Variations envoûtantes

Simon Daniel a bouclé la boucle en concluant... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Simon Daniel a bouclé la boucle en concluant cette demi-finale sur une très bonne note. Un style pop auquel se marient le folk, le rock progressif et parfois le jazz, unique, facile d'écoute et dans nos cordes.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Avant le dévoilement des finalistes, les six derniers demi-finalistes du Festival international de la chanson de Granby ont joué leurs cartes samedi soir, et on a eu droit à un petit peu de tout.

Il y avait quelque chose de fascinant à regarder Kelly Lefaive et Joëlle Westman sur scène. L'une est francophone, l'autre est anglophone. L'une joue du violon, l'autre de la guitare. Pourtant, elles sont le miroir l'une de l'autre, une image plus frappante encore quand elles se regardent, comme si elles chantaient l'une pour l'autre. Le duo Georgian Bay, qui tient son nom de la région dont il est originaire, nous a proposé quelque chose de totalement différent de ce que nous avons entendu depuis le début du festival, y compris une chanson sans autre accompagnement que le claquement de leurs mains ou de leurs pieds. Un son celtique, voire céleste, qui hypnotise et rappelle un doux songe. Les deux ménestrels ont chanté la féminité et la nature, l'Océan, L'hiver et le Roi, qu'elles ont enrobés d'harmonies lyriques et envoûtantes.

Dès les premières notes de Magané, on s'est laissé entraîner par la voix rauque et même suave de Matt Boudreau, un rocker rêveur et romantique. L'auteur-compositeur-interprète de Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick, avait des compatriotes acadiens dans la salle, qui agitaient fièrement des drapeaux aux couleurs de chez eux en guise de soutien. Le lauréat du Gala de la chanson de Caraquet et du Sommet de la chanson de Kedgwick en 2015 a ensuite enchaîné avec Gin Thuya, qui a enflammé la salle, avant de terminer en douceur avec La routine.

L'énergique Almatois Alexandre Larouche a par la suite repris le collier, et on ne parle pas de l'énorme bijou qu'il portait lors de sa prestation. Verbomoteur, talentueux, l'ancien chanteur du groupe Blond Cerise nous a livré un trio de chansons solides et accrocheuses, Le Métro de Babylone, Jaguar Bleu Marin et Neverland. Si, pour citer Larouche, «tout le monde est comme un Peter Pan qui cherche son Neverland», nous pouvons affirmer que l'artiste, lui, est loin d'être un enfant perdu.

Belle cuvée

Assis avec sa guitare, sa longue tignasse et son charisme particulier, Raphaël Dénommé est un rocker, un vrai, qui donne dans le «castor-blues-québécois» avec un plaisir évident. Comment décrire le Varennois, qui a terminé troisième à Trois-Pistoles en chansons dans la catégorie auteur-compositeur-interprète l'an dernier? On pourrait dire une chimère composée d'un peu de Dédé, d'un peu de Plume, d'un peu de Mononc' Serge, mais ça serait catégoriser son style pourtant bien à lui.

L'auteur-compositeur-interprète de Varennes, véritable entertainer, a le sens de la fête et il nous a fait taper du pied, surtout avec l'excellente Le Cash sort. Un registre pas piqué des vers (verres!), qui nous donne plus l'impression d'être dans un bar que dans un concours de chanson. Étant donné que plusieurs candidats ont donné dans le genre cette semaine, on peut assurément parler d'une cuvée cette année...

Kyra Shaughnessy nous a par la suite amenés dans un autre univers. Malgré la charge émotive du morceau, la musicienne a rendu de façon plutôt statique sa première pièce, Si, inspirée de la tragédie du Lac-Mégantic, région d'où elle est originaire. Idem pour Cette fois et Paroles de paix: le côté stoïque de la performance contrastait avec la profondeur et le message des paroles de ses odes. Il ne fait aucun doute, toutefois, que la diplômée de l'École nationale de la chanson est une parolière hors pair, forte de plusieurs années d'expérience dans l'univers de la poésie parlée.

Simon Daniel a bouclé la boucle en concluant cette demi-finale sur une très bonne note. Un style pop auquel se marient le folk, le rock progressif et parfois le jazz, unique, facile d'écoute et dans nos cordes. En un mot: planant. Demi-finaliste aux Francouvertes cette année et récipiendaire de quatre prix à la FrancoFête en Acadie en novembre dernier, celui qui a lancé un mini-album, le EP jaune, l'automne dernier, nous a servi Changer, Soif et Voyageur. Vu son jeune âge, on peut imaginer qu'il développera au fil du temps son fort potentiel démontré à Granby.

On avait impatiemment attendu le retour de Caroline Savoie en terres granbyennes. L'attente avait valu le coup puisque la grande gagnante du concours de l'an dernier, qui a depuis enregistré son premier album, est toujours aussi attachante et candide malgré son entrée dans la cour des grands. «Ça fait drôle parce qu'il y a un an j'étais ici, mais j'étais pas ici comme invitée, j'étais ici comme une madame dans un concours», a-t-elle lancé. La magie a de nouveau opéré.

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