Mario Tessier: le raconteur performeur

« Je voulais un show avec du gras... (fournie)

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« Je voulais un show avec du gras autour de l'os. On rit beaucoup, mais c'est touchant aussi», affirme Mario Tessier.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Quand Mario Tessier retournera au Cabaret Eastman cette semaine, il aura l'impression d'être en terrain connu. C'est là qu'il a rodé le texte de son spectacle Seul comme un grand. C'est aussi la salle de son gérant Jean-Pierre Clairoux. Tout pour se sentir parfaitement à l'aise...

«C'est l'fun de revenir. J'aime les gros théâtres, mais les salles comme à Eastman permettent une belle proximité avec les gens. En spectacle, je me donne beaucoup. La sueur, la salive... Les gens vont recevoir mon ADN!», illustre l'humoriste en riant.

Depuis presque un an, Mario Tessier promène ce spectacle qui fait l'unanimité autant auprès du public que de la critique. Une situation qui, bien sûr, le ravit. «Les termes raconteur et performeur ressortent souvent dans les commentaires. Ce n'est pas du stand-up comique traditionnel avec un tabouret, même si je n'ai rien contre ça! Je voulais un show avec du gras autour de l'os. On rit beaucoup, mais c'est touchant aussi. J'essaie de ne pas surjouer, juste jouer», dit-il.

C'était bien clair qu'il ne souhaitait pas s'en tenir à une enfilade de blagues. Il voulait raconter. Un peu comme Yvon Deschamps faisait à l'époque. «Quand c'est une histoire, c'est facile d'être dans le moment présent. Je fais comme si c'était chaque fois la première fois que je la raconte. Parce que pour le public, c'est la première fois.»

Hyperactif, il danse aussi, et il chante un peu, par pur plaisir.

«Je ne peux pas concevoir qu'on puisse être blasé d'être sur un stage. C'est ce que j'aime le plus au monde. C'est un moment rare quand tout le monde vit la même affaire en même temps.»

On comprend que ce premier exercice solo comble déjà toutes ses attentes. «Je le referais exactement de la même façon!», assure-t-il.

N'empêche, il rêve déjà au prochain spectacle. «Je l'ai dans ma tête. Mon côté raconteur sera toujours là, c'est sûr. Mais j'aimerais avoir un genre de band avec moi pour mêler l'humour et la chanson. En fait, la bande sonore du spectacle serait jouée par des humains.»

Projets superposés

Mario Tessier a fait de la radio - beaucoup de radio -, de la télé et de la scène. Touche-à-tout autoproclamé, il avoue avoir l'âme d'un artiste de cabaret. «Je suis un performer.»

Dans son cas, les projets se succèdent, et souvent se superposent. Il anime sur TV5 l'émission Le P'tit cabaret, en ondes depuis le 26 juin. Avec trois filles dans sa vie, l'artiste se sent comme un poisson dans l'eau en compagnie des participants qui ont entre 6 et 16 ans. Pas question de les infantiliser. Ce qu'il souhaite, c'est leur offrir une expérience mémorable.

«Il n'y a pas de compétition, pas de prix à gagner. C'est juste un beau show où les jeunes se produisent dans plein de disciplines: le rodéo, le hip-hop, la magie... Ça me ramène à l'essentiel. Je retrouve à travers eux l'envie de communiquer que j'avais quand j'étais jeune», dit-il.

Un autre projet d'animation est dans l'air, cette fois sur les ondes de V. L'émission n'a pas encore de nom, mais le principal intéressé confie qu'il recevra chaque semaine un artiste invité - «un artiste que j'aime», précise-t-il - pour partir à la découverte de son univers musical. «On va faire chanter le Québec!», lance l'humoriste/animateur en prenant bien soin de ne pas trop en dévoiler.

Quant aux nostalgiques qui s'ennuient du duo des Grandes Gueules qu'il a partagé avec José Gaudet durant 20 ans, ils n'ont pas tout perdu. Depuis 2015, la chaîne Télétoon la nuit présente Les Grandes Gueules s'animent, une bande dessinée pour adultes qui met en images leurs meilleurs sketchs radio et du nouveau matériel. «On avait beaucoup de demandes pour une bande dessinée, mais on n'avait pas le temps. On ne voulait pas non plus que ce soit cheap. Et Les Grandes Gueules s'animent n'était pas cheap! On a tourné 26 épisodes et on en fera 13 autres bientôt. C'est même traduit au Canada anglais», rappelle Mario Tessier.

Vertige zéro

On pourrait croire que Mario Tessier a souffert d'un certain vertige lorsqu'il s'est retrouvé seul après toutes ces années de travail à deux. Le principal intéressé assure pourtant qu'il n'a pas connu cette sensation.

«Je n'ai jamais été là-dedans. Ça me trottait dans la tête depuis des années. J'avais envie de faire un spectacle solo. Je voulais me dépasser artistiquement, aller ailleurs. Ce n'est pas un show des Grandes Gueules, c'est mon show.»

Quand on lui demande ce qui lui manque le plus de son «ancienne vie», la réponse ne se fait pas attendre. «Rien! José, c'est mon chum. On se voit encore régulièrement. Autant lui que moi, on est content pour l'autre. Je suis le gars le plus chanceux du monde. Je suis choyé dans la vie et je n'ai pas l'impression de travailler.»

Même pas un peu? «Pas vraiment. Je ne suis plus stressé comme avant. Et dans tout ce que je fais, il y a une chose qui prime, c'est le respect du public.»

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