Festival de la chanson: ouvrir sa porte aux artistes

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Même après 25 ans, Isabelle Boulay n'a pas oublié son passage chez Daniel Naud et Hélène Picard.

fournie par Bertrand Duhamel, FICG

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Au début du mois, lorsque le Festival international de la chanson a annoncé qu'Isabelle Boulay devenait porte-parole de l'édition 2016, la chanteuse n'a pas manqué de saluer le couple qui l'avait hébergée lors de son passage au concours en 1990 et 1991. Même après 25 ans, elle n'avait rien oublié de leur gentillesse et de leur hospitalité.

En 2014, France Ménard avait hébergé la Franco-ontarienne... (fournie par France Ménard) - image 1.0

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En 2014, France Ménard avait hébergé la Franco-ontarienne Céleste Lévis. 

fournie par France Ménard

C'est souvent ce qui arrive au Festival. Les artistes sont reçus comme des rois dans leur famille d'accueil et tissent avec elle des liens durables. Pour assurer une telle qualité d'accueil, le Festival travaille fort, année après année, pour offrir de bons foyers temporaires aux participants.

Cette année, au moins 50 lits sont recherchés. «On en a besoin de beaucoup, car on reçoit plusieurs artistes européens. Pour eux, ça crée une autre dynamique que d'être à l'hôtel, laisse entendre Marie-Pier Lacoste du Festival. Tout ce que ça prend, c'est une chambre avec un lit, un accès à une salle de bain et un coin dans le frigo, car ils s'occupent de leur nourriture.»

Si plusieurs hôtes offrent bien plus que ce qu'on leur demande - repas, visites de la ville, transport -, d'autres vont même jusqu'à prêter gratuitement leur chez-soi durant leur absence.

Retraités, jeunes gens, familles nombreuses, ceux qui reçoivent cette belle visite ont de multiples visages. On veille toutefois à ce que le jumelage entre les familles d'accueil et les artistes soit gagnant, en leur faisant remplir un formulaire d'inscription. Enfants ou pas? Animaux de compagnie ou non? Fumeur? Distance entre la maison et le Palace? Préférence pour une fille ou un garçon? De l'espace pour un ou plusieurs participants?

«Tout le monde s'accorde pour dire que c'est une belle expérience. C'est tellement l'fun de pouvoir dire "cet artiste était chez nous". Presque toutes les familles d'accueil le refont l'année suivante. Et on est là pour les supporter. Ce sont nos trésors», affirme Marie-Pier Lacoste.

Le statut de famille d'accueil donne par ailleurs d'intéressants privilèges, comme l'accès aux soirées VIP, des billets pour les demi-finales et même pour la finale si l'artiste hébergé se rend jusque là.

Avec Isabelle

Les anges gardiens d'Isabelle Boulay à l'époque de son passage au Festival se nommaient Daniel Naud et Hélène Picard. Durant 13 ans, de 1989 à 2000, le couple a hébergé des participants, parfois même deux par année. Isabelle est arrivée dans leur vie en 1990. «Elle était timide, mais très déterminée. La première année, elle avait perdu en demi-finale et elle avait dit: "ils n'auront pas ma peau". Elle était revenue l'année d'après, avec un nouveau style, et elle avait gagné.»

M. Naud et sa conjointe faisaient partie de ces hôtes particulièrement attentionnés. Au-delà du gîte, ils offraient bien souvent le couvert, des sorties, des fleurs ou des ballons avant le grand soir. «Pour nous, ça a toujours été une expérience positive. Chez nous, la maison est ouverte à tout le monde. On aimait le contact humain et ça nous mettait davantage dans l'ambiance du Festival. On le vivait avec les artistes.»

En 1991, ils ont ouvert leur porte à Isabelle, mais aussi à sa mère et à une amie de sa mère! Et devinez où la fête s'est déplacée après la victoire de l'interprète? Chez le couple, naturellement, où quelques bouteilles de champagne attendaient au frais.

De tels souvenirs partagés ne s'oublient pas aisément. Au cours des 25 dernières années, Daniel et Hélène ont revu leur illustre invitée à quelques occasions. Et le plaisir était chaque fois partagé.

Expérience unique

Chaque année, France Ménard attend maintenant le Festival de la chanson avec impatience. Ce moment est devenu pour elle une expérience unique, qu'elle renouvelle avec bonheur. «Je suis famille d'accueil depuis 10 ans, sauf une année où j'étais en vacances et une année où j'ai été inondée. C'était des raisons majeures!», rigole-t-elle.

Autrement, rien ne pourrait la priver de ce plaisir. «Le partage humain, c'est génial. Ce sont de beaux jeunes qui ont la tête pleine de projets. Ça crée de beaux échanges et ça nous fait baigner dans le multiculturalisme. C'est l'expérience humaine, musicale et sociale d'une vie», raconte celle qui reçoit souvent des artistes de l'extérieur du Québec.

Céleste Lévis, Gaya, Chloé Breault et bien d'autres ont séjourné chez France Ménard. Parfois, ils y restent presque un mois. Pas étonnant que des liens solides se créent et qu'elle soit demeurée en contact avec la plupart des artistes.

La dame de 55 ans, qui a élevé quatre enfants, prend soin de ses pensionnaires... comme une mère. «Si c'était mes enfants, j'aimerais qu'on s'en occupe bien, alors c'est ce que je fais.» Elle leur fournit le gîte et le petit-déjeuner, mais son hospitalité dépasse le cadre établi. Elle leur fait découvrir le Zoo - un must, dit-elle -, elle sort avec eux durant le Festival, elle organise même chaque année une soirée de jam dans sa cour.

«C'est un party. Mais mon rôle, c'est aussi de les motiver et de leur remonter le moral, si c'est nécessaire», dit-elle, en précisant qu'elle est aussi bénévole durant le Festival.

Pour l'édition 2016, France Ménard ne connaît pas encore l'identité de ses jeunes protégés. Elle sait seulement qu'ils proviendront de Vancouver et du Nouveau-Brunswick.

De toute évidence, sa passion pour le Festival et les artistes n'est pas près de s'éteindre. «Je ne sais pas comment je vais faire pour arrêter!» 

Le Festival de la chanson a besoin de familles d'accueil du 6 au 9 juin et du 8 au 20 août 2016. Les personnes intéressées peuvent se manifester au 450-375-7555 poste 30 ou à mplacoste@ficg.qc.ca

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