Angèle Dubeau: la plus belle soupape à émotions

Pour la violoniste Angèle Dubeau, si une musique évoque... (Yan Doublet, Le Soleil)

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Pour la violoniste Angèle Dubeau, si une musique évoque la guérison, c'est bien celle du compositeur italien Ludovico Einaudi.

Yan Doublet, Le Soleil

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Le Soleil

Angèle Dubeau a remporté son combat contre le cancer et, confie-t-elle en entrevue au Soleil, la musique a joué un rôle important dans sa cure. Deux albums, dont un nouveau Portrait consacré à Ludovico Einaudi, sont là pour témoigner de son cheminement en tant qu'être humain et en tant qu'artiste.

Pour la violoniste, les mauvais jours sont maintenant chose du passé. «Je l'ai tournée, la page», dit celle qui croque à nouveau dans la vie. Bien sûr, on ne peut traverser une telle épreuve sans avoir «un petit nuage gris au-dessus de la tête. Mais je me lève le matin et je me couche le soir sans y penser. J'essaie de faire des choses plus intelligentes, de prendre un peu plus de vacances et de penser un peu plus à moi, mais je sais que ma meilleure petite pilule, c'est la musique. Quelque part, j'ai la plus belle soupape à émotions et ça, ça vaut peut-être les heures de travail en trop. J'adore la vie et j'ai encore plein de choses à découvrir.»

Pour Angèle Dubeau, si une musique évoque la guérison, c'est bien celle du compositeur italien Ludovico Einaudi. «C'est une musique qui me fait du bien, une musique qui apaise et qui est très simple. Il ne faut pas avoir peur de le dire, une belle mélodie, c'est une belle mélodie. Et il faut reconnaître qu'Einaudi est un champion mélodiste. C'est aussi une musique d'images. Dans cette simplicité-là, c'est très facile de se faire son propre cinéma, une sorte de voyage intérieur.»

C'est pendant son retrait de la scène imposé par la vie qu'Angèle Dubeau a découvert Einaudi. En s'appropriant sa musique, la violoniste lui a toutefois donné une nouvelle couleur. L'environnement pop original a en effet laissé place à un autre beaucoup plus classique.

La violoniste s'est d'ailleurs beaucoup impliquée dans les arrangements réalisés en collaboration avec François Vallières. «J'ai eu tellement de temps pour l'écouter et la décortiquer. Je savais que je voulais aller ailleurs sans toutefois changer la provenance. Cette simplicité-là, je voulais qu'on la retrouve.»

Une même démarche

Le Portrait de Ludovico Einaudi a été précédé de Blanc, un disque qui, dit-elle, raconte ce «tsunami d'émotions que tu peux ressentir à partir du jour où tu apprends une nouvelle telle que "tu as le cancer".» Les deux albums participent d'une même démarche. «Ils sont très liés. J'ai écouté cette musique-là dans la même période.»

L'idée de réaliser ces projets avec son ensemble La Pietà lui est venue des très nombreux messages venus du public qui lui suggéraient de mettre «tout ça» en musique, ce qu'elle a fait.

Blanc réunit des «musiques de lumière qui, par leur grandeur et leur force d'évocation, peuvent amener la paix intérieure», écrit la violoniste dans son texte de présentation. L'album connaît un grand succès à l'international. Il a été choisi album de l'année par Classic FM de Londres, la station de musique classique la plus écoutée en Angleterre. Aux dernières nouvelles, il dépassait les cinq millions d'auditions sur les sites de musique en continu (streaming).

La sortie de Blanc a été suivie d'une tournée au cours de laquelle Angèle Dubeau partage son vécu avec son auditoire. «Ensemble, on fait un cheminement émotionnel, en différents tableaux», explique-t-elle. Ce parcours est constitué entre autres de morceaux de Dave Brubeck, de François Dompierre, de Joe Hisashi, d'Ennio Morricone et de Cat Stevens. La musique d'Einaudi est celle qui apparaît en dernier dans le spectacle. Elle représente le regard tourné vers l'avenir.

Angèle Dubeau a entrepris sa nouvelle tournée il y a un an déjà. «Émotionnellement, soir après soir, [ce programme-là] vient me chercher, dit-elle. Mais la conclusion, elle se trouve dans la manière de regarder l'avenir - c'est sans doute ça qu'on peut appeler la guérison. Et il n'y a pas de meilleure manière de le faire qu'avec la musique pleine de lumière de Ludovico Einaudi. Cette musique, elle est belle, elle est grande et elle fait du bien.»

Angèle Dubeau et La Pietà seront de passage jeudi soir au Palais Montcalm.

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