Pierre Flynn: libre et bien de son temps

«J'ai beaucoup voyagé musicalement. J'essaie d'explorer, en tenant... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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«J'ai beaucoup voyagé musicalement. J'essaie d'explorer, en tenant compte de ce que je suis. Et je n'ai pas honte de dire que je fais de la pop. C'est un médium que j'ai choisi à 19 ans et je le trouve encore challenging. On a un fabuleux territoire de liberté en musique», affirme Pierre Flynn.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Waterloo) La journée avait été longue pour Pierre Flynn, qui revenait d'un blitz médiatique en Estrie. Qu'à cela ne tienne, l'artiste s'est pointé au rendez-vous de belle humeur et le verbe généreux pour jaser de son dernier album, du spectacle qu'il donne ce soir à Waterloo et de musique en général.

«C'est une randonnée agréable venir dans les Cantons-de-l'Est. J'ai écrit beaucoup de chansons de mon album Sur la terre dans le condo de ma soeur à Owl's Head. J'écris dans la solitude et j'étais bien servi là-bas. C'est pour ça que j'ai écrit Le dernier homme. On n'était pas en saison et j'avais l'impression d'être seul au monde!», lance Pierre Flynn en riant.

Sur la terre, c'est le dernier opus que l'artiste nous a offert en avril dernier, 14 ans après son album studio Mirador. Tout un bail. «Je sais, je n'ai pas un rythme de travail normal. Mais j'aime autant regretter le temps qui a passé que regretter le produit fini. Ce n'est pas mon genre d'être autosatisfait, mais là, j'avais un bon feeling, car j'étais content du produit.»

Même si plusieurs projets l'ont occupé durant cette longue pause d'enregistrement - Nelligan, Dracula, Douze hommes rapaillés et même un peu de country avec le duo Mountain Daisies -, il avoue qu'il y a peut-être eu un peu de paresse et d'insécurité qui sont venues ralentir le processus. «J'avais accumulé des musiques depuis 2003 et des textes depuis 2008 ou 2009, mais quelque chose était bloqué. C'est quand j'ai écrit L'accompli et l'inaccompli après un voyage au Maroc que les vannes se sont ouvertes.»

Se renouveler

Encensé par la critique, Sur la terre montre un Pierre Flynn en pleine possession de ses moyens et en constante mouvance. Les textes de cet album, dit-il, sont plus profonds, plus près de l'essentiel. Et le son tout à fait actuel. «Je ne voulais pas du réchauffé. Je voulais que l'album soit de son temps, sans suivre la mode. Il faut rester ouvert et faire place aux idées nouvelles», confie celui qui, à 61 ans, se fait un devoir d'écouter ce qui se fait aujourd'hui, en anglais et en français. «Je pense que les jeunes ont plus à nous apprendre que l'inverse!»

Dans un monde où les courants musicaux se multiplient, Pierre Flynn ne se sent donc pas comme un poisson hors de l'eau. «J'ai beaucoup voyagé musicalement. J'essaie d'explorer, en tenant compte de ce que je suis. Et je n'ai pas honte de dire que je fais de la pop. C'est un médium que j'ai choisi à 19 ans et je le trouve encore challenging. On a un fabuleux territoire de liberté en musique.»

Les oreilles aguerries remarqueront par ailleurs que la voix du chanteur a baissé d'un cran. «Ça me plaît d'explorer un registre plus bas. Depuis une dizaine d'années, j'ai vraiment pris plaisir à chanter. La voix est un instrument très particulier qui ramasse tout ce qui se passe dans nos vies... pour le mieux. En vieillissant, elle transmet plus d'émotions.»

Première à Waterloo

Son nouvel album sous le bras, le troubadour est parti sur la route, cet automne, à la rencontre du public. Quand on s'appelle Pierre Flynn, on ne part pas de zéro, bien entendu. «Mais il y a quand même un certain travail de reconstruction à faire. J'avais peur qu'il n'y ait plus ce lien spécial entre le public et moi. Mais il est là, renouvelé.»

Parce que ses visites se font rares, on serait bien fou de rater le rendez-vous qu'il nous donne ce soir à la Maison de la culture. Ce sera non seulement son premier spectacle depuis le temps des Fêtes, mais aussi sa première fois dans l'ancienne petite église de Waterloo.

En compagnie du guitariste André Papanicolaou, du batteur José Major et de son vieux complice du temps du groupe Octobre, Mario Légaré, il fera beaucoup de place aux pièces de Sur la terre et à d'autres succès qu'il prend toujours plaisir à interpréter. «J'ai eu beaucoup de misère à faire un tri parmi tout ce que je voulais chanter.»

Visiblement, la scène lui a manqué. «Les gens me disent que je suis plus présent dans l'instant. Je jase moins qu'avant sur scène et je suis plus dans la joie de jouer et de chanter.»

Il espère d'ailleurs présenter son spectacle jusqu'en 2017.

- Une dernière question, si vous permettez. Faudra-t-il attendre encore 14 ans avant une nouvelle offrande?

«Sûrement pas, sinon je vais être mort!», rigole l'auteur-compositeur-interprète.

Il assure qu'il a commencé «à mettre la table» pour le prochain album qui sera, dixit le principal intéressé, moins chargé. «J'ai envie de reprendre le sentier dans la forêt sans voir nécessairement où il aboutira...»

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