Le Prix Jutra-Hommage à François Dompierre

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«Les honneurs, ça me fait plaisir. Je me trouve chanceux, mais je n'y pense plus le lendemain. Pas parce que je suis blasé, mais parce que je ne m'attache pas à ça», affirme  François Dompierre.

La Presse

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

La prochaine Soirée des Jutra, en mars, sera forte en émotions pour François Dompierre. L'illustre Suttonnais a appris récemment qu'il y recevrait le Prix Jutra-Hommage 2016. Une nouvelle que le principal intéressé peine encore à réaliser.

Musicien, compositeur, chef d'orchestre - et chef cuisinier! -, animateur, réalisateur et producteur, François Dompierre a célébré ses 50 ans de carrière en 2013, avant d'être fait Chevalier de l'Ordre national du Québec, puis membre de l'Ordre du Canada.

Ce nouvel hommage est en quelque sorte une suite logique à la flopée de récompenses - prix Génie, prix Félix, prix Excellence de la SOCAN - que le milieu lui a remises au fil des ans.

Pourtant, il ne s'y attendait pas du tout. «J'étais surpris au point de croire qu'ils s'étaient trompés de personne! Ils ne remettent pas ce prix à des musiciens, habituellement», a confié François Dompierre à La Voix de l'Est, hier.

Oui, le domaine cinématographique a été un élément majeur de sa carrière, avec la mise en musique de plus de 60 longs-métrages et documentaires pour la télévision et le cinéma. Mais il souligne avoir quitté ce secteur il y a des années. Mise à part sa participation plus récente à La Passion d'Augustine de Léa Pool, une réalisatrice qu'il apprécie beaucoup. «J'avais un beau rapport avec Léa. Le projet me convenait.»

Parmi toutes les musiques de film qu'il a mises au monde au fil des ans, laquelle lui demeure la plus chère? «La mieux façonnée, celle qui a de la valeur, c'est celle du film Mario de Jean Beaudin. Et Mon ami Max. Ça s'écoute encore bien aujourd'hui», dit-il.

«J'ai toujours fait mon possible pour chacune de mes compositions. Même si j'ai aussi cultivé mon champ de navets comme tout le monde!»

Travail remarquable

Selon Ségolène Roederer, directrice de l'organisation Québec Cinéma, qui décerne le Jutra-Hommage, ce prix «est remis chaque année à une personnalité au travail remarquable, ayant inspiré les professionnels de l'industrie tout en marquant l'imaginaire du grand public». Parmi les récipiendaires, on compte notamment André Melançon, Pierre Curzi et le compositeur Richard Grégoire. 

Avec ce prix, François Dompierre estime touchant de constater que, contrairement à ce qu'il croyait, la musique de film a encore de l'importance dans l'industrie. «Dans mon temps, les rapports étaient plus égalitaires entre les réalisateurs et les artisans de la musique. Maintenant, c'est devenu une grosse machine, plus industrialisée, dit-il. Mais je suis quelqu'un qui regarde beaucoup en avant. Je fais autre chose maintenant.»

Humble

Malgré son fructueux parcours et les nombreuses reconnaissances qui l'ont ponctué, François Dompierre préfère jouer la carte de l'humilité. «Les honneurs, ça me fait plaisir. Je me trouve chanceux, mais je n'y pense plus le lendemain. Pas parce que je suis blasé, mais parce que je ne m'attache pas à ça... Je suis musicien. Les musiciens célèbres, ce sont Chopin, Bach ou Ravel.»

On a demandé à François Dompierre de nous donner un avant-goût de son mot de remerciement du 20 mars prochain. «Je m'en vais au Vietnam et j'ai l'intention de l'écrire là-bas. Il y aura un peu d'humour, un peu de sérieux et un réquisitoire pour que la musique de film retrouve la place qu'elle occupait jadis. Quoique le prix qui me sera remis prouve qu'elle a une certaine importance!»

Le gala sera télédiffusé en direct le 20 mars sur ICI Radio-Canada Télé.

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