Une passion qu'elle tente d'ailleurs d'insuffler à ses petits-enfants. «Je leur apprends à sentir une fleur les yeux fermés. Ça ne sent pas la même chose», glisse celle qui dit garder la forme grâce aux travaux de jardinage.
Et le fait que le terrain ne lui appartienne pas ne semble pas ralentir ses ardeurs. «Ça va continuer de vivre quand je vais partir. Je vais y laisser une partie de mon âme», dit-elle dans un large sourire.
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