«Le théâtre, c'est ma maison»

Samuël Côté... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

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Samuël Côté

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) Samuël Côté est fils d'agriculteurs. C'est, raconte-t-il, un peu pour fuir ce dur milieu qu'il s'est tourné vers le théâtre.

« Chaque matin et chaque soir, on devait faire le train. Pour m'en sauver de temps en temps après les cours, je me suis inscrit au théâtre en guise d'activité parascolaire quand j'étais à la polyvalente Sacré-Coeur. J'ai eu la piqûre. »

Il a passé ses auditions pour entrer au Collège Lionel-Groulx, y a obtenu son diplôme en 2009, et a immédiatement décroché un rôle - une apparition plutôt, mais quand même - dans le téléroman Toute la vérité. « J'ai été chanceux, j'ai trouvé du travail dès que je suis sorti de l'école », reconnaît-il.

Le Roxtonais a obtenu quelques autres petits rôles à la télévision - Madame Lebrun, Blue Moon et tout récemment dans Sur-Vie -, mais c'est surtout au théâtre qu'il a réussi à faire sa place jusqu'à maintenant.

Le rideau s'est tout grand ouvert lorsque Wajdi Mouawad l'a contacté pour remplacer au pied levé un comédien dans sa trilogie Des Femmes de Sophocle. 

« J'avais un mois pour assimiler trois spectacles de deux heures chacun avant de partir en tournée en Europe », se souvient-il.

C'était en 2011. Il avait une jobine pour arrondir les fins de mois, planifiait un déménagement dans les semaines suivantes... Il a tout lâché et a sauté à pieds joints dans l'aventure. « Ça a été ma deuxième école. J'y ai côtoyé plusieurs vieux routiers, notamment Sylvie Drapeau, qui m'a littéralement servi de mentor. Un peu comme l'avait fait auparavant Janine Sutto avec elle, elle a passé plusieurs heures avec moi à pratiquer, à faire des exercices de diction... J'ai énormément appris. »

Cette expérience, bien qu'extrêmement exigeante, en aura valu la peine : le comédien a remporté le prix de la relève Olivier Reichenbach du Théâtre du Nouveau­ Monde, où a également été présentée­ la trilogie en 2012. 

« Ces rôles m'ont donné toute une poussée pour pénétrer le théâtre montréalais. C'est grâce à eux que je me suis fait un nom. »

Depuis, d'autres beaux rôles se sont ajoutés sur son CV. Il a notamment été des Innocentes au Théâtre du Rideau Vert, dans une mise en scène de René Richard Cyr, il a été dirigé par Serge Denoncourt dans Cyrano de Bergerac présenté au TNM, et a campé, en début d'année, Maître Jacques dans L'Avare de Molière, sur les planches du Théâtre Denise-Pelletier.

À Rougemont

Cet été, il enfile le costume du jeune Duffausset dans la comédie de Georges Feydeau, Chat en poche, présentée au Théâtre de Rougemont. « C'est un jeune homme qui est hébergé par un ami de son père pendant ses études en droit à Paris et qui se retrouve malgré lui dans un immense imbroglio puisqu'il est confondu avec le ténor qu'on espérait », indique l'interprète de 30 ans.

« Il y aura à travers ça des histoires d'amour, car il s'éprend de tout ce qui bouge, un peu dans le style de la mouffette dans Bugs Bunny », ajoute-t-il, sourire en coin.

Samuël Côté est bien heureux que Jean-Bernard Hébert ait pensé à nouveau à lui pour un rôle - la première fois, c'était dans sa production Notre petite ville, dont la tournée s'était amorcée à Rougemont­ en 2015.

« Du Feydeau, c'est compliqué parce qu'il y a beaucoup de quiproquos. Le défi pour les acteurs est de rendre ça facile d'écoute. De trouver le bon rythme, ne pas aller trop vite, mais ne pas non plus tomber dans trop d'explications. »

Bien qu'il avoue rêver éventuellement de décrocher un rôle au petit ou au grand écran, le Roxtonais­ se dit heureux - et chanceux - de la carrière qu'il mène sur scène. 

« Je me sens bien au théâtre. C'est ma maison. »




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