«Dix jours de paix et de bonheur»

Le directeur général du Festival international de la... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Le directeur général du Festival international de la chanson de Granby, Pierre Fortier, était encore sur le nuage, dimanche, de La messe à Dédé Fortin.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Quand on lui a parlé, dimanche après-midi, le directeur général du Festival international de la chanson de Granby, Pierre Fortier, était encore sur le nuage de La messe à Dédé Fortin. «J'ai de la misère à dormir, je suis encore sur l'adrénaline!» confie-t-il.

Le spectacle, un rêve de longue date de Fortier, est l'un des moments forts du festival, avec la grande finale du concours, vendredi soir. «Il y avait du monde de partout: de la Côte-Nord, du Lac-Saint-Jean, de Montréal... Et puis tous les numéros, c'était Watatow!» commente-t-il.

«J'en ai fait des shows hommages, mais celui-là, c'est le meilleur. C'est digne d'un grand festival», ajoute-t-il, avant qu'on ne lui rappelle que Granby, c'est aussi un grand festival.

Le gestionnaire se félicite par ailleurs de tenir le fort en région, alors qu'il avouait récemment que certains partenaires lui ont déjà préféré des événements tenus dans les grands centres. «On le prouve d'année en année que ça se peut. D'habitude, l'industrie du disque ne se présente qu'à la finale. Cette année, ils étaient tous là aux demi-finales, de peur de se faire couper l'herbe sous le pied par un compétiteur! lance Pierre Fortier. Et aussi, tous les réseaux de diffuseurs québécois, tous, étaient à Granby. Ça envoie un gros signal, que si on veut voir la nouvelle chanson, il faut aller à Granby.»

Achalandage record: on remet ça

Le spectacle d'envergure de samedi soir aurait réuni, selon les organisateurs, environ 21 500 personnes. Combiné à l'achalandage des autres spectacles, du volet concours et de tous les autres événements du festival, Pierre Fortier estime que le seuil des 50 000 visiteurs a été atteint, sinon dépassé en dix jours, pulvérisant le record établi l'an dernier avec 45 000 spectateurs. Étant donné qu'environ 4000 personnes avaient été de la fête en 2006, rappelle M. Fortier, c'est mission accomplie. «Ça nous motive à continuer. Tous les publics sont là», note-t-il, soulignant au passage le travail dévoué de son équipe et des nombreux bénévoles ayant offert de leur temps pour faire du festival un succès durable.

La décision de devancer sa tenue en août y est pour beaucoup, croit le directeur. «C'est le jour et la nuit. Je salue le maire Bonin qui a accepté notre demande. Ça a redonné une lancée au festival», constate-t-il.

«Les gens sentent que la ville au complet est en arrière de nous, ajoute M. Fortier. Ça a été dix jours de paix et de bonheur. C'est pour ça qu'on le fait. La culture et la musique apaisent les âmes et les coeurs. Ça fait du bien de voir des sourires dans une période où il se passe des choses pas toujours réjouissantes.»

L'expérience n'est toutefois pas exempte d'un certain stress. «On prend toujours des risques, on a toujours des sources de stress. Est-ce que la finale va bien aller? Est-ce qu'on va avoir notre financement? Est-ce que les shows vont être bons? La chimie va-t-elle prendre entre les artistes? Y va-tu faire beau? Heureusement, on a été chanceux!»

Une finale serrée

Il y a des années où le grand gagnant du concours de la chanson se démarque aisément du lot. Cette année a toutefois été l'une des victoires les plus imprévisibles que Pierre Fortier a connues. «C'était tellement serré qu'il a fallu un recomptage, explique-t-il avant d'y aller d'une métaphore olympique. C'est comme une course au 100 m. Le gagnant, il gagne parfois par quelques centièmes de secondes. Eh bien, c'est ce qui est arrivé cette année.»

Le directeur est très heureux pour la lauréate, Samuele, qu'il a accompagnée dans une courte tournée médiatique au lendemain de sa victoire. «Elle est très contente; elle est fière d'entrer dans l'industrie. C'est parti, son affaire, les compagnies de disques courent déjà après elle!» raconte-t-il.

À savoir si une artiste aussi originale que Samuele avait sa place dans le mainstream (voir autre texte en page 5), Pierre Fortier est catégorique. «C'est la seule qui fait ça. Elle était la seule qui affirme son militantisme, sa singularité, et elle a sa place. D'ailleurs, est-ce que ça existe encore vraiment, le mainstream? demande-t-il. Ce n'est pas tout le monde qui peut aimer, mais si ceux qui aiment lui sont fidèles, elle est là pour rester. On lui souhaite le meilleur.»

À quelques jours d'un mois de vacances bien mérité - la première fois qu'il se permet un tel répit en vingt ans -, Pierre Fortier dresse un bilan fort positif de la 48e mouture du FICG. «On ne pouvait pas demander plus. Ça met de la pression pour l'année prochaine.» Tiens tiens, on l'a entendue celle-là, l'année dernière...

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