Comme un roux

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Bon ben j'ai choké. La moustache carrée de style Hitler est partie. J'aimerais dire que le commentaire «c'est de mauvais goût!» que j'ai reçu la semaine dernière n'a rien à y voir, mais ce serait faux.

Il n'y a pas que ça. Ça faisait rire ceux qui me connaissent - enfin, la plupart d'entre eux -, mais les autres... Au dépanneur, au bowling, au magasin de meubles où j'ai acheté un rutilant divan où Désirée pourra s'épivarder à loisir, j'ai remarqué qu'on me regardait d'un drôle d'air. Un mélange de méfiance et de consternation. Qu'on se demandait: «est-ce qu'il fait le Movember ou il trouve vraiment ça beau? Si c'est le cas, c'est inquiétant.»

Je sentais qu'on me traitait avec moins d'égards. Que si j'avais été demandé un permis à la Ville, on me l'aurait refusé. Que si j'avais comparu en cour, on m'aurait condamné au bagne à coup sûr. Que si j'étais célibataire, mon ratio de «succès de cruise» aurait été quasi nul, ou si vous préférez, le même qu'au cégep.

Alors, je l'ai rasée. Je sais, c'est lâche. J'ai senti que j'abandonnais des centaines de milliers de petites prostates dans le monde. Mais on ne peut vivre tous les jours sous l'opprobre et les regards fuyants. Je me sentais comme un roux, et ça, c'est pas facile.

 

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