Nouveau regard sur un peintre controversé

Suzanne Saint-Amour était fière de procéder au lancement... (Catherine Trudeau, La Voix de l'Est)

Agrandir

Suzanne Saint-Amour était fière de procéder au lancement du long-métrage Lemoyne, dimanche après-midi à Acton Vale. «Il se dégage énormément d'amour de ce film-là», souligne-t-elle.

Catherine Trudeau, La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Acton Vale) Une cinquantaine de curieux étaient réunis dimanche après-midi au centre de bénévolat d'Acton Vale pour le lancement, et le visionnement, du film Lemoyne. Réalisé par Suzanne Saint-Amour et Serge Lachapelle, le long-métrage trace le portrait du peintre valois Serge Lemoyne, un personnage aussi admiré que controversé.

Ce film vient bonifier l'expositions sur l'artiste tenue à Upton par la Collection St-Amour l'été dernier, puis celle qui le sera l'an prochain.

«Notre mission est de préserver le patrimoine rural, que ce soit au niveau artistique ou culturel, explique Marie-Aube Laniel, vice-présidente du conseil d'administration de la Collection St-Amour. On veut autant faire des films de mémoire vivante que des expositions physiques. Ça devenait donc logique de parler de Serge Lemoyne, qui vient de la région. C'est un des visages les plus importants de l'art moderne dans les années 1970. Tous les musées ont leur (oeuvre de) Lemoyne.»

«C'est un pivot de l'art au Québec et au Canada», renchérit Suzanne Saint-Amour, présidente de la collection du même nom.

Témoignages

En raison de considérations liées au droit d'auteur, Lemoyne porte davantage sur l'artiste que sur son oeuvre. Intitulée Lemoyne, une vie à côté de la «track», la première partie du film présente les témoignages de la soeur de l'artiste, Pierrette, et d'une demi-douzaine d'amis.

Présente au lancement, Marie-Ève Lemoyne était une spectatrice très attentive. «Je ne l'ai presque pas connu de mon vivant, indique la Montréalaise. Ça me permet d'en apprendre plus l'artiste, mais surtout sur l'homme qu'était mon père.»

Les artisans du film ne s'en cachent pas: Serge Lemoyne était un être pour le moins controversé.

«L'image que beaucoup de gens ont, c'est un homme qui arrive dans un vernissage et qui tombe dans les marches parce qu'il est trop saoul, regrette Marie-Aube Laniel. Mais selon moi, c'était un personnage. Il était trop intelligent pour ça. Ça devait être tout calculé.»

Si ses oeuvres se vendaient à bon prix, toujours est-il que Lemoyne peinait souvent à joindre les deux bouts. Le soutien - tant financier qu'émotif - de ses proches s'est donc avéré essentiel au fil du temps.

«Il se dégage énormément d'amour de ce film-là», souligne Suzanne Saint-Amour.

Une maison pas comme les autres

La seconde partie du long-métrage est consacrée à la fameuse maison habitée par Lemoyne à Acton Vale, située le long du chemin de fer et près de la mairie. Véritable oeuvre d'art en soi, la demeure ne manquait pas d'attirer l'attention.

«Au fil du temps, elle n'était jamais peinturée de la même couleur. Les gens venaient de Montréal et de Québec pour la voir», mentionne Mme Saint-Amour.

Au début des années 1990, la maison a été au centre d'une bataille juridique fort médiatisée, alors que l'administration municipale d'Acton Vale souhaitait sa démolition. La Cour supérieure du Québec a finalement statué que la résidence était une «oeuvre d'art en progression». Dès lors, il devenait impossible de l'habiter ou de la démolir.

La maison a été rasée par les flammes au tournant du millénaire, deux ans après le décès de l'artiste.

Signe d'une certaine réconciliation entre la municipalité et le peintre, le parc Serge-Lemoyne a depuis été aménagé au même endroit. On y retrouve notamment un monument métallique en l'honneur du peintre ainsi qu'un cube de béton contenant ses cendres.

L'oeuvre de bénévoles

Bien que la Collection St-Amour ait reçu une subvention fédérale dans le cadre du programme Nouveaux Horizons pour les aînés, Lemoyne demeure essentiellement l'oeuvre de bénévoles. Cinéaste de profession, Serge Lachapelle s'est chargé du travail à la caméra.

Les membres du conseil d'administration Claude Lépine et Cynthia Laflamme étaient également présents lors du lancement.

Le film devrait éventuellement être disponible sur le site Web de la Collection St-Amour. Entre-temps, il est possible de commander une copie en écrivant au expositioncsa@gmail.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer