Le monde fantastique de Jean-Thomas Jobin

«Dans Apprendre à s'aimer, je me fais une... (photo archives La Presse)

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«Dans Apprendre à s'aimer, je me fais une conférence de motivation à moi-même», explique Jean-Thomas Jobin au sujet de son spectacle.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Une entrevue avec Jean-Thomas Jobin a de quoi donner la frousse à n'importe quel journaliste, expérimentée ou pas. Nous mènera-t-il en bateau? Prendra-t-il le contrôle total de l'entretien? Ou pire, nous entraînera-t-il dans son univers hautement absurde? Une demi-heure plus tard, on en ressort heureusement indemne. Hors de la scène, l'humoriste semble doux comme un agneau. Et sérieux comme un pape.

«Je suis un marginal, bon enfant et sympathique. J'ai un cerveau étrange, qui est conscient d'être étrange. J'assume ma bizarrerie. Et mes fans savent que c'est un personnage. Ce n'est pas réel.» Voilà, c'est dit. Jean-Thomas Jobin est aussi un être «normal» à ses heures.

Avec ce troisième spectacle, dont la première a eu lieu en novembre dernier et qu'il présentera cette semaine au Palace de Granby, le comique affirme «s'être renouvelé sans se dénaturer».

Dans Apprendre à s'aimer, il se base davantage sur la vraie vie. Sur sa vraie vie. «Je voulais baisser la garde de mon personnage, m'ouvrir un peu plus. Il est moins hermétique. L'humour reste absurde, mais il est un peu plus accessible», dit-il.

Il y parle notamment de ses parents dans un long numéro que les principaux intéressés ont vu à Québec, sans trop se formaliser du contenu. «Ça s'est bien passé. En fait, ça se veut aussi un hommage à leur intention», laisse-t-il entendre.

Comme résultat de cette approche plus «complice», il remarque une meilleure interaction avec le public. «C'est le show où les gens rient le plus».

Mais n'allez pas lui faire dire qu'il est rentré dans le moule. Oh que non! Les spectateurs devront encore une fois accepter de s'abandonner dans son univers biscornu, sans trop chercher à comprendre ce qui leur arrive.

On pourrait croire qu'il improvise à qui mieux mieux, mais ce n'est pas le cas. «Je sors de mon texte de temps en temps, mais je suis généralement mes lignes», dit-il de ce spectacle qui s'étire sur 95 minutes sans entracte. Tout son matériel vient d'ailleurs directement de lui. «Écrire, c'est ce que j'aime le plus, alors je me garde ça. Ça donne un show plus personnel. J'ai un script-éditeur, mais pas de scripteur.»

Son processus de création n'est pas traditionnel, on s'en doute bien. S'il s'empresse de mettre par écrit les flashs qui lui passent par la tête, il prend aussi le temps, parfois, de s'asseoir sagement pour écrire des gags. Mais le principe des «poupées russes» s'impose souvent de lui-même. «Une idée en amène une autre. Et ça part dans toutes les directions.»

Un conseil à donner au public, avant de franchir les portes du Palace, vendredi? «Préparez-vous à vous évader autrement, humoristiquement, avec quelqu'un d'étrange, mais sympathique. C'est un show qui sort des sentiers battus. Dans Apprendre à s'aimer, je me fais une conférence de motivation à moi-même.»

On ose lui demander si, parfois, certains spectateurs déconcertés par son humour quittent avant la fin... «Plus maintenant. Au début, certains se rendaient compte que ce n'était pas leur tasse de thé. Mais là, non, je ne vois pas d'exode.»

Son humour, né un peu par accident et forgé à force d'essais et d'erreurs, il n'hésite pas à l'associer au théâtre. «Mon intention n'est pas de faire rire à tout prix, mais plutôt de faire vivre quelque chose aux gens. Une certaine étrangeté.»

Mission accomplie!

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