Le Grand Choeur de Florie

Florie Valiquette dans le rôle de Zémire dans... (photo Catherine Lefebvre, collaboration spéciale)

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Florie Valiquette dans le rôle de Zémire dans l'opéra Zémire et Azor présenté à La Maison symphonique de Montréal plus tôt cette année.

photo Catherine Lefebvre, collaboration spéciale

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

Florie Valiquette a beau sillonner la planète et conquérir l'univers sélect du chant classique, elle n'en demeure pas moins charmante et accessible. La petite fille de Granby a fait bien du chemin depuis ses premières notes et le public d'ici aura une occasion en or de le constater les 4 et 5 décembre. La soprano sera alors l'artiste invitée du Grand Choeur de Noël à Notre-Dame.

On sait que son déclic pour la scène s'est produit un soir de 2001, alors qu'elle jouait et chantait dans la pièce Les Misérables avec ses copains de classe du Collège Mont-Sacré-Coeur. «Je n'avais jamais joué sur une scène. J'avais aussi été voir la pièce sur Broadway à New York. C'était magnifique. C'est là que j'ai su que je voulais me rendre à un niveau exceptionnel», raconte Florie.

On sait aussi que l'artiste a été révélée au Québec en 2010 dans la comédie musicale La Mélodie du bonheur mise en scène par Denise Filiatrault.

La suite tient presque du conte de fées. Ce qui était un rêve d'enfance pour Florie se concrétise petit à petit, mais rien n'est fortuit. Les leçons, les concours internationaux de chant, les auditions et les concerts contribuent à lui forger un nom, à force d'efforts et de détermination.

Lorsqu'elle est à la maison, elle travaille sa voix entre deux heures et deux heures et demie, six jours sur sept. «En plus du travail de table, comme l'étude des partitions, la recherche, la traduction de textes. C'est beaucoup de travail.»

S'asseoir sur son talent n'est pas une option. Depuis cinq ans, elle suit des cours auprès de Marlena Malas, une sommité en chant classique. Quatre ou cinq fois par année, Florie se rend à New York pour puiser dans le savoir de la dame.

Perfectionniste, la récitaliste avoue être sa pire critique. «C'est toujours difficile de m'écouter, mais ça s'améliore, confie-t-elle. Il faut être conscient de ses forces et ses faiblesses, et faire bien attention à soi et à sa voix.»

Mais comment une fillette du coin devient-elle une soprano reconnue sur la scène internationale? «Ça prend un bon entourage. Je ne viens pas d'une famille de musiciens ou de chanteurs, mais j'ai développé très jeune le goût de la musique. Mes parents m'ont toujours soutenue et ils ont toujours cru en moi. J'ai été chanceuse. J'ai commencé des cours de chant vers l'âge de 8 ans et je n'ai jamais vraiment arrêté. Et j'ai aussi une bonne équipe», raconte la jeune femme.

Depuis 2012, Florie a notamment la chance de profiter de «l'immense soutien financier» de la Fondation Jacqueline Desmarais, qui l'aide notamment à défrayer ses voyages, ses cours et son «coaching». Elle ne peut toutefois rien tenir pour acquis; elle doit renouveler sa demande d'aide chaque année.

De ses propres ailes

Après trois ans de résidence à l'Atelier lyrique de Montréal, Florie Valiquette est aujourd'hui artiste indépendante. À 29 ans, elle vit de son art. «J'ai eu de super beaux contrats cette année, dont l'opéra Svadba avec qui je ferai une tournée en France en 2016 et 2017. J'ai fait mes débuts en France et je vise à travailler plus souvent en Europe. Avec mon type de voix assez légère, ça convient plus aux salles européennes, qui sont plus petites qu'aux États-Unis. Il y aussi plusieurs orchestres baroques là-bas et ça me convient.»

Quand La Voix de l'Est l'a jointe cette semaine, Florie attendait son vol pour New York où elle devait passer une audition pour une compagnie américaine en vue de la saison prochaine.

«Et je reviens de Paris où j'ai aussi fait des auditions. Je me suis trouvé des agents là-bas. Ça aide toujours d'avoir de bons contacts et une bonne équipe.»

Certains projets ne sont pas encore confirmés, mais la cantatrice laisse entendre que de belles choses s'en viennent pour elle, notamment à l'Opéra de Montréal et au Théâtre du Luxembourg.

Lucide, Florie Valiquette ne se laisse pas étourdir par le côté glamour d'une carrière à l'étranger. «Je n'ai jamais imaginé que c'était glamour. Vous savez, après l'adrénaline des spectacles et les applaudissements de la foule, on se retrouve seule et bien tranquille dans sa chambre d'hôtel... Être appelée à voyager, c'est une chose incroyable, mais on est aussi moins proches de sa famille.»

Une première à Granby

Bien qu'elle soit désormais établie à Montréal, Florie revient ponctuellement à Granby où ses parents vivent encore. Mais revenir pour faire entendre sa voix cristalline, elle ne l'a jamais fait professionnellement.

«Ça fait tellement longtemps. Des gens m'écrivent pour me dire qu'ils sont contents de me revoir à Granby. Les 4 et 5 décembre, ce seront des retrouvailles!»

Elle n'a jamais chanté dans l'église Notre-Dame non plus. «J'aime bien les églises. Ce sont des lieux inspirants, reposants et rassembleurs. C'est un peu magique.»

D'autant plus magique qu'elle chantera avec 300 choristes - adultes et enfants - et 70 musiciens, sous la direction du chef André Gauthier et du directeur artistique Placide Rodrigue.

La soprano répétera avec tout ce beau monde quelques jours avant les représentations. «Chacun aura préparé sa partie. Tout devrait bien aller», glisse-t-elle avec une calme assurance.

Au public qui assistera au Grand Choeur de Noël à Notre-Dame, on promet «un répertoire envoûtant et varié», juste à temps pour l'arrivée du temps des Fêtes.

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