Une belle leçon de cinéma

Émile Schneider et Juliette Gosselin en pleine promotion... (La Presse)

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Émile Schneider et Juliette Gosselin en pleine promotion du film Embrasse-moi comme tu m'aimes.

La Presse

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Berthe et Pierre Sauvageau sont jumeaux. Elle est infirme, il s'occupe d'elle. Dans le Montréal de la Seconde Guerre mondiale, les deux jeunes adultes vivent une relation fusionnelle, teintée de sentiments interdits.

C'est l'histoire au coeur du nouveau film Embrasse-moi comme tu m'aimes, mettant en vedette Juliette Gosselin et Émile Schneider, deux étoiles montantes du cinéma québécois, à qui La Voix de l'Est a pu parler, mardi, au milieu du tourbillon médiatique suivant la projection de presse du film à Sherbrooke.

Si Émile a grandi à Shefford, Juliette, elle, a de solides liens avec Granby. «Mon père Martin est de Granby et j'y ai encore de la famille. Pour moi, la route vers Granby est toujours symbole de vacances et de gâteries chez mes grands-parents!», lance l'actrice.

En plus d'être dirigés par le cinéaste André Forcier (L'eau chaude l'eau frette, Une histoire inventée, Le vent du Wyoming), Juliette et Émile ont partagé le plateau avec de grands acteurs québécois de la trempe de Céline Bonnier, Antoine Bertrand, Roy Dupuis, Pascale Montpetit et Rémy Girard.

Rien pour les effaroucher, cependant. «C'est intimidant au début, mais ça devient vite rassurant. Jouer, c'est un peu un sport. Je les voyais comme des partenaires de jeu qui m'aidaient à être meilleure», fait remarquer Juliette, qui retrouvait notamment Céline Bonnier pour la seconde fois au cinéma.

«Ce sont toutes des leçons de cinéma, avec André Forcier - un des grands cinéastes que le Québec a connu -, Céline Bonnier, Roy Dupuis, Antoine Bertrand, Julien Poulin... Et j'ai beaucoup appris avec Juliette, bien sûr», affirme pour sa part Émile.

Son Pierre Sauvageau, stoïque et désireux de s'enrôler, il l'a beaucoup travaillé, dit-il, même si la puissance du texte «donnait tout». Il a fait des recherches et s'est aussi inspiré de son grand-père paternel, un héros de guerre.

Pour ce tournage, où le thème de l'inceste est sous-jacent, où l'amour est interdit, Émile avoue être allé dans des zones émotivement intenses, avoir vécu des baptêmes de scènes et interprété des états qu'il n'avait encore jamais joués.

«C'est un grand scénario et André Forcier est un sacré bonhomme, dit-il. On était vraiment dans la création, dans le tragi-comique, dans les extrêmes. Ça fait vraiment du bien de voir un film comme ça en 2016.»

Au-delà des tabous

Selon lui, l'approche de Forcier vient transcender les tabous. Une opinion que partage sa partenaire Juliette Gosselin.

«Je n'ai jamais vu le scénario comme une histoire d'inceste. C'est plus un amour impossible avec beaucoup de fantaisie et d'imaginaire tout autour.»

Son personnage de Berthe Sauvageau, elle l'aimait et elle l'aime encore, glisse-t-elle. «Plus on m'en parle, ce qui revient, c'est: maudit que t'es haïssable! Moi, je trouve Berthe touchante dans ses crises d'hystérie. Je la voyais à travers son infirmité, cet amour pour son frère, à travers sa mère qui prend toute la place... En fait, elle est un volcan humain.»

Ce personnage à la sensualité naissante, né de son talent, elle l'a découvert en grande première, seule, dans le sous-sol d'André Forcier. «Je ne savais pas à quoi m'attendre. J'ai toujours beaucoup de difficulté à me regarder à l'écran. Mais en étant toute seule pour le regarder, je ne faisais que ressentir les choses, sans penser à ce que les autres pouvaient penser. C'est un film qui m'a fait rire et qui m'a bouleversée.»

Et tout le côté glamour entourant le lancement du film, c'est comment? «Je suis la fille de deux publicitaires, alors je connais la game. Si c'est pour faire en sorte que les gens aient envie de voir le film, tant mieux. Et c'est aussi un beau prétexte pour nous retrouver!», lance Juliette, sans trop s'en formaliser.

Le film a déjà été présenté en grande première mondiale le 25 août au Festival des films du monde (FFM) - où il a remporté le Prix du meilleur film canadien et celui de l'innovation. Le long-métrage sera également du Festival du cinéma de la Ville de Québec le 15 septembre.

Embrasse-moi comme tu m'aimes sortira en salle le 16 septembre prochain.

Une autre grande sortie pour Émile Schneider

Qu'il le veuille ou non, Émile Schneider devra s'habituer aux tapis rouges. À peine Embrasse-moi comme tu m'aimes lancé, il participera à la promotion d'un autre long-métrage dans lequel il tient la vedette.

Dans Le pacte des anges de Richard Angers, il partage l'écran avec Marc Messier et Lenni-Kim Lalande.

Le synopsis se résume ainsi: un homme (Messier) se fait enlever par deux jeunes frères (Schneider et Lalande) en mauvaise posture. Ce trio improbable vivra alors un road trip tumultueux, qui révélera leur vraie nature. Mettant de côté leurs préjugés, ils devront s'unir pour s'en sortir.

Le pacte des anges sera présenté en première mondiale en ouverture du Festival du cinéma international du cinéma en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT). L'oeuvre québécoise voyagera également ailleurs, dont en Belgique.

La sortie dans les salles du Québec aura lieu le 4 novembre prochain.

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