Benoit Paquette : l'homme aux (presque) 100 voix

Dans son spectacle, Benoit Paquette propose une cinquantaine... (tirée du site web de Benoit Paquette)

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Dans son spectacle, Benoit Paquette propose une cinquantaine d'imitations en 90 minutes.

tirée du site web de Benoit Paquette

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Depuis ses débuts dans un «bowling-bar» d'Henryville, l'imitateur Benoit Paquette a roulé sa bosse partout au Québec. Pour souligner ses 20 ans de carrière, il s'installe au Théâtre des Tournesols de Cowansville tout le mois d'août, seul sur scène, mais avec la voix des autres. Des dizaines d'autres!

«C'est un spectacle d'imitations et de variétés. J'ai créé deux personnages, mais je fais des chanteurs québécois et français, des humoristes, des animateurs. Les gens entendront aussi une parodie de l'émission La Voix avec des imitations en rafale. En tout, j'offre une cinquantaine d'imitations en 90 minutes.»

Le public y reconnaîtra notamment Louis-José Houde, Pierre Lapointe, Alex Nevsky, Stromae, Les Trois Accords, Dan Bigras et Francis Cabrel. Mais aussi Mike Ward, Sugar Sammy, Jean-François Mercier, André Sauvé et Dany Turcotte qui, chaque fois, suscitent de fortes réactions, laisse-t-il entendre.

L'idée de s'installer plusieurs soirs dans la même salle le ravit. «J'adore ça. Je l'ai déjà vécu au Théâtre du Rideau Vert et au Vieux Clocher de Magog. Ça devient comme ta deuxième maison où tu laisses ton matériel et tu barres la porte en sortant! Ce spectacle d'été m'a aussi poussé à écrire de nouveaux numéros. Je suis en pleine mémorisation en ce moment.»

Ne cherchez pas le nom du spectacle cependant; Benoit Paquette y réfléchit encore. «J'ai deux choix, dit-il. Soit On a juste une voix à vivre ou Copié-collé... Je devrais faire un concours pour me décider!», lance-t-il. Mais peu importe le nom qu'elle aura, cette nouvelle production tournera dans les petites salles du Québec, assure le principal intéressé, en ne cachant pas que l'industrie n'est pas toujours facile pour les artistes qui ne sont pas des «A».

Car même s'il vit de son métier depuis 20 ans - en faisant de la scène, de la radio et de la télé - certaines périodes ont été plus difficiles, le poussant même à cesser de faire des spectacles durant plusieurs années. «J'ai passé bien près de lâcher le métier en 2005. Puis, en l'espace d'un mois, on m'a contacté pour collaborer à l'émission Et Dieu créa... Laflaque et à la production Revue et corrigée. Ça a fait du bien!», raconte-t-il en soulignant qu'au Québec, mieux vaut ne pas se mettre de barrière en tant qu'artiste.

Il a quitté Revue et corrigée en 2014, il revient à l'automne au sein de l'équipe de ce qui est devenu Ici Laflaque, et on peut l'entendre à l'émission de radio humoristique hebdomadaire À la semaine prochaine. En comptant les spectacles corporatifs et le nouveau show en production, l'homme a maintenant de quoi s'occuper.

Surtout quand on sait que Benoit Paquette écrit tous les textes et les parodies de chansons de ses spectacles, du premier au dernier mot, consultant au besoin les auteurs Nicolas Forget et Janel Leclerc.

Quant aux voix, il les choisit et les peaufine scrupuleusement. Son répertoire atteindra bientôt le chiffre magique de 100. «Je suis très minutieux. Au fil des ans, j'ai atteint un bon niveau de justesse et je ne veux pas régresser. J'ai certaines nouvelles imitations que je ne présenterai pas tant qu'elles ne seront pas prêtes.» Il teste d'abord l'efficacité de ses pastiches à travers son entourage immédiat, mais c'est toujours le public, fait-il remarquer, qui a le dernier mot.

Reste qu'à l'impossible, nul n'est tenu. Certaines voix lui demeurent inaccessibles. «Côté octave, je peux monter haut, mais il y a quand même des limites.»

Cela explique notamment pourquoi les imitations de femmes ne font pas partie de son répertoire. À l'exception, dit-il, d'une parodie de Denise Filiatrault.

Un don

Il admet qu'à la base, son talent est un don. «J'ai la mémoire des sons. J'entends un son et je peux le reproduire. Il y a des familles de voix. Certaines, comme celle de François Bellefeuille par exemple, sont plus difficiles à imiter, tandis que d'autres ne demandent que quelques secondes à saisir», explique Benoit Paquette, qui constate que sa technique est meilleure et sa voix plus puissante au fur et à mesure qu'il vieillit.

Pour rendre ses personnages plus vrais que nature, tout est question d'écoute, d'observation et de répétition, dit-il. Au-delà de leur voix, il y a la posture, l'attitude et les gestes propres à chacun. «Le corps fait partie de l'ADN de la voix. Mon job, c'est d'abord un travail d'acteur.»

Sa façon de travailler a d'ailleurs changé en mieux depuis qu'il a déménagé ses pénates à la campagne. Dans son bureau isolé du reste de la maison, Benoit Paquette peut s'époumoner tant qu'il veut et répéter ad nauseam la même imitation sans craindre de déranger qui que ce soit. «Depuis que j'ai mon spot, je suis beaucoup plus productif», dit-il, en confessant qu'il lui est souvent arrivé de pratiquer dans sa voiture, parfois même carrément dans sa tête. «En ne pratiquant pas à haute voix, j'avais comme un blocage une fois sur scène. Maintenant, je peux me défouler!»

Et devenir sans cesse meilleur.

Pour une bonne cause

Benoit Paquette collabore depuis quelques années avec l'Association Ces Voix oubliées, qui utilise le chant comme moyen d'intervention auprès de personnes souffrant de troubles en santé mentale. Le programme permet chaque année à 15 participants de suivre des cours de chant et de prendre part à toutes les étapes de création d'un CD et d'un concert.

Pour chaque billet de spectacle vendu au Théâtre des Tournesols, l'imitateur remettra 1 $ à Ces Voix oubliées.

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