Robert Chartier, maître de l'argile

Le potier Robert Chartier dans son atelier de... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

Agrandir

Le potier Robert Chartier dans son atelier de Bolton-Ouest.

Alain Dion, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Bolton-Ouest) Robert Chartier a étudié en relations publiques, a été cerf-voliste, clown, puis marchand de diamants, avant de se découvrir, à 30 ans, une passion pour la céramique. «J'aimais l'idée de me recycler en potier. Ce qui m'a motivé, c'est de savoir que je n'arriverais jamais à la limite de ce médium», dit-il.

À l'aide de pierres, de coquillages, de corail,... (Alain Dion, La Voix de l'Est) - image 1.0

Agrandir

À l'aide de pierres, de coquillages, de corail, Robert Chartier enjolive ses pièces selon ses envies.

Alain Dion, La Voix de l'Est

C'est durant sa formation au Centre Bonsecours à Montréal qu'il a rencontré Robin Badger, celle qui allait devenir sa compagne de vie, la mère de ses filles et sa collègue de travail. Sur sa vaste propriété, le couple de potiers opère un atelier-boutique où il passe des heures à créer des pièces uniques, à la fois artistiques et fonctionnelles.

Robert Chartier travaille l'argile avec respect et minutie. Parfois au tour, souvent à la plaque. À l'aide de pierres, de coquillages, de corail, il enjolive ses pièces selon ses envies. Il les émaille et les cuit ensuite avec sa propre glaçure. 

«L'argile n'arrête jamais de m'inspirer. Je ne fais pas de collection. C'est l'inspiration du moment qui fait la pièce», affirme celui qui consacre une dizaine d'heures à chacune de ses oeuvres.

Il décrit l'artiste - et donc lui-même - comme «un apprenti qui n'arrête pas de chercher». «Je suis assez maniaque pour passer des années sur une couleur de glaçure. Puis j'arrête de m'en servir!» lance-t-il en riant.

De son imagination fertile et de son talent naissent des plateaux de service, des vases, des bols, des assiettes, des éviers, des bains d'oiseaux... 

Le côté unique de chaque objet est pour lui essentiel. «Un objet fait à la main, ça a une présence, ça vit. Il faut que les gens le touchent, qu'ils vivent avec. Nous, les artisans, créons ce avec quoi nous sommes en harmonie. Et on adapte l'outil à la pièce, pas la pièce à l'outil», explique-t-il, en confiant avoir déjà changé un four pour y faire cuire de plus grands plateaux, plutôt que de simplement réduire la taille de ses pièces! 

Très tendance

À quelques pas, occupée à sa propre production, sa conjointe Robin opine du bonnet. «C'est vrai! Ce qu'il y a de beau dans le fait main, c'est que ça porte l'empreinte de son créateur.»

Cela explique probablement le retour en force de la poterie artisanale depuis quelques années. Certains restaurateurs insistent même pour servir leurs créations culinaires dans de la vaisselle créée pour eux par des artistes. Bref, c'est «in»!

Bien sûr, les clients de M. Chartier sont parfois riches et à la recherche de l'exclusivité. Souvent aussi, ses oeuvres sont prisées par les «35 à 55 ans» qui optent pour la qualité plus que pour la quantité. «Ce sont des coups de coeur. Je vois beaucoup d'épicuriens qui choisissent une assiette ou un plateau pour présenter un mets en particulier. Ils viennent du Québec, mais aussi d'Europe. C'est vaste», indique l'artiste, qui intègre maintenant un crochet à certaines de ces pièces pour qu'elles puissent être accrochées au mur, plutôt que rangées au fond d'une armoire. 

À ce jour, le bouche-à-oreille a permis au couple de tirer honorablement son épingle du jeu. Leurs pièces ne sont offertes que sur le web - à petite échelle - et à leur boutique-atelier du chemin Bailey de Bolton-Ouest. Des cours y sont aussi offerts.

«On reçoit des gens chaque semaine ici. On les accueille et on leur offre une expérience», indique le potier. 

Dans ce contexte de proximité, le Tour des Arts est un incontournable. Plus de 1000 visiteurs franchissent chaque année la porte de l'atelier durant l'événement. «Ils aiment voir l'atelier et nous voir au travail. C'est important pour nous de leur donner la chance de découvrir le fait main. Je fais des démonstrations tout le temps!»

Envie de faire le Tour?

Cette année, le Tour des Arts se tient tous les jours jusqu'au 23 juillet. Pour cette 29e présentation, le circuit propose des arrêts chez 42 artistes et artisans. Une occasion en or d'avoir un accès direct à leur univers, de les voir à l'oeuvre et même d'acheter une de leurs oeuvres, si l'envie vous prend. 

L'itinéraire traverse les municipalités d'Abercorn, Bolton, Brome, Dunkin, Lac-Brome, Mansonville, Sutton et West-Brome.

Fidèle à la tradition, le Tour des Arts laisse aussi la place à plusieurs événements culturels pour bonifier l'expérience des amateurs qui prendront les routes d'assaut. De la musique au théâtre en passant par la danse et les camps artistiques pour enfants, tout est mis en oeuvre pour garder les visiteurs plus longtemps dans la région. 

Et parce que visiter 42 ateliers d'artistes sur un si vaste territoire relève de l'impossible, le Tour a trouvé une façon originale et pratique d'établir votre circuit à l'avance. En tenant une exposition collective mettant en vedette une oeuvre de chaque artiste participant, les amateurs peuvent déterminer leur liste de coups de coeur et partir à leur rencontre. Cette exposition se déroule à la Galerie Arts Sutton durant tout le Tour des Arts.

Le vernissage a lieu ce vendredi 14 juillet de 17 h à 19 h à la Galerie. 

Pour connaître tous les détails - artistes, carte, spectacles - entourant le Tour, on consulte le tourdesarts.com ou la page Facebook de l'événement.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer