Des jeunes qui ont quelque chose à dire

Le choix de laisser la place aux voix... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Le choix de laisser la place aux voix et aux plumes de toutes les provinces canadiennes a permis de décliner un arc-en-ciel d'accents et de styles, preuve que la francophonie canadienne n'est pas un bloc monolithique.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Les organisateurs du Festival international de la chanson de Granby n'ont pas à s'en faire: de la relève, il y en a au sein de la communauté francophone canadienne. Le volet Jamais Trop Tôt a de quoi alimenter l'événement pour des années à venir.

La mise en scène d'Andréanne A. Malette s'est avérée d'une grande efficacité. Dès le numéro d'ouverture, les chorégraphies ont donné le ton au message de cette nouvelle génération d'artistes: elle ne reculera devant rien pour prendre sa place. Elle a quelque chose à dire, et ne se laissera pas museler. Loin de la jeunesse molle que certains s'obstinent à dépeindre.

Le choix de laisser la place aux voix et aux plumes de toutes les provinces canadiennes a permis de décliner un arc-en-ciel d'accents et de styles, preuve que la francophonie canadienne n'est pas un bloc monolithique.

Thèmes variés

Outre les talents vocaux qu'il nous a été donné d'entendre lors du spectacle, notons aussi la qualité des textes retenus au concours, les 24 meilleurs d'une impressionnante cuvée de 617 odes soumises.

Certes, le quart des morceaux présentés nous parlaient d'amour, de ses joies et de ses aléas (Je patine pour toi, Fendre en deux, L'amour perdu dans le noir, Je t'aimerai toujours, Son petit jeu, Le silence), thématique centrale de la vie de plusieurs adolescents. Mais n'allez pas croire que nos jeunes ne s'intéressent pas à autre chose.

Mercredi soir, ils nous ont chanté la guerre (J'aimerais que ça s'arrête), la différence (Pourquoi pas), le goût de l'aventure, l'espoir d'un avenir meilleur et l'optimisme (Un voyage, Ma vie en quatre saisons, Un peu d'espoir, Ma chanson est ma voix). Ils ont fait un doigt d'honneur à la maladie (Bonjour à toi cancer), alors que les lumières se sont tamisées pour laisser la lueur des chandelles éclairer les artistes.

On a même baigné dans le commentaire politique avec Oiseau de malheur, à propos du candidat à la présidentielle américaine Donald Trump, puis avec Éloge de la naïveté, une dénonciation ferme des malversations politiques et du système inégalitaire. Les deux textes ont été composés par des élèves de J.-H.-Leclerc, qui ont aussi décrié les inégalités sociales dans La chance qu'on a.

La pression par les pairs et le conformisme, autre réalité vécue par les adolescents, est au coeur de Mouton de Panurge, mais aussi de Les apparences, qui traite de l'obsession du paraître et de s'oublier pour être accepté.

Mentionnons enfin Par la fenêtre, Une raison et Plus que rien, dont les textes nous ont semblé plus faibles, mais qui évoquaient notamment la dépression, le manque de motivation, le mal de vivre... bref, le côté obscur de l'adolescence.

On s'imagine la fierté des jeunes auteurs de voir ainsi leur oeuvre portée à la vie sur scène. Une source bien informée nous a d'ailleurs confirmé que cela a mené à une rencontre émouvante entre auteures et une interprète en arrière-scène.

Somme toute, on a passé un très bon moment, malgré l'inégalité entre certaines performances. Gros, gros coup de coeur pour les voix d'Anah Mario (Mouton de Panurge) et de Julyette Bo (L'Éloge de la naïveté) en début de soirée.

La Waterloise Marie-Jeanne Fontaine y a été tout en douceur pour son interprétation de Un voyage. Une force tranquille.

Mais Arnaud Quintal-Émard a littéralement volé le show tout juste avant l'entracte. Le Granbyen a de la graine de star. Décidément, il y a du talent dans la région.

Rappelons enfin que douze interprètes chanceux seront retenus pour enregistrer les douze meilleures chansons de cette sixième cuvée sur le troisième album de Jamais Trop tôt, qui sera disponible en 2017.

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