Entre mensonge et vérité

Henri Chassé, Danielle Proulx et Marc St-Martin offrent... (Christophe Boisseau-Dion)

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Henri Chassé, Danielle Proulx et Marc St-Martin offrent une solide performance dans Deux hommes tout nus.

Christophe Boisseau-Dion

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Bromont) CRITIQUE / Bernard Fortin nous avait promis - deux fois plutôt qu'une - que Deux hommes tout nus s'éloignerait du vaudeville trop souvent exploité au théâtre d'été. La pièce, avait assuré le metteur en scène, serait drôle et réfléchie. Si le titre à lui seul nous faisait douter, force est de constater que le metteur en scène avait plutôt raison.

Mise en situation: le très stable et respectable avocat Alain Maher s'éveille chez lui flambant nu - littéralement - aux côtés de son collègue Nicholas Rioux, tout aussi nu. Confus, surpris, ni un ni l'autre n'arrive à expliquer la scène. Lorsque Catherine, l'épouse de Maher, rentre à la maison, tout ce beau monde se confond en mensonges et en élucubrations.

«J'ai quand même le droit de ramener du travail à la maison», plaide même l'avocat à Madame pour se dépatouiller de sa (très) fâcheuse situation.

Qui dit vrai? Qui sait quoi? Qui manipule qui? C'est ce que l'invraisemblable Deux hommes tout nus s'applique à démontrer durant une heure trente, avec le thème de l'homosexualité au premier plan.

Si certains yeux et oreilles chastes risquent d'être un peu surpris, surtout dans les premières minutes, la majorité des spectateurs ne s'en formaliseront sûrement pas.

Disons-le, Deux hommes tout nus est une franche comédie, mais qui ne cherche pas à faire rire à tout prix. Non, les spectateurs ne se tapent pas sur les cuisses de façon ininterrompue. La pièce a toutefois le pouvoir - en fait, c'est sa principale force - de maintenir le public intrigué et attentif du début à la fin.

Détail non négligeable, la pièce est plantée dans un décor magnifique, qui s'anime joliment lors des transitions entre les scènes. Pour ne pas briser le rythme, la production a d'ailleurs eu l'excellente idée de sacrifier l'entracte. On aime.

On aime aussi le fait que Bernard Fortin ait adapté cette pièce d'origine parisienne à la réalité d'ici, tant sur le plan des dialogues que du traitement du thème. Avec quelques clins d'oeil en passant à Donald Trump... et à Saint-Paul-d'Abbotsford!

Bonnes performances

Soulignons également le brio des comédiens. Présent du début à la fin, Henri Chassé offre une solide performance dans son rôle «d'homo qui s'assume ou d'homo qui s'ignore». Plus habitué aux rôles dramatiques, il semble nager dans la comédie avec un plaisir assumé.

Danielle Proulx nous a semblé un peu hésitante lors de son arrivée dans le décor. L'immense comédienne n'a pas tardé, cependant, à retrouver son aplomb et à occuper toute la place à chacune de ses apparitions.

Pour nous, la surprise de la soirée aura été Marc St-Martin, un comique né qui s'en donne à coeur joie dans le rôle du jeune associé qui peine à comprendre dans quel pétrin il se trouve.

C'est pourtant lors de la brève apparition de Marie-Pier Labrecque, en séductrice légèrement vêtue et peu bavarde, que la salle s'esclaffe spontanément. Comme quoi, les mots ne sont pas toujours essentiels pour faire rire...

Conclusion: une pièce imparfaite, mais intrigante, bien jouée, et qui malgré un dénouement qui ne répond pas à toutes les questions, devrait plaire à bien du monde.

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