«C'est ma folie!»

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Lucille Royer bichonne son jardin depuis 20 ans.... (photo Alain Dion)

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Lucille Royer bichonne son jardin depuis 20 ans.

photo Alain Dion

Isabel Authier

Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Le destin fait parfois bien les choses. Il a fallu un grave accident et une longue convalescence pour qu'un jour, Lucille Royer retrouve le temps de vivre. Et son grand jardin y est pour beaucoup.

Femmes d'affaires ambitieuse, patronne de dizaines d'employés et mère de trois enfants et famille d'accueil, Mme Royer carburait à l'adrénaline. «Je ne voyais jamais de fleurs, de papillons ou même le soleil. Je n'avais pas le temps de m'arrêter pour ça. Je travaillais sept jours par semaine», dit-elle. Jusqu'à ce qu'elle se brise le dos et doive passer six mois à l'hôpital. C'était il y a 23 ans.

Incapable de conserver son entreprise en raison de son état, la dame, alors âgée de 48 ans, a décidé sans attendre d'acheter une maison dans le 9e rang et d'y gérer une résidence d'accueil en santé mentale.

Deux ou trois ans plus tard, l'appel du jardinage a été plus fort que tout. «Mon terrain était à l'état sauvage. J'ai dû couper 45 arbres. Puis, j'ai commencé à l'aménager, plate-bande par plate-bande. L'achat de cette maison m'a sauvé la vie, confie la Granbyenne. En fait, l'accident est la plus belle chose qui me soit arrivée. Ça m'a permis de revivre et de vivre dehors dans mes fleurs.»

Bien qu'elle adore les voyages, pas question de quitter sa propriété durant l'été. «Je n'ai pas besoin de partir ailleurs. Je suis à l'extérieur tout le temps!»

D'autant plus qu'en jardinant, elle s'évade complètement. «Je peux passer des heures dans mes fleurs. Je leur parle...»

Aidée par ses enfants, elle s'est inventé un décor où pelouse, arbres matures, fougères et fleurs se côtoient dans une belle harmonie. Ici une statue, plus loin un banc de pierre, là une balançoire invitent à s'y attarder.

Un magnifique jardin d'eau occupe également tout un coin du vaste terrain.

Mme Royer est d'ailleurs une habituée du concours Maisons fleuries, qu'elle a remporté plusieurs fois.

En évolution

Chaque année, la jardinière change de variétés, tente de nouvelles expériences, développe de nouveaux trucs. Elle fonctionne, dit-elle, par essais-erreurs. Tenez, ces petites fleurs jaunes qu'elle a plantées à quelques endroits au printemps l'agacent souverainement. «J'aime pas ça!», lance-t-elle avec humeur.

Mais quand elle aime, elle aime. Cet été, pas moins de 3700 plants de bégonias colorent le devant et l'arrière de sa résidence!

Tout cela, bien sûr, demande beaucoup d'entretien; 40heures par semaine, estime Mme Royer, qui peut heureusement compter sur de l'aide.

«Mais c'est ma fierté d'avoir réussi mon jardin - et tout le reste - toute seule. Des gens me disent que c'est le paradis terrestre ici. Moi-même, je ne m'habitue pas. Je trouve ça tellement beau! Ce jardin, c'est ma folie!»

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