Apparences et souvenirs trompeurs

Françoise Issaly expose pour la première fois une... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Françoise Issaly expose pour la première fois une installation inspirée des glycines de son enfance.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Cowansville) L'un dans le Grand Nord, l'autre en Chine, les deux artistes qui exposent au Musée Bruck ont fait des voyages qui ont inspiré leur travail. Les oeuvres qui couvrent les murs et le plafond du musée en témoignent. Tous deux utilisent le papier et les perceptions pour faire réagir.

Il faudra effectivement lever les yeux au plafond pendant la visite, chose rare dans un musée, puisque la pièce principale d'une des salles d'exposition y est suspendue. La Montréalaise Françoise Issaly présente pour la première fois cette installation, aux couleurs de mauve et de rose, dont les ombres sont projetées sur le mur. Faite d'une centaine de bandes de papier traditionnel de calligraphie - à ne pas confondre avec du papier de riz -, elle crée une ambiance très particulière avec les motifs découpés et le jeu de lumière. Son exposition s'intitule Remplir le vide.

« J'étais en Chine en juillet et j'ai découpé tous ces morceaux-là pendant mon séjour, explique l'artiste. Je concentre mon travail, de manière générale, sur les apparences trompeuses. On marche beaucoup comme ça, l'être humain : on arrive à des conclusions et finalement ce n'était pas du tout ça. » Il y a donc les ombres sur les murs, créés par l'installation, et la réalité, au centre de la salle.

Mme Issaly tenait à créer des motifs abstraits pour ces bandes de papier pour leur côté universel et afin d'aller chercher une mémoire collective. 

« Je recrée une ambiance qui nous dit quelque chose, mais on ne sait pas exactement ce qui fait que ça reconnecte avec une familiarité, affirmait-elle en entrevue pendant le vernissage, samedi. Ça fait longtemps que je l'ai dans la tête, cette installation, mais moi aussi, je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'ai une amie qui m'a envoyé une photo d'un paysage au Japon avec des glycines (NDLR : les fleurs de la glycine sont sur des épis pendants). J'ai passé toute mon enfance dans le sud de la France et ma grand-mère avait des glycines. C'était un travail sur ma mémoire aussi. »

Yannick De Serre présente une série sur le... (Julie Catudal, La Voix de l'Est) - image 2.0

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Yannick De Serre présente une série sur le souvenir faussé.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Souvenirs faussés

Yannick De Serre travaille lui aussi avec la mémoire et les souvenirs. Originaire de Grand-Mère, aujourd'hui un secteur de Shawinigan­, il travaille en monotype avec des objets chargés de souvenirs.

« Ce sont des objets qui ont appartenu à des gens, à ma famille, à des amis, des gens pour qui cet objet-là a une résonnance dans leur quotidien, dans le passé et le souvenir, précise-t-il. C'est une série qui est axée sur le souvenir faussé. Pour n'importe qui, avec le temps, l'événement change. »

Son travail est aussi axé sur le vide. Généralement placées en diptyque, ses oeuvres aux apparences de rayons X suscitent un questionnement et une discussion. 

En observant les tableaux de sa série La mémoire qui déchire la réputation des absents, l'une des questions qui nous vient justement à l'esprit a trait à sa technique de travail et à sa démarche artistique.

« J'ai fait mes études en arts visuels à Québec en premier et j'ai paniqué un peu, alors j'ai refait mes études en soins infirmiers, explique l'artiste. Ce travail-là m'a amené dans le Grand Nord et je suis revenu de là en changeant totalement ma dynamique artistique. Mon travail avant en peinture était très chargé, très accumulateur. Je suis revenu du Grand Nord avec une esthétique très épurée, très simple, axée sur la ligne d'horizon, la perte de vue, le blanc et le noir à la fois parce qu'il y a là-bas six mois de clarté et six mois de noirceur. J'utilise un processus d'impression. Ce qu'on voit est issu d'un objet que j'ai taché avec de l'encre et, en le passant sous presse, l'objet laisse un fantôme dans le papier. Après coup, je retravaille en redessinant, en mettant de l'encre pour faire ressortir un élément. »

L'exposition Absences & transparence réunit les deux artistes jusqu'au 9 septembre au Musée Bruck, à Cowansville.




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