Un mafieux évoqué dans Les Affranchis acquitté

Vincent Asaro lors de son arrestation en janvier... (Associated Press)

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Vincent Asaro lors de son arrestation en janvier dernier à New York.

Associated Press

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Agence France-Presse
New York

Un mafieux de 80 ans, accusé de meurtres, racket, extorsion et participation à un casse historique évoqué dans le film de Martin Scorsese Les Affranchis (Goodfellas en version anglaise), a été acquitté jeudi à New York.

Un jury populaire a jugé «non coupable de tous les chefs d'accusation» Vincent Asaro, l'un des anciens hommes de main présumés de la famille Bonanno, l'une des cinq familles new-yorkaises liées à Cosa Nostra.

Il est sorti libre et radieux, déclarant qu'il voulait avant tout «prendre un bon repas» avec sa famille» et se réjouissant des prochaines fêtes de Thanksgiving et Noël.

M. Asaro était notamment accusé d'avoir participé au casse du 11 décembre 1978 à l'aéroport JF Kennedy, où des malfaiteurs armés et masqués avaient neutralisé une dizaine d'employés pour s'emparer de 5 millions de dollars en argent liquide et 1 million en bijoux, l'équivalent de 20 millions de dollars actuels.

Leur butin était arrivé peu avant d'Allemagne par la compagnie Lufthansa. C'était le casse le plus important jamais commis aux États-Unis, et rien n'en a jamais été retrouvé.

Le procès de Vincent Asaro s'était ouvert le 19 octobre. Les jurés avaient commencé leurs délibérations lundi soir, les interrompant cependant une journée pour le jour férié du 11 novembre.

Apparemment dénoncé par un cousin, Vincent Asaro, arrêté en janvier 2014, quelques mois après un triple pontage, risquait la réclusion à perpétuité, et son acquittement est un coup dur pour les procureurs fédéraux de Brooklyn, où il était jugé.

Cheveux bruns soigneusement lissés vers l'arrière durant son procès, il était aussi accusé d'avoir étranglé un informateur présumé, Paul Katz en 1969, avec une chaîne servant à attacher les chiens.

Roman noir

Des cheveux, un reste de main droite ayant appartenu à M. Katz avaient été retrouvés dans une cave de New York en 2013, où ses restes avaient été déplacés par précaution dans les années 1980.

L'acte d'accusation se lisait comme un roman noir, entre meurtres, cambriolages, extorsion, menaces, incendies criminels, jeux d'argent et autres brassages d'argent illégaux.

Vincent Asaro était aussi accusé d'avoir ordonné le meurtre d'un cousin dans les années 1980, qui avait réussi à s'enfuir, et de plusieurs autres attaques à main armée avec son fils Jerome. M. Asaro et son fils étaient également accusés d'un incendie criminel au début des années 1980 dans le quartier du Queens à New York.

Mais ses avocats avaient invoqué le manque de preuves.

«Si Vincent Asaro est vraiment l'individu dangereux, violent, assassin décrit par le gouvernement, pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour l'arrêter?», avait interrogé son avocate Diane Ferrone au début du procès.

Après le casse de JFK, la police avait acquis la certitude que le cerveau de l'opération était Jimmy Burke, de la famille Lucchese, autre famille new-yorkaise liée à Cosa Nostra.

En quelques mois, une dizaine de personnes impliquées de près ou de loin dans l'opération avaient été tuées, apparemment à l'initiative de Burke, mort en prison d'un cancer en 1996, après avoir été condamné dans une autre affaire.

Jimmy Burke a servi d'inspiration pour le personnage de Jimmy Conway dans le film de Martin Scorsese Les Affranchis (Goodfellas), avec Robert de Niro, qui retrace la montée et la chute d'associés de la famille Lucchese et évoque le braquage de JFK. Sorti en 1990, le film a connu un succès considérable.

L'accusé n'y était pas mentionné.

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