Quand Jean Côté dit non à la guerre

Lors du récent vernissage de son exposition, Jean... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Lors du récent vernissage de son exposition, Jean Côté a pu faire découvrir les oeuvres de ses séries Non à la guerre et Paix à Yvon Deschamps et Judi Richards.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) L'art ne sert pas qu'à divertir, il peut aussi émouvoir et faire réfléchir. À partir de cette prémisse, le peintre Jean Côté s'est lancé, il y a de cela des années, dans la création d'une série intitulée Non à la guerre. Le fruit de ce long travail est présenté jusqu'au 5 juin au centre d'exposition Boréart à Granby.

Rêveur, idéaliste et intuitif, l'artiste international s'est laissé porter par ses sentiments. «La guerre est un sujet qui nous interpelle tous, tant dans les journaux qu'à la télévision. Et ça me révolte. Ce n'est pas un thème facile, mais je tenais à réaliser cette série», affirme le Granbyen.

Il lui a fallu du temps pour se mettre au diapason de son sujet et dénicher le matériel militaire nécessaire à la concrétisation de sa vision. Le résultat, saisissant, intègre donc divers objets réels - cartouches, obus, treillis, pièces de vêtements et d'équipements -, mais aussi des images rappelant la guerre. «Je n'aurais pas pu ne pas ajouter ces éléments», note-t-il, en confiant que l'une des toiles de Non à la guerre a été ébauchée sous le coup de l'inspiration, en plein vol, au retour d'un voyage, à partir d'une photo particulièrement touchante d'une enfant en larmes.

Sobre et puissante

Les visiteurs qui feront un arrêt chez Boréart pourront ainsi plonger dans l'univers de Jean Côté, à travers quelques sculptures et une vingtaine de toiles de toutes dimensions.

Bien que les couleurs éclatantes soient généralement la signature de l'artiste, ce dernier a pris une tout autre tangente pour Non à la guerre. Sobre à l'extrême, l'oeuvre se décline dans les tons de terre et de vert kaki. Les discrètes touches de rouge, si rouge il y a, ne viennent que rappeler l'inévitable sang versé en terres de conflit.

«Il fallait rester dans l'esprit», glisse-t-il en arpentant la salle.

Jusqu'à maintenant, cette série ne semble laisser personne indifférent. «Je vois que les gens se questionnent. Ça vient les chercher.»

Jean Côté fait d'ailleurs remarquer qu'il n'aurait jamais pu mettre au monde Non à la guerre en début de carrière. «Je n'aurais pas fait ça à 20 ans, dit-il. Pour arriver à une exposition aussi forte, il faut du vécu. C'est le résultat d'une longue réflexion. Ça a pris 45 ans pour en arriver là!»

Il ne se berce pas d'illusions, cependant: de telles oeuvres ne sont pas destinées à orner les murs des collectionneurs. Elles servent d'abord et avant tout à «passer un message». «Ce n'est pas pour vendre. C'est pour inciter les gens à, peut-être, passer de la guerre à la paix...»

Pour toutes ces raisons, Jean Côté ne souhaite qu'une chose: que Non à la guerre voyage un peu partout dans le monde. Déjà, des propositions sont sur la table pour présenter sa collection ailleurs au Canada.

Outre la série Non à la guerre, l'exposition à Boréart propose également quelques oeuvres tirées de la série Paix que Jean Côté a créée au Vietnam entre 2004 et 2007.

Comme quoi l'homme a de la suite dans les idées.

Boréart est accessible gratuitement du mercredi au dimanche de 13 h à 16 h. Le centre d'exposition est situé au 279, rue Principale à Granby.

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