Appel sauvage à l'Ancien Presbytère: les bêtes humaines

Laurie Gagné, Martin Gougeon, Patrick Goleau et Benjamin... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Laurie Gagné, Martin Gougeon, Patrick Goleau et Benjamin Déziel font vivre Appel sauvage, une seule et même histoire décomposée en multiples tableaux.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) CRITIQUE / La vérité, c'est qu'on s'est pointé au Théâtre de l'Ancien Presbytère cette année avec quelques a priori. La rumeur au sujet de la pièce Appel sauvage oscillait entre l'éloge dithyrambique et le jugement sévère. Deux heures et demie plus tard, on en est ressorti avec une opinion quelque part entre les deux.

Comme le titre le laisse présager, Appel sauvage se déroule dans un centre d'appels, théâtre de la vie quotidienne d'une faune qui n'a jamais vraiment perdu ses instincts primaires. Comme le souligne le narrateur en lever de rideau, toutes ces bêtes humaines multiplient les tactiques «pour se nourrir, se reproduire et déjouer leurs prédateurs».

L'idée même de transposer le règne animal dans la jungle du travail était un coup de génie de l'auteur et comédien Patrick Goleau. Avec un sujet aussi fertile en comparaisons et en images, l'Ancien Presbytère pouvait difficilement se tromper. L'analogie devenait alors un beau prétexte pour sonder la nature humaine et ses travers.

Stéréotypes

Nous voilà donc en présence de personnages volontairement stéréotypés comme le castor timoré, la louve maternelle, le tigre ambitieux, le rhinocéros bourru et la cougar en chaleur, autour desquels viennent se greffer quelques autres personnages secondaires, tous joués par le quatuor formé de Martin Gougeon (également coauteur et metteur en scène), Patrick Goleau, Laurie Gagné et Benjamin Déziel.

Ceux-ci avaient visiblement profité de quelques représentations précédant la première médiatique pour ajuster leur jeu et resserrer la mise en scène. Résultat: les saynètes étaient réglées au quart de tour.

Parlant de ces multiples tableaux - qui composaient une histoire unique -, on a parfois eu l'impression d'en voir trop. Peut-être aurait-on pu étirer quelques scènes pour les développer un peu plus. Et, par le fait même, en éliminer quelques-unes plus faibles (comme celle des toilettes avec ses jeux de mots trop faciles) ou moins «punchées».

Cela dit, le texte d'Appel sauvage nous a semblé plus abouti, moins immature que celui de C'est à ton tour, offert l'été dernier.

Du talent à revendre

Le talent de Martin Gougeon a été maintes fois salué ces dernières années, mais sa performance dans Appel sauvage ne laisse plus aucun doute. Dans son rôle de patron sous pression, hypertendu, «à boutte de toute», le comédien granbyen ne joue pas qu'à faire rire; il apporte aussi une dimension humaine et touchante à son personnage. C'est toutefois dans la peau de la mère exaspérée de «Victor le castor» qu'il montre pleinement la mesure de ses capacités comiques. Bidonnant!

Si toute la distribution tire son épingle du jeu avec brio, on tombe chaque fois sous le charme de Laurie Gagné, la seule fille du groupe, qui prend sans le moindre complexe toute la place qui lui revient.

Seule ou en groupe, la jeune femme fait montre d'une justesse de ton et d'un naturel fou. On n'a aucun mal à imaginer Mlle Gagné réussir à percer dans le monde de l'humour, un rêve qu'elle caresse ouvertement.

Plus discret, Patrick Goleau demeure néanmoins une valeur sûre pour le petit théâtre, qui profite de son talent à profusion depuis déjà quelques années.

Quant au «p'tit nouveau» Benjamin Déziel, on lui prédit un bel avenir. Sa confiance et son plaisir de jouer sont contagieux.

Tout ce beau monde évolue au son d'une trame musicale originale et dans un décor qui, encore une fois, défie les limites d'espace et de budget. Entre chaque numéro, suffit aux comédiens de bouger deux ou trois éléments, d'ajouter quelques accessoires et hop! un nouveau lieu et une nouvelle ambiance apparaissent.

Mis bout à bout, tous ces petits - et grands - détails forcent nécessairement l'admiration.

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