Caroline Savoie dans la cour des grands

Son album, Caroline Savoie l'a enregistré dans le... (Loran Coley)

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Son album, Caroline Savoie l'a enregistré dans le studio du réalisateur Jay Newland à Stamford, près de New York.

Loran Coley

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Jérôme Savary
La Voix de l'Est

«Ma semaine a été carrément magique!» L'Acadienne de 21 ans ne laisse planer aucun doute: l'enregistrement de son premier album aux États-Unis a donné des résultats allant au-delà de ses espérances. La chanson Aux alentours, premier extrait sorti ces derniers jours, confirme que Caroline Savoie entre dans la cour des grands.

Dans le studio du réalisateur Jay Newland - lauréat de neuf Grammy et collaborateur d'Eric Clapton, Norah Jones et Stevie Wonder -, à Stamford, près de New York, Caroline est arrivée «super intimidée». Cependant, l'équipe expérimentée l'a rapidement mise à l'aise.

«En arrivant là-bas, j'avais peur qu'en studio mes chansons ne soient plus les mêmes, mais ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. On a bien connecté tous les six, ils ont pris mon projet à coeur.» La jeune chanteuse de Dieppe, ville du Nouveau-Brunswick située près de Moncton, s'est ainsi sentie accueillie, respectée. Entourée de quatre musiciens jazz, ces six jours de studio organisés en octobre dernier se sont révélés être une expérience de création artistique «très organique».

«C'était overwhelming»

Aux alentours est la première chanson du futur album - sortie prévue cet automne - à avoir été enregistrée. Caroline était tellement heureuse du résultat que, prétextant une pause pour aller aux toilettes... «Je suis allée pleurer de joie dans la salle de bains, car j'en revenais pas que de ce que j'étais en train de vivre avec ces musiciens-là. C'était overwhelming

Le résultat? «Plus mature», plus «défini», selon ses mots. Caroline Savoie s'éloigne de ses premiers textes, «écrits à l'âge de 14-15 ans». L'amour sera encore bien présent dans l'album- «J'aime ça écrire sur l'amour, je l'assume», dit-elle convaincue -, mais son univers, intime il est vrai, ne se limite pas à ce thème universel. Ses mots côtoient par ailleurs des musiques où les guitares sont présentes, parfois planantes, comme dans la pièce Aux alentours, dont voici un extrait:

Je me suis perdue en chemin/J'ai jeté mon compas/J'ai essayé de trouver un sens à mes vautours/Mais y'a rien aux alentours/

Montréal

Si ces paroles trahissent, certes, une recherche, une quête, la jeune artiste semble pourtant savoir vers où elle va. Un exemple, tiens. Dans une semaine, c'est le grand départ, elle déménage ses pénates. Direction le plateau Mont-Royal, à Montréal. «À Moncton, ça commence à être happening, comme on dit par chez nous, le milieu artistique bouge de plus en plus, mais c'est sûr que j'ai vraiment hâte d'être dans le jus à Montréal et de découvrir un nouveau milieu artistique.»

Les dernières semaines, plus relax, lui ont permis d'écrire de nouveaux textes, de penser à de nouvelles atmosphères. En général, cela se passe sur le balcon de la maison familiale, au grand air, avec la guitare offerte par son grand-père (lire encadré). «J'essaie d'écrire tous les jours», explique-t-elle avec son accent acadien caractéristique.

Son départ imminent lui donne l'occasion de reconnaître ce qu'elle apprécie surtout de son coin de pays. Ce qui lui manquera probablement. «La gentillesse des gens chez nous», la mer qui se trouve à 20 minutes quand elle se rend à Shediac... Tout ça sera mis entre parenthèses. Ses boîtes ont beau ne pas être encore prêtes, Caroline ne regrette pas son choix. Les grands espaces sauront l'attendre.

L'étincelle

Son grand-père maternel. C'est de lui que tout est parti. Conscient que sa petite-fille ne partageait pas la complicité de ses deux jeunes frères et qu'elle s'ennuyait, il lui a offert une première guitare. Puis une autre, et une autre encore. Caroline en est rendue à sa quatrième.

«Mon grand-père a tellement été toujours passionné et déterminé à jouer de la guitare, que même avec l'arthrite, il joue encore lapsteel (guitare sur les genoux), alors que cela lui fait super mal. Ma détermination, je la tiens de mon grand-père», raconte-t-elle.

L'artiste n'a pas ménagé ses efforts pour lui montrer qu'elle méritait les espoirs qu'il plaçait en elle. «Je pratiquais cinq heures par soir, tous les soirs. J'étais dédiée! Je voulais prouver à mon grand-père que j'étais capable.»

Aujourd'hui, il est son plus grand fan. «Il trouve toujours une façon de me suivre. Il est fier de moi. Ça me touche», dit-elle, reconnaissante.

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