L'union fait la force

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L'Australien Xavier Rudd en concert.

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(Québec) Porteur d'un message rassembleur et de sonorités métissées, l'Australien Xavier Rudd milite depuis longtemps pour la cause des aborigènes de son pays. Personnellement interpellé par la question, il la décrit comme l'un des moteurs de sa création. Alors qu'il s'apprête à revenir dans la capitale entouré de son nouveau groupe, The United Nations, le multi-instrumentiste brosse un parallèle entre ce qu'il voit chez lui et ce qu'il a constaté au Canada au chapitre des relations avec les Premières Nations.

Au moment de notre entrevue avec l'auteur-compositeur australien, il y a deux semaines, le reportage de Radio-Canada dans lequel des femmes autochtones de Val-d'Or ont accusé des policiers de la Sûreté du Québec d'abus physiques et sexuels n'avait pas encore été diffusé. Mais en pleine campagne électorale, alors que le triste nombre de 1200 femmes autochtones disparues ou assassinées en 30 ans était cité comme un enjeu en vue du scrutin, Xavier Rudd n'a pu faire autrement que se sentir concerné. 

«C'est terrible. Et c'est exactement ce qui est arrivé à mon arrière-grand-mère paternelle, qui était d'ascendance aborigène. On pense qu'elle a été assassinée parce qu'on a trouvé un rapport mentionnant le meurtre d'une femme aborigène. Mais aucune accusation n'a été portée, et les documents ne sont pas détaillés. C'est comme si elle n'avait jamais existé», a-t-il raconté. 

Le musicien place le tragique événement au coeur de sa création musicale. L'Australien va jusqu'à dire qu'il sent en quelque sorte «l'esprit» de son arrière-grand-mère s'exprimer à travers ses chansons. «Je crois que je dois être un messager fort, une sorte de guerrier qui ne pense pas à son ego, mais qui laisse la musique couler», résume-t-il. 

À la fin de l'été, Xavier Rudd est revenu à la charge en lançant sur le Web la chanson Shame, montrant une nouvelle fois du doigt ce qu'il qualifie d'injustice dans le traitement réservé aux aborigènes de son pays. «Je l'ai écrit dans un élan de frustration contre le gouvernement australien et son oppression continue contre ces peuples. Les gens continuent de se faire prendre leur terre, sont forcés de quitter leur maison. C'est arrivé encore récemment dans le Nord-Ouest...» explique le blond chanteur, ajoutant que cette frustration peut certainement trouver écho au Canada. 

«Dans les efforts de réconciliation avec les Premières Nations, ça se passe peut-être de manière différente, note-t-il. Mais d'un point de vue gouvernemental, c'est pareil. Ils veulent vendre le territoire ou l'utiliser pour ses ressources au détriment du mode de vie des peuples autochtones. Il y a beaucoup d'argent à faire en exploitant ces richesses, alors en gros, ils sont prêts à faire ou dire n'importe quoi aux autochtones pour se débarrasser d'eux. C'est tragique et choquant. Mais c'est vrai.»

Du solo au collectif

Xavier Rudd cultive ses relations avec le public québécois depuis une bonne décennie. On l'a d'abord connu comme un homme-orchestre débarquant sur les planches armé de multiples instruments: didgeridoos, guitares, harmonica, percussions... Il a avec le temps ajouté un batteur et un bassiste à l'équation. Alors qu'il a rendez-vous le 8novembre avec le public du Capitole, Rudd s'y présentera avec une troupe de musiciens issus d'horizons divers (Afrique du Sud, Allemagne, Papouasie-Nouvelle-Guinée, etc.), réunis sous la bannière The United Nations et avec qui il a enregistré l'album Nanna, paru en début d'année. 

«C'est quelque chose que j'avais toujours voulu faire, précise-t-il. C'est vraiment une question de timing, c'était le bon temps pour le faire. C'est un groupe incroyable. Ça s'est fait de manière très organique. Il n'y a pas eu de processus d'auditions ou de trucs du genre. Tous les bons musiciens ont été prêts et disponibles au même moment.»

Seul ou en groupe, c'est encore sur scène que le «guerrier» Rudd s'exprime avec le plus d'aisance. Récemment, après un concert couru dans le Queensland, un journaliste du Brisbane Times a décrit la rencontre entre le musicien et son public comme une expérience quasi religieuse, assimilant au passage le blond chanteur à une sorte de prédicateur ou de gourou. «S'il avait vraiment lancé une secte, il y aurait eu des milliers de fidèles prêts à abandonner leurs chaussures et à adopter une tête garnie de rastas», illustrait le critique. 

Au bout du fil, Xavier Rudd rigole lorsqu'on lui rappelle la citation. «C'est vrai que ça peut rappeler une sorte d'Église», reconnaît-il tout de même. Le spectacle a un côté cérémonial qui peut être très puissant. C'est un message d'amour, de paix, d'unité. On parle de travailler ensemble pour comprendre les cultures des autres, de marcher tous ensemble comme un seul peuple et de protéger cette terre qui est la nôtre. C'est nécessaire parce que nous sommes toujours divisés dans nos cultures et nos sociétés. On porte ce message d'unité, et les gens le ressentent. Donc, oui, il y a une communion qui peut être assez puissante, parfois...»

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