Rick Haworth au service de la relève musicale

Depuis cinq ans, Rick Haworth fait partie du... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Depuis cinq ans, Rick Haworth fait partie du band maison du Festival de la chanson. «Il s'agit maintenant d'un de mes gigs préférés dans l'année», souligne celui qui a accompagné dans sa carrière plusieurs gros noms de l'industrie, dont Isabelle Boulay, Michel Rivard, Paul Piché et Daniel Bélanger.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Convaincre Rick Haworth de se laisser photographier pour agrémenter cet article n'a pas été chose facile. Le musicien d'expérience, habitué de laisser toute la place aux nombreux chanteurs qu'il accompagne, a finalement accepté de se faire croquer le portrait, le visage à moitié dissimulé derrière une superbe guitare datant de la fin des années 1920. En est ressorti un cliché où le regard perçant du sujet témoigne de sa passion pour ce qu'il considère «le meilleur job au monde».

Rick Haworth baigne dans la musique depuis toujours. «Dès l'âge de cinq ans, je jouais de quelque chose», raconte-t-il. Sa passion a grandi avec lui, à travers de nombreuses sessions entre amis, puis lors de spectacles dans des bars à la sortie de l'université.

Le musicien a débuté sa carrière aux côtés de Steve Faulkner. C'était il y a près de quarante ans. Il a ensuite accompagné Michel Rivard et Paul Piché, avec qui il collabore encore à ce jour. Zachary Richard, la révélation country Yoan, Laurence Jalbert et Daniel Bélanger figurent aussi sur son impressionnante liste de collaborations.

Faire partie du band d'un interprète est un art, révèle le guitariste aguerri. Pour lui, il faut jouer en donnant l'âme du chanteur à l'instrument. «Par exemple, j'ai joué souvent pour Isabelle Boulay, illustre Haworth. Eh bien, je dois jouer comme si c'était Isabelle elle-même qui joue.»

La présence de musiciens sur scène est aussi apaisante pour un artiste. «C'est important qu'il soit bien sur scène, qu'il sache qu'il peut s'accoter sur son band. C'est comme ça qu'il peut performer à son meilleur.»

Accompagner la relève

Rick Haworth en est cette année à sa cinquième participation dans le band maison du festival. Une opportunité qu'il avait envisagé de refuser à l'époque, mais dont il ne regrette absolument rien. «On m'a convaincu, et c'est bien parce qu'il s'agit maintenant d'un de mes gigs préférés dans l'année», souligne-t-il.

«C'est cool de voir une autre génération, mais c'est aussi réconfortant de voir une continuité. Dans la musique il y a un renouvellement, une évolution, poursuit l'artiste. En même temps, c'est le fun de voir des choses qui reviennent ou qui restent. En répétition, des fois, on fait des trucs des années 1980 que j'avais connus dans le temps!»

La principale différence entre ses collaborations à long terme avec des artistes qu'il accompagne en studio et en tournée et celle qu'il mène avec les participants au concours de chanson demeure le facteur temps. «C'est à peu près la même affaire, mais dans un laps de temps ultra-condensé. Chaque chanson est jouée cinq ou six fois avant qu'on le fasse devant public, sauf si elle est un peu plus complexe», explique celui qui, en une dizaine de jours, peut apprendre jusqu'à une soixantaine de nouvelles chansons.

Avec le recul, Rick Haworth a appris à «prendre ça cool». S'il ne croit pas avoir un rôle de mentor auprès des semi-finalistes du festival, il se reconnaît cependant en eux. «Quand t'es jeune, tu veux tout montrer, tu veux prouver tout ce que tu sais faire, explique-t-il. Aujourd'hui, je n'en ressens plus le besoin. Je fais ce que j'ai à faire.»

Il se réjouit de voir que la relève d'aujourd'hui, même si elle rêve grand, a aussi les pieds sur terre. «Le rêve du gros cash a disparu. C'est difficile de tourner à la radio, c'est difficile de se faire une place comme artiste, affirme-t-il. Je leur dis toujours que même si tu gagnes Granby, ça ne t'assure pas une carrière. Mais ça ne veut pas dire que si tu ne gagnes pas Granby, que tu n'en auras pas une. Cette job-là est tellement difficile, que la seule raison pour faire ce métier-là, c'est qu'il faut que tu la fasses.»

Par ailleurs, Rick Haworth garde contact avec certains participants après leur passage à Granby. Il est un grand fan de Rosie Valland. Il a travaillé avec Safia Nolin et Mathieu Rancourt, pour ne nommer que ceux-là. «L'énergie de ces kids-là... ça me nourrit. Ça me rappelle pourquoi je suis dans cette business-là.»

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