L'écrivain Michel Houellebecq met en scène ses obsessions

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L'écrivain français Michel Houellebecq

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Antoine Froidefond
Agence France-Presse
Paris

Scénographie, photos, vidéos, il a presque tout fait. L'écrivain français Michel Houellebecq s'expose à Paris, au Centre d'art contemporain Palais de Tokyo, dans une «installation» de 18 salles où il met en scène sa difficulté d'être et décline ses obsessions: le vide de l'existence moderne, le sexe...et la mort de son chien.

Kaléidoscope des pensées tourmentées de l'écrivain français le plus controversé, l'exposition est intitulée Rester vivant, qui est aussi le titre d'un de ses recueils. Elle s'ouvre sur une photo de soleil levant ou couchant où s'inscrit une phrase énigmatique, la première d'une série: «Il est temps de faire vos jeux».

Au fil de ces «chambres poétiques», selon l'expression de Jean de Loisy, président du Palais de Tokyo, on découvre une collection de sets de tables touristiques, un bar - où l'on pourra fumer et boire de la bière - , un «tombeau» dédié à son chien Clément, une machine qui mélange des encres. «Une salle par obsession», résume l'enfant terrible des lettres françaises.

Paysages

Beaucoup de photos et beaucoup de paysages. On savait Michel Houellebecq bon photographe et la place que tient ce médium dans sa vie. Aux péages d'autoroutes et aux grands ensembles d'Avalon, près de Paris, ou il a passé son enfance, succèdent des paysages désertés et poussiéreux autour d'Almeria (Espagne), des images bucoliques de la Dordogne (sud-ouest de la France). Et des vaches, un des animaux favoris de l'auteur des «Particules élémentaires».

Au milieu d'un charmant petit village pointe l'enseigne d'un célèbre hard-discounter. Une photo dont l'écrivain confie qu'«il a eu beaucoup de mal à la caser dans l'expo». Pas de présence humaine apparente en ces lieux. «Dans son ensemble, le monde fonctionne dans un silence terrible», dit Houellebecq, 60 ans, dans le catalogue de l'exposition.

Érotique

Les seuls êtres vivants sont des portraits très classiques de jolies jeunes femmes dénudées ou en tenue SM, dont son ex-femme Marie-Pierre. «Je ne crois pas que la vérité d'un être humain puisse être résumée avec une photographie», dit le romancier, qui fait davantage confiance à la peinture.

Michel Houellebecq présente aussi «La Rivière», film soft et champêtre, où d'autres jeunes femmes se livrent à des jeux érotiques, au bord de l'eau.

Clément

«J'ai très peu photographié ma vie, mai je pense que j'ai photographié ce qui a compté: quelques femmes et un chien», dit Michel Houellebecq. Une salle entière est consacrée à Clément, son Welsh Corgi Pembroke au pelage roux et blanc, symbole de l'amour absolu pour l'écrivain. Au mur des aquarelles peintes par Marie-Pierre et des photos, au centre une table étroite sur laquelle sont exposés tous les jouets de Clément. Tels de dérisoires ex-voto.

Dans la salle voisine, un diaporama de photos du Corgi défile sur une belle chanson d'Iggy Pop. On est au coeur de l'ambiguïté de Houellebecq : difficile de déterminer la part d'authenticité et la part de provocation.

Invités

Un grand réservoir de verre entouré de tuyaux. Baptisée «Chimica Matrix», cette mystérieuse machine trône dans une salle circulaire. Conçue par l'artiste Renaud Marchant, elle injecte des encres de couleurs dans de l'eau, créant d'étranges paysages.

Dans une autre salle, trônent sur une table fioles, bonbonnes, récipients de laboratoires en verre: la trentaine d'ingrédients (eau, azote, graphite, sodium...) nécessaires pour fabriquer un être humain. La liste et les proportions sont affichées sur le mur.

Autre invité, le peintre Robert Combas, un ami de Houellebecq. Outre une dizaine de toiles, un surprenant artefact: le romancier l'a convaincu de faire transporter, de son atelier dans l'exposition, une pièce refuge, encombrée de papiers, disques, journaux et restes de peinture, où seul l'artiste a le droit de pénétrer.

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