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Pour son prochain projet, -21, Colin Nixon tournera... (fournie)

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Pour son prochain projet, -21, Colin Nixon tournera des scènes de pêche blanche sur le lac Champlain.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Le 375e anniversaire de Montréal portera la touche d'un gars de la région. Dans un documentaire d'une quinzaine de 15 minutes, Colin Nixon dépeindra le quartier Hochelaga-Maisonneuve à travers les yeux d'enfants d'âge primaire qui y vivent.

« Là-bas, je travaille depuis deux ans pour un organisme communautaire pour enfants. Ils font plein de choses intéressantes. Je veux présenter Hochelaga avec un regard plus positif, montrer qu'il y a de l'espoir dans ce quartier », laisse entendre le Cowansvillois­ d'origine. 

Ce dernier suivra donc une jeune amateure de lutte de sous-sol d'église, un garçon qui offre de porte en porte ses services d'aide aux personnes âgées et une petite Haïtienne qui s'amuse dans les parcs du quartier. 

C'est lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), en novembre dernier, que Colin Nixon et trois autres cinéastes de la relève ont reçu le mandat de Radio-Canada­. Le tournage est prévu pour le 20 mai prochain et devrait durer quatre jours. Quatre autres journées lui seront attribuées pour le montage. Son documentaire sera diffusé « en juillet ou en août » dans le cadre de l'émission Les Grands reportages à Radio-Canada.

Expérience

À tout juste 21 ans, Colin Nixon n'en est pas à sa première expérience derrière la caméra. On lui doit le court métrage Jeez, qui a été projeté dans des universités d'ici et d'ailleurs, mais aussi Le Cri de la marmotte. Achevé en 2016, cet autre court métrage racontant l'histoire de ses grands-parents et d'une marmotte pas commode lui a d'ailleurs valu le prix du meilleur documentaire au récent Regard, le Festival international du court métrage au Saguenay. Pour ces deux oeuvres, le réalisateur a beaucoup tourné dans son patelin natal et autour.

Quand on lui demande de décrire son style, Colin Nixon parle de son désir de présenter ses sujets sous un angle différent - « l'envers de la médaille », dit-il - en utilisant des voix hors champ. « Je n'ai pas de têtes parlantes. »

« Faire un film pour faire un film », très peu pour lui. Il a bien retenu la leçon entendue à l'UQAM, son alma mater. « J'ai adhéré à l'importance de communiquer un message. Je me sens investi d'une certaine mission­ sociale. »

Pas seulement au cinéma, dans sa vie personnelle aussi. Le réalisateur gagne sa vie dans le monde communautaire. Avant d'oeuvrer au sein d'un organisme montréalais venant en aide aux enfants, il s'était longuement consacré au camp pour déficients intellectuels Garagona à Frelighsburg.

-21

C'est d'ailleurs à cet endroit qu'est née l'idée de son prochain documentaire de fiction, qui s'intitulera -21. Grâce à une bourse de 40 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec, Colin Nixon mettra en images une « histoire inventée » de 13 minutes dans laquelle évoluera une jeune trisomique de 20 ans. « Je travaille sur le projet depuis deux ans et j'ai rencontré cette personne l'été dernier au camp Garagona. Dans le récit, elle vit dans une résidence où elle est plus ou moins bien traitée par sa tutrice. Elle fera alors une fugue pour aller à la pêche sur glace », résume-t-il en voulant ainsi rappeler au public l'importance de ne pas sous-estimer le potentiel des personnes trisomiques ou déficientes. 

Le tournage est prévu pour janvier 2018. La partie de pêche se déroulera sur le lac Champlain. « Le film devrait être prêt en mai 2018 ; j'aimerais qu'il fasse les festivals. »

Du court au long 

Si ses courts métrages connaissent un beau succès, Colin Nixon envisage déjà un projet de long métrage. En fait, il en rêve. « Avant d'avoir 30 ans, ce serait bien ! » lance le jeune homme. Encore là, c'est un sujet à teneur hautement sociale qui l'interpelle. « J'aimerais traiter de l'agressivité des jeunes dans les écoles primaires. On voit de plus en plus d'accès de colère, de crises et d'anxiété chez les enfants... Je veux en parler. »

Et pourquoi ce désir d'être cinéaste ? « Pour apporter des changements dans la société, c'est une façon efficace. Au cinéma, on peut attiser la compassion. »




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