«Le Festival de la chaise musicale»

«Il y a tellement de monde ici qui... (Catherine Trudeau)

Agrandir

«Il y a tellement de monde ici qui aime la musique cajun, c'était magnifique», témoigne le musicien louisianais David Greely, qu'on voit ici en plein jam session.

Catherine Trudeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(Sutton) Les organisateurs du Festival de violon traditionnel de Sutton, qui se tenait du 11 au 14 août, ont dû faire preuve de débrouillardise pour que les spectacles aient lieu comme prévu.

Un défaut de fabrication du chapiteau principal les a d'abord menés à revoir complètement la configuration des scènes, en plus du temps pluvieux qui a attiré moins de visiteurs qu'espéré. Pendant qu'il pleuvait des cordes, celles des violoneux vibraient pour offrir des prestations intimistes aux spectateurs réunis dans la salle Alec et Gérard Pelletier.

C'est dans cette salle de formule cabaret que s'est déroulée la grande majorité des spectacles prévus à la programmation. Un défaut de fabrication du chapiteau a empêché l'organisation de l'installer comme prévu dans le Parc des Vétérans et d'en faire sa scène principale. «Il a fallu réorganiser le festival au grand complet», rapporte le directeur artistique, Pascal Gemme.

«Cette année on avait plus d'espace, mais vu qu'il a plu, on a eu besoin de ne refuser personne (dans la salle Alec et Gérard Pelletier)», se console-t-il. «Ça a fait un festival plus intime, c'était vraiment super du point de vue humain.» La salle, d'une capacité de 120 places, était remplie la plupart du temps.

Faute de chapiteau - une nouveauté de la 3e édition -, les activités prévues au Parc des vétérans ont dû être annulées. Le Festiconte s'est déroulé au Musée de Sutton tandis que le Festival des enfants a déménagé dans l'église Saint-André. Les leçons d'initiation au violon ont été si populaires auprès des tout-petits que 5 violons supplémentaires ont dû être utilisés.

La Chaise musicale, qui invitait les musiciens amateurs à se produire sur scène dimanche après-midi, a été un succès. «C'est vraiment varié. Il y a de la musique bretonne, de la musique québécoise. Beaucoup de jeunes! Il y a eu un homme de 90 ans, aussi, qui est venu jouer de l'harmonica. C'est vraiment un beau mélange intergénérationnel», résume la responsable de l'activité, Catherine Planet.

Musiciens ravis

Tous s'entendent pour dire que le moment fort du festival a été le grand concert du samedi soir, dans l'église Saint-André. «C'était comme à l'ancienne mode», évoque Pascal Gemme, en se remémorant la soirée.

Le conteur Jocelyn Bérubé et plusieurs violoneux se sont succédé sur l'autel, offrant des performances acoustiques fort appréciées.

«Il y a tellement de monde ici qui aime la musique cajun, c'était magnifique», témoigne le musicien louisianais David Greely. Le violoneux professionnel a participé au grand concert, en plus d'offrir des prestations du jeudi à dimanche.

«C'était incroyable, ça me surprend! Parce que la musique cajun ne va pas aussi vite que la musique d'ici. On ne joue pas aussi vite que vous autres et nos thèmes de chansons, c'est triste, c'est comme du blues», relate le musicien, qui ne s'attendait pas à une aussi bonne réponse du public québécois à ses airs de La Nouvelle-Orléans. Il compte d'ailleurs emporter des mélodies québécoises dans ses bagages en guise d'inspiration pour de futures compositions.

Le groupe Artiq Session et le trio JF Bélanger, pour leur part, auront donné leurs meilleures performances à vie au Festival de violon traditionnel de Sutton, de l'avis de plusieurs. «Ç'a été une révélation pour eux de se rencontrer», rapporte Pascal Gemme, évoquant la fusion harmonieuse entre leurs mélodies irlandaises et baroques.

Demi-succès

Environ 500 visiteurs ont foulé le site entre jeudi et dimanche, alors qu'ils étaient au moins 2000 lors de l'édition précédente. La journée la plus courue a été le samedi, avec près de 300 entrées.

Le directeur général de l'événement, Jean de Grosbois, ne s'en cache pas: il s'attendait à une plus forte participation. «Ça a été le Festival de la chaise musicale!», lance-t-il.

 «Les participations payantes, ceux qui ont acheté des billets et des passeports, ont été au-delà de mes espérances», a cependant tenu à préciser le DG.

Des gens des États-Unis, de partout au Canada et de la France étaient de la partie.

Violons du monde en 2017?

Et, bonne nouvelle: les amateurs peuvent déjà inscrire l'événement à leur agenda en 2017. «Étant donné qu'on a une réserve, c'est sûr qu'on a un festival l'an prochain!», confirme Jean de Grosbois, faisant allusion aux surplus financiers engrangés lors des dernières éditions. Le directeur général compte d'ailleurs bâtir une programmation bien particulière à l'occasion du 150e anniversaire du Canada.

«J'ai déjà en vue des groupes iraniens», glisse-t-il, parlant aussi de prestations avec des instruments traditionnels chinois et amérindiens. Le fondateur du Festival espère pouvoir mettre la main sur une subvention de Patrimoine Canada pour concrétiser ses projets.

«On va pouvoir appeler ça le festival INTERNATIONAL de violon traditionnel, éventuellement» s'exclame-t-il, confiant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer