Claire Pelletier en quête des Noëls anciens

Claire Pelletier remonte aux sources de la fête.... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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Claire Pelletier remonte aux sources de la fête. Elle s'intéresse aux origines du premier Noël. Aux chants célestes, aux histoires qui ont bercé l'humanité pendant des siècles et des siècles. Ce répertoire, rare parce qu'ancien, déjoue l'habitude et le déjà entendu.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Shefford) Huit ans après avoir lancé un premier disque de Noël, Claire Pelletier est retournée visiter le riche répertoire des chants anciens d'ici et d'Europe. Il y avait encore des trouvailles à y faire, encore des cantiques à dépoussiérer. Ceci menant à cela, la matière était suffisante pour tisser un second opus de décembre. Doux comme une première neige, Noël Nau arrive dans les bacs avant les blancs flocons, juste à temps pour lancer le bal des albums de saison.

Mais on vous le dit tout de suite, il crèche dans une niche à part. Parce que le Noël que chante Claire Pelletier n'est pas enrubanné de feuilles de houx. On n'y entend pas de clochettes ni de voix de lutin. La chanteuse à la voix d'or n'y raconte pas le père Noël, la fée des étoiles, la montagne de cadeaux, le petit renne au nez rouge.

Elle remonte plutôt aux sources de la fête. Elle s'intéresse aux origines du premier Noël. Aux chants célestes, aux histoires qui ont bercé l'humanité pendant des siècles et des siècles. Ce répertoire, rare parce qu'ancien, déjoue l'habitude et le déjà entendu.

«Je suis la première à ressortir chaque année les disques des crooners comme Crosby et Sinatra, mais je n'ai jamais voulu toucher à ce répertoire-là. Ce que je fais s'apparente davantage à un travail de mémoire. Comme Michel Faubert, je suis une archiviste. Je chante beaucoup la nativité sur cet album parce qu'il y a dans la naissance d'un enfant l'espoir d'un renouveau. Moi, c'est ce qui me touche, me rejoint.»

Le fait religieux s'enchâsse nécessairement dans tous ces cantiques d'autrefois, chantés parfois en latin, parfois en vieux français, parfois encore en breton. La vierge Marie, l'enfant divin, l'âne et le boeuf se faufilent abondamment dans les paroles écrites à l'époque où le clergé était souverain.

«Certains diront peut-être que ce sont des chansons religieuses, mais ma culture est catholique et même si je ne suis pas pratiquante, ce répertoire-là, c'est celui de mes racines. C'est notre patrimoine. Et je pense qu'en fait, il relève davantage du sacré que du religieux. Plusieurs compositions sont en réalité des chansons païennes qui ont été récupérées et modifiées par le clergé. Si on retranchait toutes les chansons qui ont une connotation religieuse, on s'empêcherait d'écouter Bach et tellement d'autres grands compositeurs!»

La marmite des chants

Avant de décider de se replonger dans la marmite des chants d'avant, Claire Pelletier avait déjà quelques chansons dans sa manche. Elles n'avaient pas trouvé leur place sur son disque Le premier Noël (vendu à plus de 30 000 exemplaires), mais elle les promenait depuis plusieurs années déjà sur scène. Celles-là étaient déjà habillées d'arrangements et prêtes à être enregistrées.

«J'avais environ le tiers du répertoire en poche. Quand je me suis mise en quête d'autres chansons, j'ai réalisé qu'on pouvait maintenant dénicher sur Google des versions numérisées de vieux bouquins pratiquement introuvables autrement.»

Les recherches ont été riches, les trouvailles aussi. Chacune des 12 chansons choisies par Claire a son histoire. Et son écrin de textures musicales.

«Elles sont bâties comme de petits tableaux. Il y a plusieurs ambiances, différentes teintes. Ça, c'est la touche de Pierre. Lui et moi, on se complète bien.»

Pierre, c'est Pierre Duchesne. Celui avec lequel elle partage sa vie et la création, magicien des arrangements et réalisateur inspiré derrière la console des studios Ouïe-Dire.

«On a enregistré l'été dernier. On prenait les chansons, on trouvait une tonalité, on faisait une structure, et puis je le laissais travailler. J'allais dans le jardin ou je donnais une couche de peinture sur la maison pendant qu'il restait en studio.»

Lorsqu'elle revenait dans le doux cocon indigo du studio, c'était chaque fois une belle surprise: «Même après huit albums, il arrivait à m'étonner. En cours de création, on a pu compter sur des collaborateurs de toujours, comme le pianiste Jean-Sébastien Fournier. Moi, j'ai voulu chanter avec beaucoup de simplicité et d'abandon, sans forcer la note et sans me soucier des petits travers. Je ne me suis pas posé de question: j'ai mis ma voix au service des chansons.»

Nau allemand, Nau suisse

Moins orchestral que Le premier Noël, le disque fraîchement lancé est patiné d'un folk qui marie clarinette, cor français, orgue, piano, harmonium, percussions, célesta, guitares, violons, vielle à roue, basse, claviers et violoncelle. Il y a, dans tout ça, quelques fugaces parfums de Six et Soleil ardent, les deux albums réalisés par la chanteuse entre ses deux disques de Noël.

«On est notre premier public, on veut se réinventer, chaque fois», exprime la chanteuse qui pourrait bien, l'an prochain, passer une partie de décembre de l'autre côté de l'Atlantique.

«On a une tournée québécoise dans la mire pour l'hiver 2016, mais on a aussi reçu une invitation pour aller donner deux concerts à Crolles, près de Grenoble. Il n'y a pas, en France, une grande tradition de chansons de Noël comme ici, mais en Allemagne, en Suisse, par exemple, c'est autre chose. On va voir si on peut bricoler une série de spectacles là-bas.»

Mais avant de se projeter dans le Noël de l'an prochain, il y a celui de cette année à savourer.

«J'aime la veille de Noël, le réveillon, la tradition de la messe de minuit. Ça me rappelle mon enfance. Ma mère, mes frères et moi, on chantait dans la chorale. Il y avait quelque chose de précieux dans le fait de rentrer à la maison autour d'une heure du matin, devant une tablée remplie de pain sandwich, d'aspic et d'autres plats qu'on ne retrouvait qu'à Noël. Pour moi, le temps des Fêtes, c'est tout ça. Les retrouvailles en famille, les senteurs dans la maison, le sapin, les décos de branches de pin, la lumière du solstice qui fait du bien après la grisaille de novembre.»

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