«Une oeuvre à l'image de l'homme»

«Si André n'avait pas été là, je crois... (André Pichette, archives La Presse)

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«Si André n'avait pas été là, je crois bien que les Contes pour tous n'existeraient pas», dit le producteur Rock Demers.

André Pichette, archives La Presse

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Granby) «Le génie cinématographique d'André n'avait d'égal que son humilité et son humour.»

C'est en ces mots que le producteur Rock Demers rend hommage à son fidèle collaborateur pendant plus de 30 ans, mais aussi grand ami André Melançon, décédé mardi à l'âge de 74 ans après avoir perdu son combat contre la leucémie.

«J'ai rencontré André pour la dernière fois à la fin du mois de mai, raconte le producteur qui réside à Valcourt. Il m'a demandé si j'acceptais de venir le voir et passer une ou deux heures avec lui. Il savait que sa fin était proche, mais il disait quitter ce monde de façon sereine après avoir eu une vie bien remplie.»

«Et malgré sa grande faiblesse physique, il demeurait l'homme rempli d'humour que j'avais toujours connu. On s'est rappelé des souvenirs des voyages qu'on avait faits ensemble en Belgique, en Italie, etc., on s'est remémoré nos films, on s'est rappelé des moments cocasses qui nous étaient arrivés...»

Bien qu'attristé par la nouvelle, Rock Demers garde en tête le souvenir d'un homme «à l'humanisme exceptionnel» et avec une «sensibilité touchante».

«Il démontrait une chaleur incroyable dans sa façon de communiquer avec les gens. Il savait se mettre à leur niveau, était toujours 100 % présent lorsqu'il s'adressait à eux et n'oubliait jamais un prénom», souligne-t-il.

Le réalisateur idéal pour diriger des enfants

C'est notamment ce qui faisait de lui le réalisateur idéal pour diriger des enfants sur un plateau et aller chercher le meilleur de chacun, croit-il. «Si je n'avais pas eu André comme réalisateur, je n'aurais pas produit La Guerre des tuques, admet-il. Des coupures importantes dans le budget nous avaient forcés à ne prendre aucun acteur professionnel... André était le seul à pouvoir faire ce film-là dans des conditions comme ça.»

«Si André n'avait pas été là, je crois bien que les Contes pour tous n'existeraient pas», ajoute-t-il du même souffle. C'est donc dire l'apport exceptionnel du réalisateur au cinéma québécois...

M. Demers, des Productions La Fête, n'hésite pas à qualifier le cinéaste de «génie» qui a su faire rayonner des oeuvres québécoises partout dans le monde.

Le producteur a contribué à plusieurs films cultes d'André Melançon, dont les célèbres La Guerre des tuques et Bach et Bottine - des oeuvres «gravées pour toujours dans la mémoire des Québécois» qui ont connu une carrière internationale florissante, a-t-il soutenu.«Imaginez, Bach et Bottine a été vu par 40 millions de personnes en ex-URSS, par 300 millions de personnes en Chine. Il a été six mois à l'affiche dans un cinéma sur les Champs-Élysées à Paris! (...) C'est phénoménal», a aussi confié M. Demers à La Presse canadienne mercredi. «Ses films parlent des difficultés de la vie, mais en même temps on s'amuse comme des fous... Son oeuvre est vraiment à l'image de l'homme qu'il a été», conclut Rock Demers.

- Avec la collaboration de La Presse canadienne

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