L'art en version... industrielle

Pour son nouveau projet, la photographe Catherine Trudeau... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Pour son nouveau projet, la photographe Catherine Trudeau a dirigé son oeil vers des bâtiments industriels de la région.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) La photographe Catherine Trudeau n'est jamais à court d'idées. Son dernier projet en lice allie l'art visuel à la réalité industrielle de la région. Son nom: La machinerie de l'Imaginaire.

«Les gens m'identifient beaucoup au portrait, mais je fais aussi des photos d'architecture et de paysage. J'avais donc envie de faire une série sur l'architecture, en travaillant la lumière et la couleur, en allant plus loin qu'à l'habitude. C'est un peu plus fou», laisse entendre la Granbyenne.

Fou?

«Je me suis inspirée de la magie de Willy Wonka (NDLR: personnage du film Charlie et la chocolaterie) dans la création. On met de la vie dans un monde souvent gris et métallique.»

Non, dit-elle, les usines choisies n'étaient pas toujours connues. Certaines n'étaient pas très jolies non plus. Mais Catherine arrivait à voir leur potentiel artistique.

Prises aux extrémités du jour - tôt le matin ou avant le coucher du soleil -, à l'aide de filtres et d'une lentille spéciale qui modifie la perspective, les photos de Catherine seront éclatées et souvent très colorées.

Si les industries étaient un peu hésitantes au début, le projet a fait boule de neige. C'est finalement 23 industries - dont Topring, Agropur, Createch, Laiterie Chagnon et le CITIG - qui seront immortalisées dans La machinerie de l'Imaginaire (à ne pas confondre avec la pièce Les machineries de l'imaginaire, dont Catherine ignorait l'existence).

Si c'est possible, l'artiste essaiera de traiter chaque photo en lien avec les activités de l'usine. La photo de la Laiterie Chagnon pourrait bien, par exemple, être surmontée d'un ciel tout blanc parsemé de nuages noirs... comme une vache. «Pour la fromagerie d'Agropur, je songe à remplacer le sol par une étendue de lait», illustre Catherine, en précisant qu'elle en est encore à l'étape de la création.

Traitement surréaliste

Amorcées au début du mois de juin, les séances de photographie sont sur le point de se terminer. S'amorcera ensuite le long travail de traitement des images, à raison de quelques heures par jour durant deux mois. «On les imprimera toutes en petit format pour voir d'abord ce que ça donne, avant d'imprimer les photos finales.»

La photographe indique que les industriels auront leur mot à dire sur le produit fini. «Dans ce projet, je ne crée pas juste pour créer. C'est un partenariat avec des entreprises. C'est la moindre des choses qu'ils voient de quoi aura l'air leur usine, étant donné qu'ils nous prêtent leur image», dit-elle.

Elle assure cependant que malgré le traitement surréaliste qu'elle ajoutera à la photo originale, il sera toujours possible de reconnaître les installations.

L'exposition, qui prendra l'affiche du 4 novembre au 4 décembre au Centre culturel France-Arbour à Granby, promet aussi d'être différente. Parole de Catherine Trudeau, il faudra s'attendre à un «splash» de couleurs, à des images de formats variés, à une installation dynamique - «Ce ne sera pas juste installé aux murs; il y aura des surprises» - et à des informations sur chacune des usines en vedette.

De son propre avis, cette expérience lui a permis de découvrir à quel point le secteur industriel est présent dans la région. Une découverte qu'elle souhaite maintenant partager avec le public d'ici et d'ailleurs.

«J'aimerais faire circuler l'art et la réputation industrielle du coin», fait-elle remarquer. Une galerie d'art de Montréal est notamment dans sa mire.

Le hic, ajoute l'artiste, c'est qu'être diffusé demande beaucoup de démarches, de contacts... et de sous. D'où son idée de lancer une campagne de sociofinancement dont l'objectif est d'amasser 1000$ d'ici le 25 septembre prochain. Mardi après-midi, des donateurs lui avaient déjà consenti 730$ pour l'aider à imprimer ses oeuvres et les présenter dans diverses salles d'exposition. Cet argent vient s'ajouter à la bourse de 5000$ que son projet a reçue de la part de la Ville de Granby.

Les personnes désireuses de participer à sa campagne peuvent visiter le www.yoyomolo.com/exposition-la-machinerie-de-limaginaire

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