Mariana Mazza: la vérité toute crue

Extravertie et dure à tenir, Mariana Mazza? Elle... (Franca Perrotto)

Agrandir

Extravertie et dure à tenir, Mariana Mazza? Elle préfère se qualifier de «joviale et de bonne humeur».

Franca Perrotto

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Mariana Mazza est la «saveur de l'heure» au Québec. La jeune humoriste à la langue bien pendue et qui ne dédaigne pas provoquer dès que l'occasion se présente sera de passage dans la région quatre fois plutôt qu'une cette semaine pour présenter Femme ta yeule.

Dans sa promotion, on mentionne que, dans sa vie, Mariana Mazza s'est souvent fait dire cette phrase... qu'elle n'a jamais écoutée. C'est donc dans cette veine qu'elle a créé ce premier spectacle solo, qu'elle rode depuis peu.

Les gens sont avisés cependant. Femme ta yeule s'adresse à un public averti de 16 ans et plus. «Pourquoi? Parce que je ne voulais pas que les jeunes de 11, 12 ans pensent que c'est la Mariana de Code F», explique-t-elle au sujet de cette émission pour ados où elle apparaît avec quatre autres comédiennes.

Sur scène, la jeune femme -elle est dans la vingtaine- est donc plus crue. Avec le franc-parler d'une fille pas baptisée, dit-on. Mais n'allez pas lui dire qu'elle est vulgaire. «C'est authentique. Ce que je dis n'est pas gratuit; il y a une émotion derrière tout ça. Je ne suis pas scandaleuse.»

Elle suggère même une certaine censure. «Il y a toujours un filtre, sinon je me ferais poursuivre. Tous les artistes au monde doivent avoir un filtre. Il faut un canevas derrière les propos.»

Entourée d'une solide équipe, Mariana écrit la base de ses textes. Des collaborateurs viennent ensuite les peaufiner, les «puncher» davantage. D'autres sont là pour forcer l'humoriste à «sortir de sa tête». «Ils me font parfois dire des choses que je n'aurais pas dites», fait-elle remarquer.

En attendant de présenter le résultat final de Femme ta yeule à l'automne, elle tâte le terrain et met son nouveau matériel à l'épreuve. Dans des salles volontairement petites qui lui permettent de bien entendre la réaction du public devant elle, précise Mlle Mazza. S'il s'agit d'une étape nécessaire, elle ne l'inquiète pas le moins du monde. «Ce n'est pas difficile, c'est du rodage», lance-t-elle en affirmant que les filles sont moins présentes dans le milieu de l'humour parce qu'elles gèrent moins bien les réactions - ou plutôt l'absence de réaction - du public.

Chose certaine, au terme du processus, des choses auront changé dans Femme ta yeule, et ce, même si le spectacle est déjà «à 72% prêt». Le ton, l'ordre des numéros, le jeu, tout sera repassé en revue.

Extravertie

Extravertie assumée, Mariana Mazza préfère plutôt se qualifier de «joviale et de bonne humeur».

Si le destin ne l'avait pas entraîné tout naturellement vers l'humour, Mariana Mazza aurait été conférencière sur la confiance en soi, dit-elle. «Je suis insécure, je sonde beaucoup les gens. Mais en même temps, je suis toujours all-in, je fonce sans penser aux conséquences. Je suis la fille d'une mère très forte et j'ai grandi à Montréal-Nord... Déjà jeune, j'étais curieuse et j'avais une influence positive sur mon entourage», raconte-t-elle.

Cette curiosité lui permet encore aujourd'hui d'être partout, de s'intéresser à tout. Son horaire en fait foi: la télévision - elle sera notamment sur le plateau de Tout le monde en parle ce dimanche - et la scène occupent une bonne partie de son temps. Mais elle trouve aussi le moyen de s'engager. Le 8 mars dernier, Journée internationale de la femme, elle lançait notamment sa collection limitée de vêtements Mazzalicious pour venir en aide aux services aux femmes de la Mission Old Brewery, qui lui vaut aujourd'hui d'être en nomination pour le Prix du dépassement Metro. Un jalon de plus dans sa jeune carrière démarrée sur les chapeaux de roue.

Anti-galas

Nommée au gala Artis, dimanche dernier, dans la catégorie Artiste d'émissions jeunesse, Mariana Mazza n'a pas été appelée sur la scène. Quand on lui demande si elle a quand même passé une belle soirée, la voilà qui lance qu'elle «haït» les galas. «Tu te mets toujours de la pression dans ces soirées-là, même si tu dis que c'est pas important. Et de toute façon, ce qui ressort de tout ça, c'est tout le temps négatif. Ça sert juste aux critiques et à trouver des titres qui fessent.»

Oui, les critiques l'atteignent, mais elle tente du mieux possible «d'avoir la force de passer par-dessus». «Moi, mon but, c'est de faire de l'humour... Je ne fais pas ce métier pour plaire à tout le monde. Je fais ce que je veux», glisse-t-elle.

À ceux qui se demandent si elle regrette parfois ses paroles, sachez que oui. Souvent. «Mais j'assume totalement la portée de mes dires. Les gens qui me haïssent, je les emmerde», répète-t-elle à qui veut l'entendre.

Elle est bien consciente, toutefois, de la nature éphémère du succès, ce qui la pousse à profiter pleinement du buzz qu'il y a présentement autour de sa personne. «Ça va finir par retomber, alors il faut le vivre au maximum quand ça passe.»

Alors aussi bien, nous aussi, profiter de sa présence quand elle passe.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer