Thierry Bégin-Lamontagne: le virtuose globe-trotteur

Thierry Bégin-Lamontagne... (photo Alain Dion)

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Thierry Bégin-Lamontagne

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Cowansville) Quand Thierry Bégin-Lamontagne empoigne sa guitare, les notes s'envolent avec une telle aisance, une telle beauté, qu'on n'a qu'une envie: se laisser bercer par sa musique des heures durant.

Mais on est chez lui pour une entrevue, alors revenons aux choses sérieuses... En principe, on ne badine pas avec un concertiste international. Mais pour Thierry Bégin-Lamontagne, pas question d'entrer dans ce carcan austère. La guitare classique lui permet de s'éclater et il compte bien en faire profiter le public.

Partout où il passe, cette attitude le sert bien. Le principal intéressé explique son succès par sa «musicalité». «Je pense que je touche les gens profondément avec ma musique. Et je suis drôle dans mes présentations. C'est différent d'un concert classique traditionnel, sérieux. Les gens apprécient ce côté de moi.»

Le musicien s'est d'ailleurs donné pour objectif de démocratiser la guitare classique, dont il vante les extraordinaires possibilités sonores. «Cet instrument est encore trop peu connu du grand public. J'en ai fait ma mission.»

Son pied-à-terre est à Cowansville, chez ses parents, mais il n'y est pas très souvent. «Je voyage toujours seul. La vie de concertiste, c'est ça. J'aime vivre dans mes valises, mais je suis rendu à un point où j'aimerais m'établir à un endroit où on reconnaît la guitare classique à sa juste valeur et où je pourrais vivre de mon art.»

Il aurait l'embarras du choix, lui qui voyage à travers le monde pour faire entendre sa musique. Depuis 2006, une douzaine de pays, principalement en Europe et en Amérique du Sud, l'ont accueilli dans le cadre de concerts ou de concours. À ce jour, il a remporté cinq compétitions internationales, en Belgique, en Espagne et au Canada.

«Je m'investis énormément dans le produit final pour que ma musique soit de niveau international, dit-il. Le secret, c'est de faire beaucoup de concours pour se faire connaître. Ça me permet de jouer et c'est une belle vitrine.»

Mais une telle carrière coûte cher. Le transport, les inscriptions et les dépenses sont tous à ses frais. Les bourses permettent alors de défrayer l'aventure suivante. «J'adore voyager, mais la pression de faire des sous est parfois difficile», admet celui qui participe présentement au 48e Concours international de guitare classique Micaela Pittaluga en Italie.

Dans un monde idéal, il réduirait sa participation aux concours pour se consacrer davantage aux concerts «plus vrais, où le jury, c'est le public».

À son calendrier des prochains mois, l'un et l'autre s'enchaîneront pourtant à bon rythme. D'ici Noël, Cowansville et Orford sont notamment à l'horaire, mais aussi l'Espagne et le Portugal. Quand on l'a rencontré, Thierry travaillait également sur le Concerto en Ré Majeur de Mario Castelnuovo-Tedesco, qu'il interprétera en novembre avec l'Orchestre symphonique de Drummondville. «Depuis plusieurs années, j'espère entrer dans le circuit canadien des orchestres symphoniques. C'est une première pour moi. Un jour, je jouerai peut-être avec Kent Nagano!»

La bonne nouvelle, c'est que sa réputation commence à le précéder et que ses contacts se multiplient partout dans le monde. Grâce à ses prestations, mais aussi à son album Aquarelle qu'il a écoulé à plusieurs centaines d'exemplaires à l'étranger.

«J'aimerais bien faire un autre album à moyen terme», souhaite-t-il à voix haute.

Ce qui ne fait aucun doute dans son esprit, cependant, c'est le rôle que joue - et jouera - la guitare dans son existence. Après tout, sa fidèle amie - fabriquée pour lui par le luthier Jean Rompré avec du cèdre et du palissandre indien - prend environ quatre heures de son temps chaque jour.

«Elle m'accompagnera toute ma vie, car le lien est trop fort. La guitare, c'est moi. Je peux complètement faire exploser ma personnalité grâce à elle.»

N'allez toutefois pas croire que rien d'autre ne compte. Ce surdoué se passionne également pour l'architecture 3D, l'électronique et l'apprentissage des langues. «J'aime présenter mes concerts dans la langue locale du pays où je suis. Je me débrouille pas mal!»

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