Paul Daraîche: les belles années

«Le country, quand c'est bien fait, c'est aussi... (Fournie)

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«Le country, quand c'est bien fait, c'est aussi valable que n'importe quelle autre musique», laisse entendre Paul Daraîche.

Fournie

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Après avoir été snobé toute sa vie par le milieu, le chanteur country Paul Daraîche savoure aujourd'hui sa nouvelle popularité. Désormais, les plus belles salles de spectacle, les plateaux de télévision et ses pairs l'accueillent à bras ouverts.

Le principal intéressé préfère vivre ce revirement de situation avec humour. «Je ne suis pas amer de ça. Je trouve ça drôle. Vous savez, ma famille a vendu pas loin de 2 000 000 d'albums à ce jour, sans la radio, sans les médias et sans la télévision. On a fait tellement de route depuis 50 ans que les fans qu'on a conquis, on les a pour la vie.»

N'empêche, il serait bien fou de ne pas profiter de toute cette attention. «Je me suis occupé de tout le monde toute ma vie et là, tout le monde s'occupe de moi!», lance-t-il sans détour.

Il prend néanmoins soin de préciser qu'il n'est pas devenu compliqué pour autant. «Je ne suis pas capricieux. Je ne suis pas le genre d'artiste à faire des demandes spéciales. Tout ce que je demande dans ma loge, c'est une bouteille de vin blanc!»

Il parle vite, Paul Daraîche, en mâchant ses mots, entre deux bouffées de cigarettes. Car oui, il fume encore. «J'ai toujours eu la voix rauque. C'est comme si j'avais une grippe éternelle!», concède-t-il.

Celui que sa femme surnomme Monsieur Inquiétude - «Je suis inquiet de tout. Je pense toujours que les choses ne marcheront pas», dit-il - n'a pourtant plus de raison de s'inquiéter.

En cela, il doit une fière chandelle à Mario Pelchat, le producteur. C'est grâce à lui que le point de bascule s'est produit dans sa carrière. «Mario aime le country comme un malade. J'ai été son idole, il a toujours cru en moi. Après le succès de son projet country Quand le soleil dit bonjour, il a produit un deuxième album sur lequel je chantais. Quand je montais sur scène en tournée, les gens se levaient. En voyant ça, il m'a dit: "Faut faire quelque chose avec toi!" On a sorti l'album Mes amours, mes amis en 2012 et on en a vendu 150 000.»

Le reste fait partie de l'histoire.

De mieux en mieux

Personne n'est donc mieux placé que Paul Daraîche pour nous expliquer la différence entre le country québécois et le country américain... «Il n'y a pas de différence, sauf que c'est en français. La source est la même. C'est folk comme les Américains, avec les mêmes thèmes. C'est plus punché, plus rock que le western. Et comme tous les autres genres de musique, le country a évolué», dit-il. Voilà pour la leçon de country!

Selon lui, ce style musical a gagné ses lettres de noblesse «à force de qualité et de moyens». «Au début, faire un album coûtait 400 ou 500 $. Moi, plus jeune, je tripais sur les grandes chansons françaises. Les petites tounes western, j'aimais pas ça. Je trouvais ça pauvre. Mais j'avais un vrai orchestre et j'ai commencé à faire des enregistrements en studio, pour ma soeur Julie notamment. J'ai aimé le monde du country, son authenticité. Et on l'a amélioré au fil des ans. Le country, quand c'est bien fait, c'est aussi valable que n'importe quelle autre musique.»

Même s'il a toujours été là, soutenu par une solide base d'amateurs, le country semble tout à coup gagner en popularité. Mais le chemin a été ardu. «J'ai été chanceux de trouver une grosse machine, car il n'y a pas de subvention dans le country. Je me suis déjà fait dire que le country, ce n'était pas de la vraie musique et j'étais parti en claquant la porte. Aujourd'hui, j'en reçois. Pourtant, je suis le même gars et c'est encore du country! C'est dommage: quand tu deviens grand, tu es rendu vieux...», fait-il remarquer, en rappelant à la relève de «ne jamais lâcher».

Showtime

Avec Showtime, son tout nouveau spectacle lancé en mars, il se paye la traite, comme il l'a fait sur ses albums Mes amours, mes amis et Laisse-moi te dire (sorti en 2015). Durant deux heures sans entracte, il enfile ses succès, parfois seul, parfois accompagné de personnalités connues.

«Mario Pelchat, David Thibault, Laurence Jalbert et Marjo, c'est mon noyau dur. Ils sont presque toujours là avec moi. D'autres fois, Kevin Parent, Isabelle Boulay, les soeurs Boulay et même Ginette Reno viennent faire leur tour sur scène. J'ai gardé la crème de Mes amours, mes amis.» La liste des pièces de Showtime change peu. Lorsqu'un artiste n'est pas avec lui pour chanter en duo, Paul Daraîche chante seul, tout simplement.

Vendredi, au Palace de Granby, les spectateurs devraient avoir droit à la présence du fameux noyau dur, mais pas seulement... Sa fille et son fils partagent aussi les planches avec lui. «Et il y aura une surprise que je n'ai pas le droit de dire! Mais même moi, je ne le sais pas toujours!», lance-t-il en rigolant. Chose certaine, six musiciens seront sur scène avec lui, sous des éclairages et dans un décor «magnifiques», assure le vieux routier de la chanson.

Des projets

Paul Daraîche a passé sa vie sur une scène. Pour lui, il n'y a pas de plus bel endroit au monde. «On change de dimension en entrant sur une scène. J'adore ça», dit-il, en pressentant que c'est là qu'il mourra.

Mais ce n'est pas pour demain. S'il a réalisé plusieurs de ses rêves - dont celui de chanter avec Ginette Reno 45 ans après lui avoir écrit une chanson, et de pousser la note avec ses idoles de jeunesse, Aznavour, Adamo et Petula Clark -, il en a encore quelques autres en tête.

«Je suis passé à un poil de chanter avec Willie Nelson, un vieux bum comme moi, mais ça n'a pas marché. Peut-être un jour.»

Il parle aussi de la préparation d'un livre dans lequel il expliquera la genèse de ses chansons les plus populaires.

Sans compter la comédie musicale qu'il souhaite un jour monter sur Jesse James. «C'est un gros projet que je vais faire quand ça va ralentir un peu. Ça prend des collaborateurs, mais des gens commencent déjà à m'en parler...»

Monsieur Inquiétude peut se rassurer. Tout le monde l'adore.

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