La procédure d'extradition de Polanski est relancée

Roman Polanski... (Archives Associated Press)

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Roman Polanski

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Michel Viatteau, Bernard Osser
Agence France-Presse
Varsovie

Le pouvoir conservateur polonais a rouvert la procédure d'extradition du cinéaste franco-polonais Roman Polanski vers les États-Unis, où il est poursuivi pour le viol d'une mineure en 1977, a annoncé mardi le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro.

Cette initiative semble s'inscrire dans l'orientation générale du gouvernement populiste de Droit et Justice (PiS) qui déclare mener une oeuvre d'assainissement du pays en prenant pour cible les élites libérales.

Le ministre, qui est aussi procureur général, a indiqué qu'il allait contester devant la Cour suprême «une décision du tribunal de Cracovie de ne pas remettre M. Polanski aux États-Unis alors qu'il est accusé d'un crime cruel contre un enfant, le viol d'un enfant», a-t-il dit à la radio publique.

Le pourvoi en cassation a été présenté la semaine dernière à la Cour suprême (qui remplace en Pologne la Cour de cassation) et celle-ci devrait prendre une décision finale en audience publique au mois d'août, a indiqué à l'AFP un de ses porte-paroles, Krzysztof Michalowski.

«D'ici là, la décision de la cour d'appel de Cracovie reste en vigueur et Roman Polanski peut séjourner en Pologne» sans risque d'être arrêté, a-t-il précisé. La date de l'audience devrait être annoncée dès le mois de juin.

La démarche du ministre de la Justice «n'est pas une surprise pour nous», a déclaré à l'AFP l'un des avocats de Roman Polanski, Jerzy Stachowicz, rappelant que «M. Ziobro a annoncé par le passé qu'il allait le faire».

Né en France de parents polonais, l'auteur de «Rosemary's Baby» et de «Chinatown» âgé de 82 ans ne se trouve pas actuellement en Pologne, a précisé son avocat.

La cour d'appel de Cracovie avait décidé le 30 octobre de refuser l'extradition de M. Polanski et le parquet de la même ville a renoncé fin novembre à faire appel.

La Cour suprême peut maintenant soit confirmer cette décision, soit la casser partiellement ou totalement et renvoyer l'affaire devant un tribunal.

Aucune faveur

M. Polanski, qui vit en France avec son épouse, l'actrice Emmanuelle Seigner, mais se rend souvent en Pologne, n'est jamais retourné aux États-Unis, pas même pour recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur en 2003 pour «le Pianiste».

M. Ziobro a affirmé sur la première chaîne de la radio publique qu'il ne fallait pas appliquer de «double standard» à M. Polanski en raison de sa carrière artistique mondiale. «Le droit est le même pour tous», a-t-il dit.

Le réalisateur, selon lui, est soutenu «par la crème de la société mondaine et une partie des médias libéraux».

«Est-ce que cela veut dire qu'un artiste éminent est libre de commettre des viols ou d'autres crimes cruels, tandis que le simple Kowalski (équivalent polonais de Dupont ou de Smith, ndlr) doit être sévèrement puni?», a lancé le ministre.

Selon l'autre avocat du cinéaste, Jan Olszewski, Polanski n'a pas bénéficié de faveurs spéciales. «Si nous n'avions pas d'arguments de fond que nous avons présentés pendant un an au tribunal, je suis convaincu que le statut social de Roman Polanski ne l'aurait pas protégé», a-t-il déclaré à la télévision publique.

Les États-Unis avaient demandé en janvier 2015 à Varsovie l'extradition de Polanski, après une apparition publique en Pologne du réalisateur du «Bal des Vampires» et du «Couteau dans l'eau».

En 1977, en Californie, Roman Polanski, à l'époque âgé de 43 ans, avait été poursuivi pour avoir violé Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans.

«Rapports sexuels illégaux»

Après 42 jours de prison, puis sa libération sous caution, le cinéaste qui avait plaidé coupable de «rapports sexuels illégaux» avec une mineure s'était enfui des États-Unis avant l'annonce du verdict, craignant d'être lourdement condamné, malgré un accord conclu avec la justice américaine.

La ligne de défense de ses avocats polonais consistait à démontrer que la demande d'extradition n'était pas fondée, compte tenu de cet accord.

La justice suisse a rejeté en 2010 la demande d'extradition américaine.

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