La constance du jardinier

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Nicole et Jean Laurin habitent un bel écrin de verdure... (photo Alain Dion)

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Nicole et Jean Laurin habitent un bel écrin de verdure et de fleurs créé au fil des ans.

photo Alain Dion

Isabel Authier

Isabel Authier
La Voix de l'Est

(BROMONT) Jamais les Québécois n'ont consacré autant d'intérêt à fleurir et verdir leur extérieur. Jardins d'eau, aménagements luxuriants, terrasses, cabanes dans les arbres, pavillons extérieurs... Certaines cours arrière ont des allures de jardins d'éden où les heures d'été s'égrènent avec bonheur. La Voix de l'Est s'est invitée chez quelques jardiniers qui ont fait de leur chez-eux un véritable plaisir pour les sens.

Un vieux sage a déjà dit que c'est en jardinant qu'on devient jardinier... Jean Laurin en est un exemple probant. Lui et son épouse Denise vivent au coeur d'un véritable écrin végétal au bord de la rivière Yamaska à Bromont. Un décor où tout a été créé avec de la patience et beaucoup de coeur.

Partout où l'oeil se pose, les fleurs et les plantes se révèlent dans toute leur splendeur. En déambulant à l'ombre des sentiers d'inspiration anglaise, on y découvre plus de 600 variétés de végétaux! À eux seuls, les hostas se déclinent en 67 variétés... Avec environ 40 000 pieds2 de terrain aménagé, il ne reste plus beaucoup d'espace pour le gazon.

«Jean travaille au moins 30 heures par semaine dans le jardin. Et moi, je passe des heures à contempler le jardin, lance Mme Laurin, rieuse. Quand c'est le temps des pivoines et des iris, et que les roses commencent à fleurir en même temps, c'est particulièrement beau. Disons que je prends plus de temps dehors pour boire mon café à ce moment-là!»

Mais elle ne fait pas qu'admirer. La dame participe aussi à ce tableau vivant. Avec moins de ferveur que son passionné de mari, d'accord, mais quand vient le temps de nommer toutes ces plantes, en latin s'il vous plaît, elle ne donne pas sa place!

L'intérêt des Laurin pour l'horticulture a même déjà influencé leurs destinations de vacances. Ils ont notamment visité certains coins des États-Unis, la Hollande, l'Angleterre et la France en fonction des jardins qu'on y trouvait.

Terre en friche

Installé au même endroit depuis 40 ans, le couple a un jour saisi l'occasion d'acheter le terrain en friche qui jouxtait le sien. En 1991, la métamorphose s'est amorcée et n'a jamais cessé. D'année en année, le jardin a pris forme, a grandi et s'est embelli.

On y trouve aujourd'hui de grands arbres, des massifs de toutes sortes, quelques végétaux plus rares comme le houblon et le camphre , agrémentés de jolis éléments décoratifs, qui rendent la visite drôlement agréable. Ceux qui s'y pointent pour la première fois en ont toujours plein la vue.

«Les gens sont surpris de voir le jardin. Ils se demandent comment on fait pour garder ça aussi propre...», confie M. Laurin en toute modestie.

Amoureux de la terre, le Bromontois y met encore toute son énergie. Il y trouve également une grande sérénité. «Quand je suis dans mes plantes, je ne pense pas à autre chose. J'oublie tout. Je me sens en paix. Et ça me comble.»

En fait, cette passion l'occupe presque à l'année. «Les derniers travaux de jardinage ont lieu en novembre et en janvier, on commence déjà à regarder les semences dans les catalogues, pour pouvoir planter tôt à l'intérieur», explique Mme Laurin, qui doit maintenant contenir l'enthousiasme de son conjoint devant le vaste choix de végétaux disponibles.

Car à 69 ans et parce qu'il occupe un emploi , Jean Laurin est bien conscient qu'il lui faudra ralentir ses ardeurs. «Mais les plates-bandes deviennent débordantes. Une fois que tu as commencé, c'est difficile d'arrêter», admet-il, en précisant qu'il dispose désormais d'un peu d'aide extérieure pour l'entretien de son petit coin de paradis.

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