Oreilles chastes s'abstenir...

Martin Larocque qualifie de «moment de délire musical... (Benoit Vermette)

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Martin Larocque qualifie de «moment de délire musical et théâtral» la pièce présentée ce soir au Palace de Granby. Sur scène, le comédien est entouré d'Albane Château, Marina Bastarache, Léane Labrèche Dor, Jean-François Poulin, Daniel Delisle, Sarah Dagenais Hakim, Vanessa Duchel et Johanne Lapierre.

Benoit Vermette

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Le monde est divisé en deux: ceux qui ont lu 50 Shades of Grey (50 nuances de Grey) et les autres. Et parmi les initiés, il y a ceux qui ont adoré... et les autres. Que vous fassiez partie de l'une ou l'autre de ces nombreuses catégories, 50 Shades! La parodie musicale pourrait vous faire «hurler» de rire. C'est du moins ce qu'assure la production, en promettant aux spectateurs une version hilarante - et salée - du roman. Pour 16 ans et plus...

Pour ne laisser planer aucun doute sur le côté humoristique de la pièce, on a confié en toute connaissance de cause le rôle du séduisant-richissime-sadique-tourmenté Christian Grey au corpulent et chauve comédien Martin Larocque... Contre-emploi, vous dites?

«Le producteur voulait mon style de jeu ''poker face''. Et il revenait à la charge, même si je ne chante pas super bien. Ma voix est militaire, car je dois l'entraîner. Pour cette pièce, j'ai commencé à travailler quatre mois avant tout le monde!», avoue Martin Larocque.

Il a aussi dû mettre ses scrupules de côté. «Ç'a été un peu plus difficile que prévu. Certains éléments de costumes m'ont causé quelques problèmes!», lance-t-il.

Le titre ne porte à aucune confusion. 50 Shades! La parodie musicale se moque ouvertement de cette romance érotique teintée de sadomasochisme entre une jeune vierge et un homme d'affaires contrôlant.

Au coeur de cette histoire lubrique, Martin - Christian Grey - Larocque batifole donc avec la comédienne Albane Château, dans la peau de l'ingénue Anastasia Steele.

Le fil conducteur: trois membres féminines d'un club de lecture hautement émoustillées par le roman et qui voient le récit se matérialiser devant leurs yeux.

«On trace au crayon gras le synopsis du roman. On ne blaste pas le livre; on s'amuse avec», précise le comédien.

«Ça prenait beaucoup d'audace pour cerner la parodie au-delà du roman, ajoute-t-il. Mais la pièce est aussi une parodie des comédies musicales. Ceux qui haïssent les comédies musicales, c'est parfait pour eux!»

Jamais lu

Martin Larocque confie qu'il n'a pas lu 50 Shades of Grey. «Ça ne m'intéressait pas. Mais plusieurs comédiens l'avaient lu et on en a discuté. J'ai visionné une demi-heure du film. C'est là que j'ai vraiment compris ce qu'on faisait», dit-il, en précisant qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu le livre ou vu le film pour apprécier la pièce.

Avertissement toutefois: comme la douce Anastasia, certains spectateurs pourraient rougir furieusement. Suffit d'entendre la chanson Un trou en moi que la belle entonne avec ferveur pour parfaitement saisir le style de la pièce.

«Il fallait aller dans l'absurde pour éviter la vulgarité, explique Martin Larocque. On chante des âneries sur des airs musicaux magnifiques, composés spécialement pour la pièce. Certains reconnaîtront quelques trames liées à de célèbres comédies musicales.»

Par contre, il ne s'agit pas là d'un tour de chant, assure Martin Larocque. Une douzaine de chansons viennent pimenter l'heure et demie que dure la pièce, mais le théâtre prime.

«C'est un moment de délire musical et théâtral.»

Difficile de garder son sérieux dans une telle situation? «Oui. Mais il n'y a pas de fou rire sur scène; c'est une règle de l'art. Tout cela s'est passé dans les répétitions!»

Outre Martin Larocque et AlbaneChâteau, la distribution met en vedette Marina Bastarache, Léane Labrèche Dor, Jean-François Poulin, Daniel Delisle, Sarah Dagenais Hakim, Vanessa Duchel et Johanne Lapierre.

Succès international

Le producteur et metteur en scène, Didier Morissonneau (Joe Dassin, Big Bazar, Bio dégradable: les écrits restent...), n'a rien inventé, cependant. La parodie connaissait déjà - et connaît toujours - du succès aux États-Unis et en Europe. Suffisait de l'adapter à la sauce québécoise.

«J'ai vu la pièce à Los Angeles et à New York et immédiatement, j'ai su qu'on pouvait en présenter une version à hurler de rire au Québec, avec des comédiens et des chanteurs d'ici!», a déjà déclaré Didier Morissonneau.

Si on se fie aux critiques qui ont assisté à 50 Shades! cet été à Montréal, la version semble réussie.

«On a donné cinq spectacles et on était très contents de la réponse du public, laisse entendre Martin Larocque. Mais on a travaillé dans le doute jusqu'à la première. On se disait: est-ce que ça va passer?»

L'arrêt de la troupe à Granby ce soir s'inscrit dans une mini-tournée de neuf villes québécoises. Martin Larocque croit toutefois que la pièce pourrait avoir un parcours semblable à celui de Ladie's Night dans de petites salles de la province. «J'aimerais que ça contribue à rajeunir et élargir le public théâtral. Ce serait bien que des jeunes viennent voir la pièce, car c'est hyper amusant.»

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