Jean-François Mercier frappe encore

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Jean-François Mercier

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Pas de doute, Jean-François Mercier est un «placoteux». Dans son langage coloré, tout sauf politiquement correct, l'humoriste jase de mille et une choses sans filtre. Mais avec générosité et pertinence.

Plusieurs le savent déjà, Jean-François Mercier a notamment étudié en actuariat, s'est cherché longtemps, a broyé du noir, est arrivé en humour sur le tard, a coécrit Les Bougon et s'est fait connaître avec le Show du gros cave.

Un surnom dont il n'arrive plus à se débarrasser, qui lui colle aux baskets comme une mâchée de gomme. Partout, c'est ainsi qu'il se fait interpeller... et pas toujours subtilement. «Quand tu n'es pas connu, tu ne réalises pas l'ampleur de la chose. Je deale bien avec ça en général. J'ai une juste vision de moi-même, ça aide. Beaucoup de gens me détestent. J'ai fait mon deuil d'être aimé de tout le monde.»

Cette relation amour-haine que le public québécois entretient avec lui semble directement liée au personnage. Heureusement, dit-il, plusieurs sont capables de faire la part des choses. Il décrit son public comme «plus intelligent que la moyenne», capable d'une certaine distance et conscient du second degré dont ses textes sont empreints.

Quant à la réalité des réseaux sociaux - plus de 382 000 personnes le suivent sur Facebook -, il demeure lucide. «Au début, c'était amusant. Mais ça m'apporte juste du mauvais. Si j'annonce un show, par exemple, je reçois un déferlement de haine. Sur ces réseaux, on reçoit la pensée non articulée et non nuancée de tout un chacun.»

Subtil, sensible, touchant...

Autant vous avertir, vous ne saurez pas grand-chose de Jean-François Mercier - Subtil, sensible, touchant, le spectacle qu'il viendra présenter cette semaine à Granby. «Je ne veux pas en parler parce que quand je le décris, ça a l'air plate», lance-t-il mi-figue mi-raisin.

Un petit aperçu quand même? «Bon, le médecin de famille vient de m'annoncer de mauvaises nouvelles. Je décide de devenir zen... jusqu'à ce que je pète ma coche!»

Ses admirateurs auront donc droit au personnage auquel ils sont habitués, avec le ton courroucé, les sacres et les blagues crues à l'avenant.

On pourrait croire qu'il improvise, mais Jean-François Mercier s'éloigne rarement de son texte. «Par respect pour le public, je veux que mon Coke goûte tout le temps la même affaire», illustre-t-il.

De son propre avis, ce show, son deuxième en carrière, a été «assez difficile à écrire». Devant des numéros qui fonctionnaient plus ou moins bien, il a dû revoir, peaufiner, jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. «J'ai dû travailler fort», dit-il.

Il donne en exemple son numéro final, qui se passe dans un restaurant Subway. «Celui-là, je l'essayais dans les bars et je l'appelais mon numéro poche. Mais à force de le travailler, c'est devenu un maudit bon numéro. Le rire du public est très organique.»

Jean-François Mercier fait de l'humour «hard», sans censure, mais est aussi capable d'un humour songé, plus politique. «Je fais les deux, du pipi-caca et de l'humour intelligent. Et ça se mélange bien.»

Comme une drogue

La scène est-elle pour lui une thérapie? «C'est plus une dépendance. C'est comme une drogue. On t'applaudit, tu as de l'importance... Penses-y, ça prend un moyen trou de cul pour monter sur une scène, dire aux gens de fermer leur gueule et de t'écouter! Ce n'est pas banal!»

«Sans la scène, tu es en manque, poursuit-il. Ta vraie vie devient fade. C'est un job qui vient avec le fait que tu acceptes d'avoir des hauts et des bas. Ce n'est pas facile mentalement. J'essaie de trouver un équilibre là-dedans», termine celui qui a commencé à écrire son prochain spectacle et qu'on verra «bientôt à la télévision». Là-dessus, cependant, il n'en dira pas plus.

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