Salvador Chavajay, un pianiste classique accompli

Salvador Chavajay souhaite non seulement continuer à polir... (Alain Dion)

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Salvador Chavajay souhaite non seulement continuer à polir son talent et jouer du piano, mais il caresse également le rêve d'aider la cause des indigènes de son pays et d'ailleurs.

Alain Dion

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Bromont) Rien ne prédestinait Salvador Chavajay à jouer du piano classique. Indigène maya du Guatémala, il est né dans une famille d'agriculteurs aux ressources limitées dans le petit village de San Pedro de la Laguna, aux abords du lac Atitlán. Aujourd'hui pourtant, âgé de 27 ans, il a gagné plusieurs concours et continue d'étudier auprès de maîtres de différents pays. Au Québec depuis quelques mois, il donne des concerts-bénéfices ici et là et sera de passage au Centre culturel St-John de Bromont vendredi.

« La première partie de la soirée sera plus classique avec du Chopin, du Beethoven et du Scriabine, et dans la seconde moitié, j'interpréterai des pièces guatémaltèques », laisse savoir le jeune homme, dans la langue de Cervantes.

Salvador Chavajay a commencé à jouer du piano à l'âge de 8 ans. Son père, musicien « sans formation académique », lui a d'abord servi de professeur avant de l'envoyer, à l'âge de 10 ans, étudier dans la capitale guatémaltèque.

« Ça a vraiment été tout un choc pour moi, comme si je venais d'un autre monde », raconte le pianiste, qui parlait à peine l'espagnol lorsqu'il est entré au conservatoire de musique - sa langue maternelle étant le tz'utujil. « En plus, j'ai souffert de racisme au début, car il y a encore beaucoup de tensions et de préjugés envers les indigènes. Mais ça s'est réglé assez rapidement, heureusement. »

Huit ans plus tard, Salvador Chavajay­ a obtenu son diplôme. Mais faute de moyens pour pouvoir poursuivre sa formation classique, il s'est déniché quelques contrats dans les hôtels de sa région, une zone très touristique. « Je jouais plus du latin jazz, de la cumbia et ces styles de musique un peu plus populaires, raconte-t-il. Je n'étais pas malheureux, mais je sentais qu'il me manquait quelque chose. »

C'est à cette même époque qu'il a amorcé une descente abrupte dans la consommation de drogues et d'alcool...

Assistant, impuissante, à la déchéance du jeune homme qu'elle avait engagé pour jouer dans son hôtel et pour lequel elle s'était prise d'affection, la Québécoise Louise-Marie Beauchamp a décidé de le prendre sous son aile. « Mais j'allais devoir travailler fort parce qu'il ne me restait plus que 20 % d'aptitudes, de tout ce que j'avais appris en piano classique », souligne le musicien.

Après un an en Italie, au Conservatoire de Cosenza, et des cours privés avec des professeurs du Conservatoire de Montréal et de l'Université de Sherbrooke, Salvador Chavajay estime qu'il a retrouvé 80 % de sa forme.

Il souhaite non seulement continuer à polir son talent et, surtout, jouer du piano, mais il caresse également le rêve d'aider la cause des indigènes de son pays et d'ailleurs grâce au projet commun qu'il a mis sur pied avec Louise-Marie Beauchamp, projet Vision Indigène.

« Le passé de tous les autochtones d'Amérique est fortement teinté de souffrances depuis l'arrivée de l'homme blanc, souligne-t-il. On s'est fait imposer une langue, une religion, une façon de vivre qui ne nous appartiennent pas, on s'est carrément fait voler notre identité. Mais on peut se sortir de la misère, je veux être un exemple positif pour mon peuple, et je veux sensibiliser les gens à notre cause. »

Envie d'y aller?

Quand: vendredi 2 décembre à 19h30

Où: Centre culturel St-John de Bromont

Billets: contribution volontaire (20$ suggéré)

Réservation: 514-892-5563 ou bunk@videotron.ca

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