Féniens contre Écharpes rouges : une histoire passionnante!

À l'occasion du 150e anniversaire des invasions irlandaises... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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À l'occasion du 150e anniversaire des invasions irlandaises en sol canadien, l'historien Laurent Busseau lançait le livre Les Féniens arrivent..., dimanche, au Musée Missisquoi de Stanbridge East.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Marie-Élise Faucher
La Voix de l'Est

(STANBRIDGE EAST) À l'occasion du 150e anniversaire des invasions irlandaises en sol canadien, l'historien Laurent Busseau lançait le livre Les Féniens arrivent..., dimanche, au Musée Missisquoi de Stanbridge East. La parution du récit illustré s'ajoute à une série d'activités à saveur historique qui auront lieu dans la région au cours de l'année.

Ces «Féniens qui arrivent», ce sont les 400 volontaires américains d'origine irlandaise qui ont franchi la frontière à Eccles Hill pour envahir le Canada, en 1866. «Ils pensaient que ça libérerait l'Irlande du joug de la Grande-Bretagne», précise Jacqueline Côté, de la Société d'histoire de Missisquoi. Face à eux, une quarantaine d'agriculteurs locaux portant l'écharpe rouge se sont regroupés pour combattre l'envahisseur.

«Pendant trois jours, on était une colonie irlandaise», mentionne l'auteur, expliquant que la Confrérie secrète irlandaise The Fenian Brotherhood avait eu le temps de planter son drapeau avant l'arrivée des fermiers canadiens, aujourd'hui surnommés «The Red Sashes» (Les Écharpes rouges). Une bière artisanale de la Brasserie Dunham a d'ailleurs été nommée en leur honneur.

Cette tranche d'histoire locale est sous-estimée, selon Laurent Busseau. «Sans les Irlandais, il n'y a pas de Confédération», dit-il. Le combat entre les miliciens canadiens et les insurgés irlandais aura effectivement fait réaliser aux Canadiens qu'ils devaient s'unir pour combattre.

Afin que les jeunes se renseignent sur l'histoire qui a forgé la région, une copie du livre sera distribuée dans chaque bibliothèque scolaire de Brome-Missisquoi.

«Un vrai roman d'espionnage»

Il aura fallu 7 ans de recherche et 9 mois d'écriture à Laurent Busseau pour mettre au monde son bouquin, qui contient une foule d'informations inédites. «Par exemple, les témoignages des gens de la région que j'ai retrouvés dans un document de 1901 classé top secret, qui était destiné aux gouvernements américain et britannique», cite-t-il.

On y apprend aussi que des auteurs français comme Jules Vernes ont choisi les Irlandais comme héros de leurs romans. «La naissance des premiers services secrets canadiens où on aimait utiliser les prostituées pour contrôler les Féniens, des anecdotes qui touchent à la fois la région, mais aussi l'histoire internationale: c'est un vrai roman d'espionnage, en fait!», résume l'auteur, qui réside à Dunham.

Laurent Busseau se plaît en tant qu'historien sans frontière, puisqu'il n'est soumis à aucune censure ni limite dans l'histoire. «C'est de redonner à l'histoire sa place dans la région pour la comprendre. Parce que l'histoire des Irlandais d'hier, c'est l'histoire des Syriens d'aujourd'hui. C'est des bateaux, des boat people, c'est des intégristes. C'est aussi la culture politique canadienne», fait-il remarquer.

Le livre est disponible en version française ou anglaise au Musée Missisquoi ou chez l'éditeur, Histoire Québec.

Tournée des cimetières

Le Musée Missisquoi souligne le 150e anniversaire des invasions irlandaises en lui consacrant son exposition 2016. Les visiteurs sont admis tous les jours de 11 h à 16 h 30.

D'autres activités se tiendront relativement à ce thème, dont une tournée de trois cimetières où reposent des «Écharpes rouges» et une conférence de Laurent Busseau. Les dates seront annoncées prochainement.

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