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Chat en poche au Théâtre de Rougemont: pour amateurs du genre seulement

Ce qu'on retient surtout de Chat en poche,... (Janick Marois)

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Ce qu'on retient surtout de Chat en poche, c'est la précision quasi chirurgicale des comédiens, qui portent à bout de bras cette pièce en trois actes réglée au quart de tour.

Janick Marois

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Rougemont) CRITIQUE / Quiproquo est un bien joli mot. Mais utilisé à outrance, il perd un peu de son charme. Dans Chat en poche, présentée tout l'été au Théâtre de Rougemont, le terme s'écrit avec un Q majuscule. Bienvenue au paradis du malentendu.

Rappelons d'abord la trame créée par Georges Feydeau en 1888. Pacarel a fait fortune dans le sucre « en exploitant les diabétiques ». Pour faire plaisir à sa fille qui a composé un opéra, il se met en tête de le produire en embauchant un célèbre ténor. Celui qui se présentera ne sera pas celui qu'on attendait. Et les dames de la maison s'en enticheront... avec toutes les méprises qu'on vous laisse imaginer.

On parle et on gesticule beaucoup dans Chat en poche. Et à travers ce verbiage de haut niveau, on ne laisse au spectateur aucun répit. Interdit ici de rêvasser ou de regarder ailleurs, sous peine de perdre le fil ! Si l'on se fie à quelques soupirs entendus dans la salle, on devine que certains spectateurs l'ont vécu...  

Campée pour l'occasion dans la Ville-Lumière des années 50, la pièce recèle son lot d'expressions et de références parisiennes, déclamées tout du long avec l'accent français­. On préfère vous prévenir.

Solide distribution

Mais rendons à César ce qui lui appartient. La distribution est drôlement solide, à commencer par Vincent Bilodeau qui, comme toujours, se donne à fond de train (en se relevant même courageusement d'une chute qui n'était sûrement pas inscrite au scénario) dans son rôle de Pacarel.

L'expérimentée Adèle Reinhardt en mène aussi large dans le rôle de sa digne épouse. C'est toutefois Frédéric-­Antoine Guimond qui attire l'attention à chacune de ses apparitions. Son personnage de Bibiche, bourgeoise bien en chair assoiffée de champagne et d'aventures amoureuses, a réussi à nous arracher quelques sourires.

Quant au Roxtonais Samuël Côté, on ne s'attendait pas à le voir autant. Excellent, le jeune homme aurait cependant intérêt à être un peu moins caricatural dans son jeu.

Ce qu'on retiendra par-dessus tout, c'est la précision quasi chirurgicale des comédiens, qui portent à bout de bras cette pièce en trois actes réglée au quart de tour. Chapeau.

Mais leur talent et leur dévouement ne suffisent pas à combler les lacunes du récit. Le dernier acte s'avère le plus faible des trois, s'étirant longuement autour de rendez-vous ratés et des fameuses questions « qui est qui » et « qui aime qui », pour se terminer sur une finale navrante de banalité.

On aurait aimé ne vous dire que du bien de Chat en poche, mais ce serait trop simple. L'accueil tiède réservé à la pièce, jeudi soir, nous laisse d'ailleurs croire que le public est lui aussi demeuré sur sa faim.  

Le producteur et comédien Jean-Bernard Hébert avait précisé le mois dernier que Chat en poche était loin du vaudeville et qu'il faisait « du théâtre en été et non du théâtre d'été ». Pas tout à fait d'accord.

Les amateurs de Feydeau et du genre apprécieront sûrement. Les autres trouveront la soirée un peu longue.




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