Pheek, pionnier de la musique électronique au Canada

L'artiste Jean-Patrice Rémillard, alias Pheek... (fournie)

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L'artiste Jean-Patrice Rémillard, alias Pheek

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Shefford) Nul n'est prophète en son pays. Jean-Patrice Rémillard le sait bien. Pionnier de la musique électronique au Canada, c'est davantage hors des frontières du pays qu'il est connu... et reconnu. Dans le domaine depuis plus de 20 ans, l'artiste de 45 ans à la renommée internationale s'apprête à sortir son 20e album en carrière. Et déjà, l'Angleterre, son plus gros vendeur, l'encense d'un cinq étoiles.

Jean-Patrice Rémillard est né à Montréal, mais a grandi à Shefford. Ses premiers balbutiements en musique électronique ont eu lieu au début des années 90, mais sa carrière a vraiment décollé vers la fin de cette décennie, lorsqu'il a participé à ses premiers festivals en 1998. « Après, les choses sont allées très vite, reconnaît-il. En plus d'un talent musical, j'avais un talent pour me faire des contacts. Disons que j'ai aussi eu un très bon facteur de chance qui a toujours joué en ma faveur. »

Il a sorti un premier EP l'année suivante, puis un premier album en 2001. Il a aussi démarré Archipel, sa propre maison de disque acclamée partout à travers le monde et qui a plus de 150 productions à son actif en 13 ans d'existence - tous dans l'électronique­, il va de soi.

Au fil des ans, Pheek, de son nom d'artiste, s'est rendu à plusieurs reprises en Espagne, à Paris, à Berlin, à Londres, à Moscou, au Japon, en Europe de l'Est... « En Europe et en Asie, il y a une ouverture envers la musique électronique qu'on n'a pas au Canada. Je le vois bien à la SOCAN avec les revenus que je reçois de l'étranger. Là-bas, ils ont une véritable culture de musique électronique... Elle a ses festivals, elle joue à la radio... Ici, on a plus une culture du rock. Et c'est d'ailleurs le combat qu'on mène depuis plus de 20 ans, de se faire reconnaître. Il a fallu qu'on [les artistes de musique électronique] aille en Europe pour obtenir nos lettres de noblesse ».

Même s'il voyage moins qu'il le faisait - « par choix, parce que j'ai maintenant la liberté de choisir et je veux être présent pour mon fils [de 6 ans] » -, le combat est loin d'être gagné, estime-t-il. « Ici, on ressent toujours qu'il y a quelque chose de péjoratif entourant notre art, comme si le public jugeait que c'était facile, que tout le monde pouvait faire de l'électronique. Pourtant, c'est un art extrêmement complexe. Le savoir-faire, le processus créatif, l'utilisation des machines, c'est tout aussi important que le résultat final. C'est ce que les gens d'Europe et d'Asie viennent voir quand ils se déplacent. Ici, on sert malheureusement plus de musique d'ambiance... »

Do it yourself

C'est aussi toute la mécanique derrière la musique qui a attiré Jean-Patrice Rémillard à faire fi de son diplôme en travail social pour se consacrer à temps plein à sa musique. « L'informaticien en moi avait un réel intérêt à comprendre comment la musique était faite », dit-il.

Sans aucune connaissance musicale - chose commune dans le domaine de la musique électronique, nous confirme-t-il -, il a adhéré à l'idéologie « do it yourself (DIY) » derrière le mouvement punk des années 70, d'où la musique électronique a émergé. « L'important, c'était l'expression, trouver le moyen nécessaire pour s'exprimer, même si tu ne connaissais rien. »

Aujourd'hui encore, Pheek admet fonctionner toujours et même encore plus par intuition - il est d'ailleurs très inspiré par Brian Eno, très reconnu dans le domaine de la musique expérimentale. « J'utilise beaucoup la musique dans des moments de ma vie où l'expression de l'émotion est limitée par les mots. Je la traduis alors par des textures, des vibrations, des sons. »

« C'est d'ailleurs ce que j'aime beaucoup de la musique électronique : elle n'a pas de règles comme en ont les styles plus populaires », enchaîne-t-il.

On pourra plus que jamais le constater sur Intra, son album à paraître fin avril. « J'ai commencé à composer des bulles de sons pour prendre soin de moi à la suite du décès de mon père, l'année passée, raconte l'artiste. J'étais vraiment dans les brumes, ça a été tout un choc... Ça donne un album très méditatif qui dure... quatre heures ! »

Vous avez bien lu : quatre heures ! « Il faut arrêter de penser musique en fonction du modèle pop ! », réitère Jean-Patrice Rémillard. « Des tounes de trois minutes, des disques de 45 minutes, des refrains et des couplets­... c'est dépassé ! »

Le lancement d'Intra se déroulera à Montréal, dans un endroit qui reste à confirmer, le 29 avril prochain. L'événement se déroulera de midi à minuit en compagnie de plusieurs artistes en provenance de France, d'Allemagne et d'ailleurs au Canada.

Pour suivre Pheek : 

soundcloud.com/pheek ; 

facebook.com/pheekaudio ; 

twitter.com/pheek 




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