Danser le hip-hop à 40 ans...

Les membres des T-Bones, Louis, Christopher, Jean-François, Donald,... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Les membres des T-Bones, Louis, Christopher, Jean-François, Donald, Dany, Éric et Alain, font fi de leur âge et s'adonnent au hip-hop avec «attitude».

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Granby) Ils ont 35, 49 et même 58 ans. Ils sont papas - et parfois grand-papa -, de toutes professions confondues. Mais lorsqu'ils enfilent leurs espadrilles et leurs pantalons «baggy», attention! Le rythme et le plaisir prennent toute la place. Incursion dans l'univers du hip-hop, où un mot est roi: attitude!

À l'école Tendanse de Granby, les sept membres du «crew» ont en moyenne 44 ans. Nom de code: les T-Bones.

«Au niveau compétitif, il y avait déjà des équipes de mamans et ça devenait vraiment intense. Il y a quelques années, un groupe de papas est né sur la Rive-Sud, les Daddy Cool, et ça a inspiré plein de monde. Ici, on a embarqué dans le mouvement il y a deux ans», relate la propriétaire de Tendanse, Geneviève Gallant.

Dès le début, des papas de l'école ont rallié les rangs spontanément. L'année suivante, tous sont revenus, sauf un.

Quand La Voix de l'Est est allée à leur rencontre, récemment, les gars revenaient de la pause des Fêtes. Mais pour les besoins du photographe, ils se sont rapidement remis au travail, répétant inlassablement un segment d'une de leurs chorégraphies.

Car ces messieurs ne font pas que danser pour passer le temps. Des mois durant, Louis, Christopher, Jean-François, Donald, Dany, Éric et Alain se donnent à fond pour apprendre une chorégraphie de compétition et une autre pour le spectacle de fin d'année.

Chaque dimanche matin, ils se pointent dans les locaux de la rue Cowie et se démènent sous la houlette d'Alexandra Fontaine, leur prof.

«Ils sont contents de se voir et ils partagent une belle chimie. Pour eux, c'est devenu un beau trip de gars, constate la jeune fille. Au début, ils étaient là pour faire plaisir aux autres. Maintenant, ils le font pour eux.»

L'enseignement, forcément, diffère de celui des filles. «La dynamique n'est pas pareille. La personnalité et l'énergie des gars sont différentes», fait remarquer Alexandra.

Pour eux, danser du hip-hop n'était pas naturel à la base, mais ça l'est devenu, constate-t-elle. «Les gars sont orgueilleux; ils veulent réussir. Ils s'entraident dans les mouvements. Il y a eu une belle évolution et je me permets désormais un niveau plus élevé avec eux.»

Les T-Bones ont même terminé en 3e place lors de compétitions à Tremblant et à Lévis. «Ils m'ont vraiment impressionnée. J'avais les larmes aux yeux de les voir danser!», confie l'enseignante.

Ce regard admiratif est aussi clairement perceptible dans le regard des blondes et des enfants de ces papas cool, fait remarquer Geneviève Gallant.

«Et en dansant, les pères ont compris ce que vivent leurs enfants. Ils ont réalisé que ce n'était pas si facile!», dit-elle, en rappelant qu'il y a encore de la place au sein de l'équipe masculine. «On veut grossir le crew. Certaines écoles ont 14 ou 15 danseurs. Ce serait bien d'en avoir autant!»

Membres à part entière

Pour Donald Rufiange, le hip-hop est une véritable affaire de famille. Ses trois filles dansent chez Tendanse. Même sa conjointe fait partie de l'équipe T-Cougars, composée de mamans.

Il a donc sauté sur l'occasion quand Geneviève Gallant a proposé de former un groupe masculin. Et ce, même s'il n'avait jamais dansé de sa vie. «Toute la famille dansait et j'étais tout le temps présent. Je n'ai pas hésité du tout», affirme l'homme de 49 ans.

Mais on ne devient pas danseur de hip-hop aussi facilement. «Ça demande beaucoup de mémoire pour retenir les mouvements. Et certains sont plus difficiles à faire pour les gars que pour les filles.»

Pour lui, les rendez-vous du dimanche matin sont devenus sacrés. «Le feeling de groupe est super. On n'a pas la prétention d'être bons; on le fait par plaisir. Ça nous sort de notre zone de confort.»

Éric Muize, pour sa part, confesse qu'il s'est d'abord joint aux T-Bones pour plaire à ses deux filles, qui étaient déjà élèves chez Tendanse. Mais il y a rapidement pris goût, notamment en raison de la camaraderie et de l'ambiance qui règnent au sein de la confrérie. «Et ça tient en forme.»

Suffit de le voir danser pour comprendre que le papa de 35 ans possède un talent naturel. «Je n'avais jamais dansé avant. Le hip-hop n'était pas mon style de musique, mais j'aime ça. Maintenant, sur mon répertoire téléphonique, c'est juste du hip-hop!», rigole-t-il.

À 58 ans, Alain Grenier est le doyen du groupe. «Quand je dis que je fais du hip-hop, les gens ne me croient pas!», lance-t-il.

Visiblement, ce dynamique grand-père y trouve son compte. C'est sa fille - une ancienne élève devenue professeure chez Tendanse - qui lui a lancé le défi. Bien sûr, il l'a relevé. «J'aime tout ici. La gang de gars, Alexandra...»

Même s'il avait déjà pratiqué la danse sociale, rien n'était gagné. «Je n'étais pas inquiet, mais ce n'est pas juste une partie de plaisir. Ça demande beaucoup de concentration et de coordination», avoue-t-il.

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