La soif d'absolu d'Émile Schneider

Émile Schneider.... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Émile Schneider.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Émile Schneider est passionné, entier. Dans le jeu, il a trouvé son chemin, qu'il défriche sans concession. Retenez son nom, car le jeune acteur originaire de Shefford semble voué à de grandes choses.

Là où Atilla passe a été salué par... (Fournie par K-Films Amérique) - image 1.0

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Là où Atilla passe a été salué par la critique. Dans le rôle titre, Émile Schneider interprète le fils adoptif du personnage joué par Roy Dupuis.

Fournie par K-Films Amérique

On pourra voir Émile Schneider au cours des... (Archives La Presse) - image 1.1

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On pourra voir Émile Schneider au cours des prochains mois dans Embrasse-moi comme tu m'aimes où il tient le rôle principal aux côtés de Céline Bonnier, notamment.

Archives La Presse

Né dans une famille originale - il est le fils de l'herboriste Anny Schneider et de l'un des deux propriétaires de l'hydromelerie Les Saules - Émile a grandi sous l'influence de la nature, des voyages et des rencontres humaines. «Chez nous, c'était déjà un théâtre en soi!», lance l'artiste de 26 ans dont la soeur Zoé est aussi devenue comédienne.

À l'époque un peu trouble de l'adolescence, la découverte du cinéma et du théâtre a fait une énorme différence dans sa vie. «Ça m'a un peu sauvé de la délinquance...», dit-il.

Il nomme au passage des personnes d'ici qui ont contribué à développer sa passion du jeu: son ancien prof de théâtre Martin Giguère, Carole Hurteau et Pierre Pronovost, le «grand homme» qui l'a formé pour les auditions d'entrée à l'École de théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe.

«J'ai toujours été un peu le mouton noir sur le plan de la compétition et de la performance. Je n'étais là que pour jouer et apprendre. J'ai passé près d'abandonner, mais je m'accrochais toujours à l'instant où ça vibrait», dit-il.

Depuis sa sortie du cégep de Saint-Hyacinthe, on l'a vu jouer au petit écran, sur le web et dans des courts-métrages indépendants. Mais les contrats n'ont pas toujours abondé, avoue-t-il.

«J'ai eu des trous. Il y a trois ans, je mangeais presque dans les poubelles. Mais j'étais toujours disponible pour des auditions. Je n'ai jamais voulu faire autre chose que jouer.» Dans ses temps morts, il s'occupait à autre chose - le dessin, la musique, la poésie - mais sans jamais s'éloigner de l'art... et de ses principes. «C'est difficile d'en vivre, mais il faut faire des choix. Moi, je veux travailler sur des oeuvres...»

Émile Schneider fait partie de cette jeune génération d'acteurs totalement investis dans leur métier. Mais vous les entendrez rarement prononcer le mot métier; pour décrire leur gagne-pain, ils préfèrent de loin utiliser le mot art. Sans doute pour le supplément d'âme que cela confère.

On sent chez le jeune homme une soif totale d'absolu. Invité à se décrire en tant qu'acteur, il mentionne son profond engagement dans les oeuvres dans lesquelles il joue. «Je n'ai pas peur de me mouiller dans des zones extrêmes et de me salir. Je suis prêt à aller loin si le scénario le justifie.»

Atilla

L'année 2015 a été une grosse année de cinéma, fait remarquer Émile Schneider, qui a mis la télévision de côté depuis un bout.

L'acteur a notamment tourné dans Le Rang du lion, mais aussi dans Là où Atilla passe, récemment sorti au cinéma et bien reçu par la critique.

Dans le rôle d'un adolescent d'origine turque adopté par des Québécois et qui tente de se définir et de faire sa place dans le monde, Émile partage le grand écran avec Julie Deslauriers et Roy Dupuis. Le même Roy Dupuis avec qui il avait juré, du haut de ses 12 ans, qu'il jouerait un jour...

«Ce film, ça été un travail de fond. J'ai appris un peu de turc. C'est un rôle qui demandait beaucoup d'intériorité. J'étais dans les silences et dans l'écoute. Atilla était presque mon opposé...», dit-il. Le jeu tout en retenue d'Émile a d'ailleurs été salué par tout un chacun depuis la sortie du film.

«Quand j'ai rencontré le réalisateur Onur Karaman, ça a cliqué. Je ne pensais pas avoir la tête d'un turc! Il m'a amené dans un autre univers. C'était un tournage assez serré dans le temps, où on se déplaçait beaucoup. Et j'ai eu la chance de travailler avec des gens de talent avec qui j'ai partagé de beaux moments. Entre autres avec le grand Gilles Pelletier, qui jouait mon grand-père. C'est une des belles rencontres que j'ai faites dans ma vie.»

Le meilleur à venir

Si ce rôle-titre dans Atilla vient de le propulser dans le milieu, ce n'est rien comparé à ce qui s'en vient, devine-t-on entre les branches.

Le cinéaste André Forcier lui a en effet confié le rôle principal dans Embrasse-moi comme tu m'aimes, prévu pour l'été et destiné au circuit des festivals internationaux. Émile y est entouré de poids lourds du cinéma québécois, dont Céline Bonnier, Roy Dupuis, Réal Bossé, Antoine Bertrand, Rémy Girard et Benoît Brière.

«Ce rôle, c'est un cadeau du ciel. Je m'attends à beaucoup pour ce film», dit-il.

Le verra-t-on jouer à l'étranger bientôt? On sent bien qu'il ne peut pas tout nous dire, même si le timbre de sa voix le trahit un peu. «Il y a des chances», répète-t-il deux fois plutôt qu'une.

En attendant, il tente d'apprivoiser sa nouvelle «célébrité» et continue de tourner, corps et âme.

«Je travaille sur un film indépendant, expérimental au maximum, qui s'appelle 2011», dit-il en encourageant les gens à aller voir les films québécois.

Il ne refuserait pas non plus de remonter sur les planches, attiré qu'il est pas les grandes oeuvres classiques au théâtre. Parce que pour Émile Schneider, il n'y a rien comme l'art avec un grand A.

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